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Sirventès du nihilisme

Chattes détrempées

Vous me demandez ce qu’est le nihilisme?
Vous voulez une définition?
Vous pouvez aller vous faire foutre :
Les dictionnaires mentent
Comme des exhortations apostoliques.

Votre cœur saigne pour l’humanité
Vous demandez des alternatives
Des réponses
De nouvelles possibilités
Vous voulez changer le monde
Vous rêvez d’un autre futur
De lendemains qui chantent

Hélas, tout ce que les curés vous proposent
C’est fonder un autre parti
Convoquer une autre assemblée
Former une nouvelle secte
C’est transformer votre vie
En sacrifice pour la cause
En meeting perpétuel

Moi,
Je n’ai aucune réponse, aucun programme
Rien qu’une rage insensée
Un désir sans fin et sans objet
L’envie de casser quelque chose de laid
Et d’avoir la chatte détrempée

Je n’ai aucune réponse et surtout pas de mots
Car ils ont tous été tordus par les maîtres
Je n’ai que la sensation fantôme et lancinante
De bouches amantes dans les fibres de ma chair
Que le bruit sourd de la joie
Qui déferle dans une douleur
Délicieuse, innomée et indicible

Alors?
Ça vous dirait vous aussi
D’avoir la chatte détrempée?
Ne savez-vous donc pas que la négation
Est souveraine pour stimuler
Les glandes de Skeene et de Bartholin?

Dites alors adieu au futur !
Qui a besoin d’un avenir
Quand nos maîtres l’ont depuis longtemps
Dérobé, déchiqueté, mastiqué ?
Nul besoin de futur
Pour devenir éternellement enfants
Innocents
Sans savoir
Irresponsables
Riant sans fin et fuyant à corps perdu
Le cœur qui chavire
Et la chatte détrempée.

Mes désirs ne connaissent aucune loi.
Qui a besoin d’élections
Quand il y a le crime?
Qui a besoin de clôtures
Quand il ne reste plus rien à contenir?

Je suis une égoïste
Qui pratique méthodiquement
L’anéantissement de soi.
Je refuse d’être productive et de m’identifier
Devant un ordre qui exige production et justification
Qui exige de se sacrifier pour demain
Alors qu’il n’y a pas de demain
Alors qu’il est trop tard
Depuis longtemps
Alors qu’il n’y a plus
Que cet instant
Et une éternité
De chattes détrempées.

Je n’entends rien moins
Que la destruction
De toutes les identités
De toute la marchandise
Et de tout ce qui est le produit
D’une intention déclarée

Tout ce qui m’importe
C’est de ne plus jamais grandir
C’est de ne plus jamais trouver de paix
De rester au sol comme des ombres
Et de ramper sensuellement
Entrelacées comme vignes
L’une dans la chatte détrempée de l’autre
Et le faire tout le temps qu’il faudra
Pour qu’éclate le béton mortuaire
Qui étouffe les jeunes pousses rebelles
Issues du morne horizon condominiumisé
Des villes de cet ordre crépusculaire
Que nous abattrons
Un quartier à la fois
En riant.

Alors?
Quoi d’autre?
Alors quoi d’autre
Me demandez-vous?

Ce poème m’ennuie.
Je veux une langue contre ma peau.

Catégories :Accès de rage

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

6 réponses

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