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Donnons-nous corps et âme à l’osterité

Comme vous le savez sûrement, je suis une fan de Claude Montmarquette, que je surnomme affectueusement depuis quelques années «L’ÉcoMomie» à cause de son teint de pêche.

Le retour de l'ÉcoMomie (trembles, mortels!)

Chaque fois qu’il fait une déclaration publique – étrangement, c’est toujours quand un gouvernement essaie de nous convaincre qu’il est temps de se priver des maigres bénéfices que l’État nous consent à nous, crottés tire-au-flanc et ingrats que nous sommes – l’ÉcoMomie me fait apprendre des tas de trucs que moi, pauvre idiote qui n’a jamais été initiée aux arcanes mystérieux de la science ÉcoMomique, j’ignorais totalement. C’est grâce à l’ÉcoMomie que je sais qu’il n’y a pas de riches au Québec et qu’il ne faut pas espérer compter sur les «créateurs de richesse» comme source… de richesse pour renflouer les coffres désespérément vides de cette pôvre pôvre province qui depuis les trente dernières années a été contrôlée par des socialistes extrémistes et dépensiers comme Robert Bourassa, Lucien Bouchard et Jean Charest. Maintenant, j’ai compris qu’il n’y en aura pas de facile. Le Québec est à deux doigts de devenir la Grèce de l’Amérique du Nord – et pas seulement parce qu’on aime un peu trop le yogourt extra-épais. Si on ne prend pas des mesures extrêmes tout de suite, les maisons de notation vont nous faire subir une sombre décote qui nous fera plonger dans les ténèbres de l’horreur du défaut de paiement. Il faudra couper, couper, couper encore, jusqu’à l’atome s’il le faut. On ne peut même plus s’offrir le luxe de l’austérité : dorénavant, il faudra écrire «osterité» pour épargner une lettre et un accent.

Heureusement, l’Éco-Momie a une solution toute simple pour nous éviter le désastre : vendre les actifs publics. Pas des actifs plates et pas payants pantoutes, genre des viaducs qui tombent en ruine ou le Complexe G qui de toute façon ressemble trop à une râpe à fromage. Ni les actifs vraiment essentiels, comme les prisons, les caméras de surveillance et les tanks flambants neufs de la police qui sont indispensables pour le maintien de la civilisation. Nenon, il faut liquider des trucs qui ont une vraie valeur, qui rapportent des bidoux et qu’on pourrait facilement placer au pawn shop : la Société des Alcools du Québec et Hydro Québec. Il faut ce qu’il faut quand les shylocks en sont à nous menacer de nous casser les jambes ou de nous couper un pied.

*  *  *

Parlant d’amputation, je me suis inspirée des enseignements de l’ÉcoMomie et paf, j’ai eu une idée de génie que je m’empresse de vous soumettre. Je crois qu’en ces temps de crise intergalactique, il faut faire preuve d’audace, toujours plus d’audace. Disons-le franchement: il faut que l’administration publique mise sur sa vraie richesse – ses ressources humaines.

Est-ce que vous avez réfléchi ne serait-ce qu’un instant au nombre d’organes parfaitement sains que les fonctionnaires détiennent en surplus – des reins, des cornées, des poumons – et dont on finance la survie et l’entretien absolument pour rien et – ô scandale – AVEC NOS TAXES? Il est non seulement urgent de couper dans le gras, mais aussi dans le muscle, les tendons et les tissus conjonctifs.

Bien que n’étant qu’aspirante ÉcoMomie, j’ai quand même fait quelques calculs qui démontrent la justesse de ma proposition. Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, voici le prix sur les marchés internationaux des organes non-essentiels dont les fonctionnaires sont en ce moment les dépositaires :

Œil 750,00 $
Rein 62 000,00 $
Poumon 50 000,00 $
Sang (5 litres) 2 000,00 $
Peau d’une jambe et d’un bras 3 000,00 $
TOTAL 117 750,00 $

Sachant qu’il y a grosso modo 70 000 employés de l’État, on pourrait aisément récolter 8,3 milliards de dollars en une seule année. Évidemment, la dette du Québec s’élevant à 250 milliards, des efforts supplémentaires seront à prévoir. Le premier ministre Couillard (qui s’y connaît en organes et en chirurgie) nous l’a bien dit : ce n’est pas le début de la fin, ni la fin du début, mais bien le commencement initial de l’amorce d’une initiative de départ. N’empêche, je crois quand même que ce serait un pas dans la bonne direction – un pas fait avec une montagne de jambes en moins.

Bon. J’entends déjà les habituels pleurnichards, les carrés rouges, les blackbloquistes fracasseurs de vitrines et les électeurs moustachus de Manon Massé pousser les hauts cris. «Il faut respecter les droits de la personne! On ne peut pas contraindre les fonctionnaires au bistouri!» et scrogneugneu et patati et patata. J’aimerais rappeler à tous ces pelleteurs de nuages la dure réalité vraie du réel concret et sérieux, à savoir :

1. Que la situation dans laquelle nous sommes tous plongés est largement due à leurs demandes incessantes d’enfants gâtés;

2. Que le marché, la monnaie, la dette publique, les institutions financières et les marchés de capitaux sont des phénomènes naturels auxquels on ne peut échapper, comme les saisons, comme le devoir de respirer pour rester en vie ou celui de se taper de la pub quand on veut écouter Occupation Double;

3. Qu’on n’a pas le choix de payer ses dettes, sinon les riches (qui n’existent pas) vont cesser de venir créer de la richesse (dont on ne voit jamais la couleur, sauf pendant le Grand Prix) chez nous;

4. Que les fonctionnaires sont des employés de l’État et donc sont soumis à leur employeur pendant le temps de leur embauche en général et les jours ouvrables (et opérables) en particulier, ce qui signifie non seulement qu’ils doivent s’abstenir d’avoir des convictions, qu’ils doivent s’habiller, agir et penser de façon conforme, mais aussi qu’ils doivent abandonner une partie de leur souveraineté sur leur corps dans l’intérêt du bien commun : être présents sur les lieux de travail à l’heure dite, ne prendre leur pause-pipi qu’à l’heure réglementaire, sourire en tout temps, respirer de l’air recyclé et s’exposer à des sources de radiation diverses. Les fonctionnaires sont maintenus en vie AVEC NOS TAXES; leur corps est donc un bien collectif et nous avons le droit, démocratiquement, d’en disposer pour le bien commun.

Il est temps que les employés de l’État fassent leur juste part et acceptent ces coupures douloureuses, mais oh combien nécessaires. Vendons les actifs vitaux et privatisons les organes! Adoptons une Charte des valeurs anatomiques et interdisons le port des organes superfétatoires chez les fonctionnaires, surtout s’ils sont en position d’autorité !

*  *  *

(Je dis ça, mais qui voudrait vraiment payer pour un cœur de juge ou un cerveau de flic? Pas moi, en tout cas.)

Catégories :Grognements cyniques

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

4 réponses

  1. :) Tordant en effet…

    L’ÉcoMomie m’a tout l’air d’un zombie, mais bon, vu qu’il est de l’aristocrassie putréfactiste, momie ça lui va mieux comme titre honorable.

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