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Amour libre

J’ai rédigé en 2005 cet article pour Anarchopedia. Puisque c’est un wiki, il a été modifié depuis (assez légèrement, mais quand même). Je le publie ici pour le conserver dans sa version originale – même si je ne suis pas certaine que la version amendée ne soit pas dans le fond la meilleure. Je m’excuse à l’avance pour le ton scolaire de ce texte: j’ai dû me plier au style wikipediste en vigueur sur toute encyclopédie en ligne digne de ce nom.

L’expression « amour libre » est utilisée depuis la fin du XIXe siècle par les anarchistes pour désigner l’ensemble de leurs propositions en ce qui concerne la sexualité et sa régulation sociale.

Force toutefois est de constater que cette expression n’a été plus souvent qu’autrement qu’un vague programme, sinon un mot d’ordre ou un slogan puisque les anarchistes ne s’entendent que très rarement sur sa signification réelle. Ainsi, l’amour libre a pris tant de significations divergentes au cours du XXe siècle qu’on peut difficilement parler de discours spécifiquement anarchiste sur la sexualité. Par exemple, les anarchistes ont utilisé le terme amour libre successivement et simultanément comme synonyme d’union libre, de néo-malthusianisme, de tolérance envers les vices privés, de camaraderie amoureuse, d’alternative à la famille patriarcale, de communalisme sexuel ou de polyamour.

Le point commun des divers discours anarchistes sur l’amour libre est de s’opposer à l’approche absolutiste de la régulation de la sexualité. Désignée parfois de puritanisme ou de morale judéo-chrétienne, l’approche absolutiste considère l’expression de la sexualité humaine comme étant foncièrement mauvaise et potentiellement dangereuse pour la santé morale et physique de l’individu et pour la cohésion de la société. La sexualité faisant partie de la nature animale de la personne, il importe, selon les absolutistes, de limiter son expression à une liste strictement limitée de comportements acceptables (monogamie, mariage, pratiques procréatrices, hétérosexualité) imposée par les institutions de contrôle social telles que l’Église et l’État. Être pleinement humain demande donc, pour la morale traditionnelle, que l’individu soit en contrôle de ses pulsions sexuelles et les réprime ou les sublime au besoin.

Il est toutefois important de remarquer que plusieurs anarchistes (et non les moindres) ont historiquement adhéré à l’approche absolutiste. Par exemple, la misogynie et le puritanisme de Proudhon sont légendaires. Bakounine ne s’est jamais vraiment prononcé sur la question et sa propre vie amoureuse fut particulièrement inhibée. Quant à Kropotkine, il s’intéressa surtout à la division sexuelle des tâches ménagères et Emma Goldman lui reprocha amicalement de n’offrir aucune alternative à la morale puritaine. La plupart des communistes libertaires et des anarcho-syndicalistes ont historiquement partagé avec les divers courants socialistes non seulement leur ouvriérisme et leur fétichisme du travail, mais un puritanisme strict qui attribue la licence sexuelle aux vices de la bourgeoisie corrompue. Pour eux, la révolution sociale éliminerait les fléaux sexuels hérités du capitalisme, comme la pornographie, la prostitution et l’indécence. C’est le cas, par exemple, des militants catalans de la CNT pour qui l’amour libre ne signifiait essentiellement que l’union libre monogame et hétérosexuelle, et qui se sont appliqués à libérer de force les prostituées de Barcelone au nom de l’élimination des vices bourgeois.

Chez les anarchistes, ce sont surtout les individualistes qui ont développé des discours sur la sexualité en proposant des alternatives à l’approche absolutiste. Encore une fois, il faut admettre qu’ils n’ont jamais eu le monopole sur ces discours et qu’ils ont souvent été à la remorque de théoriciens non-anarchistes, qu’ils soient libéraux, marxistes ou freudiens. On peut classer leurs discours en trois catégories : l’approche pluraliste, l’approche libertaire et l’approche pluraliste radicale.

L’amour libre a été premièrement compris par les anarchistes, à l’instar des penseurs utilitaristes comme Mills et Bentham, dans une optique pluraliste. Essentiellement libérale, cette approche a attiré entre autres les anarchistes individualistes américains du XIXe siècle comme Benjamin Tucker et Lysander Spooner.

Comme l’approche absolutiste qu’elle critique, l’approche pluraliste est essentialiste, en ce sens qu’elle considère la sexualité est une force naturelle, biologique, qui influence non seulement l’individu mais également la vie sociale. La sexualité serait un instinct inné chez l’animal humain, qui façonne ses institutions sociales. L’amour libre dans sa version pluraliste critique toutefois le concept de vice hérité de la morale judéo-chrétienne en se basant sur la séparation de la sphère privée et publique. Par exemple, le socialiste Havelock Ellis, insiste sur le fait que l’objet de la sexologie n’est pas de savoir si tel ou tel comportement est pervers ou non, mais plutôt s’il est nuisible pour les autres. Dans Vices are not crimes (1875), Lysander Spooner conteste quant à lui à l’État tout droit d’intervenir dans la vie privée des individus, sous prétexte de les protéger contre leurs vices. Selon lui, les vices ne sont pas des crimes et ils ne doivent pas être punis dans la mesure où ils ne nuisent qu’à la personne qui s’y adonne. Ainsi, la seule limite de la liberté de l’individu est la liberté des autres.

Selon l’approche pluraliste, la sexualité est donc un comportement de la sphère privée qui doit rester hors de la portée des pouvoirs publics. Estimant par exemple que « l’État n’a pas sa place dans la chambre à coucher », les promoteurs de cette approche ont généralement un discours similaire en ce qui concerne les autres comportements qu’ils jugent privés, comme la pratique religieuse, la consommation de substances psychotropes ou les jeux de hasard. L’accent est mis sur le respect des droits individuels, dont la limite est le droit des autres individus.

Évidemment, cette approche peut être critiquée de diverses manières. Premièrement, elle ne se détache que très peu de l’approche absolutiste puisqu’elle considère comme elle que la plupart des comportements qui ne sont pas liés à la procréation sont des vices. La différence réside dans la criminalisation ou non de ces vices. On laisse les individus assumer seuls les conséquences néfastes de leurs perversions, en autant qu’ils restent confinés dans la sphère privée et qu’ils ne soient pratiqués qu’entre adultes consentants. De plus, l’approche pluraliste se base sur le concept moderne et largement illusoire de «vie privée» et «vie publique» en négligeant de comprendre les comportements sexuels ne sont pas uniquement biologiques mais sont grandement conditionnés par des influences sociales.

L’approche libertaire est quant à elle adoptée et développée par les anarchistes comme E. Armand et Emma Goldman, mais aussi par les marxistes Wilhelm Reich et Hebert Marcuse, le socialiste utopique Charles Fourier et des pédagogues libertaires Paul Robin, Jeanne Humbert et A.S. Neil.

Comme l’approche pluraliste, l’approche libertaire est essentialiste – la sexualité étant comprise comme une pulsion biologique qui se situe donc à l’intérieur de l’individu et donc à l’extérieur du champ social. Mais contrairement à l’approche absolutiste de la régulation de la société, pour qui la sexualité et son expression est un mal qui menace la société, l’approche libertaire considère qu’elle est plutôt positive, saine et naturelle. Puisque la sexualité est une pulsion vitale, sa répression sociale empêche l’expression de la nature profonde de l’individu. Elle est donc néfaste et est la principale, si ce n’est la seule source des comportements malsains et déviants. Dans sa Psychologie de masse du fascisme, Reich va jusqu’à faire porter le blâme de la montée du nazisme pendant les années vingt sur le compte de la frustration sexuelle des Allemands.

Les libertaires en matière de sexualité critiquent donc l’ensemble des institutions sociales, étatiques et religieuses qui encadrent la libre expression de la sexualité humaine, en premier chef le mariage et la famille patriarcale, ainsi que la censure et l’interdiction légale des comportements sexuels ne menant pas à la procréation. Ils critiquent également l’hypocrisie de la morale bourgeoise, qui offre le double visage d’un discours public hystériquement puritain et de pratiques privées débauchées.

Ainsi, c’est non seulement par la libre expression de sa sexualité que l’individu peut espérer retrouver son bien-être physique et émotionnel, mais c’est par le même moyen que la société peut trouver son intégrité et son équilibre. Les anarchistes amour-libristes sont convaincus, comme les freudo-marxistes Reich et Marcuse, que la libération sexuelle (ou la révolution sexuelle) est la clé de la libération sociale, la libido étant la principale énergie étant à même de faire éclater les verrous de l’ordre établi.

La sexualité comprise comme méthode révolutionnaire a pris plusieurs formes. Par exemple, Paul Robin et les néo-malthusianistes montrent qu’une sexualité naturellement assumée mais exercée dans le cadre d’un strict contrôle des naissances est la seule façon d’ajuster les besoins humains aux ressources mondiales disponibles, mais également favorisée l’apparition d’une génération d’enfants désirés, bien nourris et bien éduqués qui seront aptes à réaliser l’idéal social libertaire.

Pour Emma Goldman, le puritanisme et l’outil idéologique utilisé par le patriarcat pour maintenir les femmes dans un statut d’infériorité sociale. Selon elle, les comportements sexuels jugés déviants par la morale établie sont toujours des résultats de la répression de ce phénomène naturel qu’est le désir. Par exemple, elle assimile le mariage et la prostitution comme étant deux visages du patriarcat. Selon elle, la libération des femmes passe par le contrôle de leur propre sexualité et de leurs fonctions reproductrices, ainsi que par la libre pratique de leurs inclinaisons naturelles, qu’elles passent par le polyamour ou l’homosexualité.

Pour E. Armand, l’amour libre doit s’exercer dans un contexte de camaraderie amoureuse, qu’il définit comme le « libre contrat d’association (résiliable selon préavis ou non, après entente préalable) » conclu entre des individus de sexe différent, dont le but est « d’assurer les co-contractants contre certains aléas de l’expérience amoureuse, entre autres le refus, la rupture, la jalousie, l’exclusivisme, le propriétarisme, l’unicité, la coquetterie, le caprice, l’indifférence, le flirt, le tant pis pour toi, le recours à la prostitution ». Ainsi, l’amoralisme sexuel détruit selon Armand les valeurs de servitude comme le vice, la vertu, la pureté, la chasteté, la réserve, la retenue, la fidélité qui justifient l’existence de l’Etat ou de l’Eglise dans leur rôle de gardiens de l’ordre ou de la moralité.

L’approche libertaire de la régulation de la société, qui accompagna et justifia la révolution sexuelle en Occident à partir des années soixante, a été l’objet de critiques de la part des féministes radicales à partir du milieu des années soixante-dix, pour qui sa principale faille est d’être essentialiste. Les failles de l’approche libertaire sont nombreuses. Elle finit premièrement par devenir une célébration des toutes les manifestations du désir, même celles qui mènent à la domination et à l’exploitation de l’autre, comme le viol, la pédophilie et le commerce sexuel (pornographie, prostitution). De plus, en faisant de la sexualité un fait naturel, l’approche libertaire néglige d’aborder les pratiques qui ne sont pas liées aux fonctions biologiques de reproduction, comme l’homosexualité. Elle finit souvent par devenir phallocentrique et hétéronormée – c’est-à dire liée presque exclusivement à une conception hétérosexuelle et traditionnelle de la sexualité génitale et procréative.

En fait, il y a paradoxalement un aspect très conservateur à l’approche libertaire, qui veut libérer les pratiques sexuelles telles qu’elles existent dans l’ordre établi, tout en négligeant pour l’essentiel de définir et de construire de nouvelles valeurs sexuelles et de nouveaux moyens d’association amoureuse.

La tendance récente des anarchistes en ce qui concerne l’amour libre est de remettre en cause l’essentialisme qui fait de la sexualité une pulsion, un élan vital uniquement lié à la biologie humaine. Cette nouvelle approche, qualifiée de pluraliste radicale par l’historien Jeffrey Weeks, est l’héritière des travaux de théoriciens comme Michel Foucault, William Simon, Kenneth Plummer, Judith Butler et Juliet Mitchell.

Selon cette approche, la sexualité est socialement construite et organisée. Son sens et ses normes sont intimement liés aux structures de la société qui l’abrite. La structuration sociale de la sexualité implique une influence de des définitions de la culture, des rôles sexuels, des classes sociales, des divisions raciales et ethniques sur le comportement sexuel individuel. Par exemple, pour les anthropologues Ellen Ross et Rayna Rapp, la socialisation sexuelle est aussi spécifique aux différentes cultures que les rituels religieux, l’habillement ou la cuisine.

Selon l’approche pluraliste radicale, on ne peut pas aborder la sexualité de façon dichotomique, en ne considérant que le doublon répression-libération. On doit également abandonner l’idée qu’une vérité immanente se trouve dans la sexualité, qu’elle soit marquée par le péché ou l’émancipation. Elle est pluraliste en ce sens qu’elle propose la diversité plutôt que l’uniformité des sexualités, qu’elle est sensible à la réalité que la nature humaine est historique, les individus ont différentes histoires, et par conséquences différents besoins. Elle est radicale dans le fait qu’elle lie la régulation sexuelle à la création de nouvelles valeurs et surtout à la construction de modes d’interaction sexuelle libérés de liens de domination hiérarchique. Ainsi, la sexualité est comprise comme un fait social à libérer et non comme un outil individuel de libération collective, comme le considèrent les partisans de l’approche libertaire.

La première tâche des anarchistes prônant l’amour libre serait donc, selon l’approche pluraliste radicale, d’explorer la complexité de la sexualité dans ses aspects biologiques, psychologiques et sociaux. La seconde consiste en l’élaboration de nouveaux modes d’interaction et d’association amoureuse basés sur une sensibilité à la nature sociale de l’identité sexuelle, des critères du choix sexuel, du sens du plaisir et du consentement, et des relations entre la sexualité et le pouvoir.

L’approche pluraliste radicale ne se donne toutefois pas comme but de construire une utopie sexuelle à l’extérieur de l’histoire et de la société actuelle, puisque c’est l’histoire et la société actuelle qui donne un sens à la sexualité. Puisque les relations sociales de pouvoir s’expriment dans la société, il faut veiller à libérer les structures sociales pour libérer la sexualité.

Cette approche apporte toutefois son lot de problèmes pour les anarchistes, la principale étant liée au contrôle (et éventuellement la répression) des sexualités jugées déviantes. S’il n’y a pas de vérité ou de valeur immanente liée à la sexualité humaine, comment juge-t-on si un comportement est bon ou mauvais? Ne doit-on pas avoir recours alors à des valeurs morales transcendantes, ce qui nous ramène au point de départ? Est-ce le fait de s’inscrire dans une relation de domination hiérarchique le seul critère d’évaluation d’un comportement sexuel? Que penser alors des relations maître-esclave consenties? Ou alors, des personnes qui volontairement s’adonnent au travail du sexe? Si le viol, la pédophilie et l’inceste sont mauvais, comment une société anarchiste qui, par définition, ne comporte pas d’institutions répressives comme la police, les tribunaux et les prisons, peut-elle gérer de tels comportements? L’approche pluraliste radicale ne mène-t-elle pas à des positions étatistes et légalistes comme l’abolitionnisme en matière de prostitution?

Catégories :Montée de lait

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Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

11 réponses

  1. En amour, pour trouver un état de liberté totale et de félicité absolue, il est nécessaire d’identifier ce qui dérègle le plaisir des sens. L’amour est bel et bien un combat entre l’esprit et le corps qui nécessite une conduite raisonnée que la philosophie permet d’équilibrer.

  2. Anne tu dis : »
    S’il n’y a pas de vérité ou de valeur immanente liée à la sexualité humaine, comment juge-t-on si un comportement est bon ou mauvais? Ne doit-on pas avoir recours alors à des valeurs morales transcendantes, ce qui nous ramène au point de départ? »
    Précisemment la sexualité a des origines génétiques et à la fois sociales, ce qui est reconnu par l’ensemble de la
    communauté scientifique. Donc la sexualité a donc sa vérité, ses limites pour chaque individu, qui va exprimer sa propre sexualité, mais qui va être contraint aussi par ses propres limites biologiques.
    Faisons disparaître toutes les contraintes sociales liées à la culture : il n’en reste pas moins que chaque individu
    a ses limites. Ainsi un tel pourra faire des partouzes avec sa femme sans mettre en danger son couple, et un autre va entrainer la rupture de son couple avec la même pratique.
    De ce fait celui qui va perdre son couple va prévenir son entourage qu’il y a un danger. Et de ce fait à nouveau
    et de façon sociale chaque individu et donc la société va se reconstituer des valeurs morales.
    Donc si les valeurs morales se fabriquent, ce n’est pas parce qu’on juge de facto si telle ou telle pratique est bonne ou mauvaise, c’est parce que l’expérience des uns et des autres finit toujours par établir des mises en
    garde contre telle ou telle pratique. Le bien et le Mal sont donc issus au départ de la confrontation de l’expérience avec les limites de chacun, et non pas d’une propension d’une société qui serait par nature opposée
    à une sexualité qui n’aurait pas de vérité, donc pas d’origine génétique.

    Tu dis ensuite :
    « Si le viol, la pédophilie et l’inceste sont mauvais ».
    Il est dangereux d’associer tous les incestes avec le viol et la pédophilie, car il existe des relations et des couples incestueux entre frères et sœurs d’age semblable qui sont consentis, alors que le viol et la pédophilie ne
    sont pas consentis. En suède d’ailleurs l’inceste entre frères et sœurs est légalement autorisée.

    Pour finir, il semble que l’anarchisme n’a plus aucune influence sur la sexualité des sociétés modernes, ce qui
    n’empêche pas ces même sociétés de continuer à évoluer, car l’individualisme se développant, chacun a envie
    de vivre sa propre sexualité, ce qui fait que les mariages homosexuels sont maintenant par exemple autorisés
    de plus en plus dans de nombreux pays. Et nous avons aussi l’influence sociale qui joue, car il a été prouvé que
    beaucoup d’adolescents en France par exemple se mettent à faire des partouzes car Internet leur propose de nombreux schémas semblables avec les vidéos pornographiques.
    Aussi savoir actuellement chez chaque individu ce qui relève de la biologie ou de la mode dans sa sexualité est-il
    devenu très difficile, ce qui amène les uns à vouloir mettre en garde, et les autres à vouloir garder leurs privilèges.

  3. Dans les réponses, il n’est pas évoqué ce qui caractérise d’abord la sexualité des pays modernes, à savoir d’abord une grande misère. Plein de gens sont seul, non par désir mais à l’inverse par impossibilité de rencontre. L’approche « amoureuse » est devenu violente. On évoque la drague comme un rapport macho. Le sexe comme une arme de viol, de maladie. L’autre est bizarement vu come un prédateur. Bref, il y a quelque chose qui va pas, mais pas du tout, au point que le mariage est redevenu une valeur. Je trouve ça grave.

  4. Le texte mène à un questionnement commun chez beaucoup d’anarchistes. Je parle de la question que plusieurs articulent à peu près comme ceci: « comment faire régner l’ordre sans pouvoir ». Je ne trouve que rarement des gens pour discuter de ce sujet, même (surtout) chez les anars. Les solutions qu’on suggère, quand on daigne en proposer, m’apparaissent désagréables, sinon idiotes. Ce qui fait que je n’aime pas non plus, finalement, en parler.

  5. Denise, ok pour s’aimer les uns les autres, mais comment ? Tous ensemble dans une méga partouze ? Les uns sur les autres, ou dessous, sans dessus dessous ? Le mode d’emploi, please ;-)

  6. Je suis très d’accord avec ce point soulevé par M. Alain: « la sexualité a des origines génétiques et à la fois sociales (…) donc sa vérité, ses limites pour chaque individu, qui va exprimer sa propre sexualité, mais qui va être contraint aussi par ses propres limites biologiques » …et défini et contraint également par la sexualité des autres, car ma culture, mes compétences et mon appétit sexuels sont dynamiques et pluralistes (et je ne suis pas le seul à être actif dans l’affaire).
    A vrai dire, je ne suis pas sûr que l’anarchisme soit le meilleur lubrifiant; mais je pense qu’une remise en question efficace (et pragmatique) de la sexualité « absolutiste » serait de rechercher avant tout ce qui excite et/ou ce qui satisfait CHACUNE des parties. C’est à la fois à (re)chercher dans le slip et dans la tête, mais c’est surtout une recherche du particularisme -de l’individualité- et du consentement mutuels, qui seuls peuvent vérifier la liberté sexuelle (ou la libre activité sexuelle). Du moins quand c’est bien l’objectif.

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