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«Nous, les fils rebelles de cette humanité pourrie…»

L’individualisme anarchiste tel que nous l’entendons – et je dis nous parce que pensent ainsi une poignée de camarades non négligeable – est ennemi de toute école et de tout parti, de toute morale religieuse ou dogmatique, de même que de toute sottise plus ou moins académique.

Toute forme de discipline, de règle et de pédanterie, répugne à la noblesse sincère de notre moi, inquiet, vagabond et rebelle.

Notre logique est de n’en avoir aucune. Notre idéal est la négation catégorique de tous les autres idéaux pour le triomphe maximum et suprême de la véritable vie réelle, instinctive, échevelée et joyeuse.

Du jour où l’homme a cru que la vie était un devoir, un apostolat, une mission, il a eu honte de sa propre puissance d’être vrai et, poursuivant des fantômes, il s’est renié lui-même et s’est éloigné du vrai.

Telle est la partie éthique de notre individualisme : ni mystique romantique, ni idéaliste monacal, ni moral, ni immoral, mais amoral, sauvage, furieux, guerrier, qui tient ses racines lumineuses voluptueusement affermies entre l’involucré phosphorescent de la nature païenne et son feuillage verdoyant, reposant, sur la bouche purpurine de la vie vierge.

À toute forme de société qui voudrait imposer renoncement et douleur artificielle à notre Moi anarchiste et rebelle, assoiffé d’expansion libre et trépidante, nous répondrons avec un hurlement strident et sacrilège de dynamite.

A tous ces démagogues de la politique et de la philosophie qui portent en leur poche un système tout fait, hypothéquant un lambeau d’avenir, nous répondons avec Bakounine : « Vous êtes des ânes et des impuissants » ; tout devoir qui nous sera imposé, nous le foulerons furieusement sous nos pieds sacrilèges.

Tout noir fantôme qui sera dressé devant nos pupilles avides de lumière, nous l’éteindrons de nos mains profanatrices et libérées des préjugés.

Nous, les fils rebelles de cette humanité pourrie qui a enchaîné les hommes dans la fange dogmatique des superstitions sociales, nous ne nous ferons pas faute de porter notre frémissant coup de maillet sur les maillons rouillés de l’odieuse chaîne.

Renzo Novatore,
« Faisons sauter la dernière arche ! »
Il Libertario, 1919

Catégories :Crise de larmes

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

20 réponses

  1. Après toute la force, la furie et la volonté qui émane, que dis-je, qui explose de ce texte, de voir toute cette vierge énergie culminer dans un frémissant… coup de maillet… Heu, je suis perplexe. Y a-t-il un traducteur dans la salle qui pourrait transformer cette pauvre chose en un marteau de forgeron capable de faire éclater le monde dans un feu d’étincelles libérées d’étoiles ?!

  2. …ou une pince Monseigneur? (ah non, ça le fait pas…) …un chalumeau? (trop compliqué) …une meuleuse? (pas de jus)
    Aaaah! Maudites chaînes! Que n’êtes-vous, comme nous, élastiques!

  3. « L’individualisme anarchiste tel que nous l’entendons – et je dis nous parce que pensent ainsi une poignée de camarades non négligeable – est ennemi de toute école et de tout parti, de toute morale religieuse ou dogmatique, de même que de toute sottise plus ou moins académique. »
    En revanche, il est ami du capitalisme sauvage qui domine les foules en libérant les instincts; mais ça, il ne veut pas le savoir. On pouvait peut-être l’exuser en 1919 (encore que); mais c’est consternant en 2012.

  4. Dire qu’un courant de l’anarchisme pourrait « être l’ami du capitalisme » c’est tout simplement une contradiction (l’anarchisme est, fondamentalement, solidaire et égalitaire, ne le saviez-vous pas?). Vous allez me dire: « ouiii, mais l’anarchisme de droiiite (l’anarcho-capitalisme)…etc ». « L’anarchisme de droite » -qu’on appelle plutôt libertarianisme- ça n’est pas de l’anarchisme. Par contre, oui, il existe bien un individualisme « de droite », ou un « égoïsme arriviste », ou encore un « chacun pour soi » ou « chacun sa merde » etc… mais est-ce bien ce dont parle Mme Archet?

  5. En autant que l’on ne nous demande pas de faire sauter la dernière Archet (et ne viens pas tripoter la syntaxe de ma phrase pour lui faire dire autre chose, Anne); on n’en a qu’une seule après tout.

  6. Le Marteau sans maître, 1934
    Commune présence

    Tu es pressé d’écrire,
    Comme si tu étais en retard sur la vie.
    S’il en est ainsi fais cortège à tes sources.
    Hâte-toi.
    Hâte-toi de transmettre
    Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
    Effectivement tu es en retard sur la vie,
    La vie inexprimable,
    La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir,
    Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
    Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
    Au bout de combats sans merci.
    Hors d’elle, tout n’est qu’agonie soumise, fin grossière.
    Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
    Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
    En t’inclinant.
    Si tu veux rire,
    Offre ta soumission,
    Jamais tes armes.
    Tu as été créé pour des moments peu communs.
    Modifie-toi, disparais sans regret
    Au gré de la rigueur suave.
    Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
    Sans interruption,
    Sans égarement.
    Essaime la poussière
    Nul ne décèlera votre union.

    René Char

  7. Et des filles rebelles, ça n’existe pas chez les anarchistes ? Le titre met un doute dans mon esprit…

    P.S. – Troisième commentaire pour un même texte; ça veut dire que je l’aime bien.

  8. @ R. Bilodeau. Votre commentaire est intéressant, pertinent, pénétrant, mais comme à votre insu… Je ne suis pas sûr que les anarchistes du XIXe siècle se seraient retrouvés dans l’anarchisme féminisé d’aujourd’hui… Et si je n’avais pas peur d’effaroucher les bonnes âmes qui exercent sur ce blogue une surveillance de dames patronesses, je me hasarderais à quelques observations autrement plus viriles que celle-ci, en effet. Mais que voulez-vous. L’esprit le plus viril à s’exprimer ici, à l’exclusion de votre humble serviteur, est Anne Archet elle-même; triste signe des temps.

  9. Et vous, cessez enfin de vous dérober; plutôt que de me dire que je suis dans le champ, tentez de le démontrer, je ne demande pas mieux. Vous pourriez commencer par saisir l’une ou l’autre des perches que je vous ai tendues (mais peut-être craignez-vous que ce soient des hameçons?) dans l’espoir de vous entraîner à vous prononcer sur la question fondamentale (accordez-moi au moins ça) de la différence entre les sexes. Cette différence est abyssale, océanique, fondamentale, anthroplogique; cela tombe sous le sens, chacun le sait. Mais certains, curieusement, le savent sans le savoir, car aujourd’hui cette évidence est singulièrement méconnue en raison, précisément, de l’indivudualisme fébrile et inquiet que vous incarnez à merveille – et je me fiche ici des étiquettes dont vous vous réclamez comme de celles que vous rejetez. Alors qu’est-ce qu’un homme? Qu’est-ce qu’une femme? Ou plus abstraitement: qu’est-ce que la virilité? qu’est-ce que la féminité? Ces questions sont-elles donc à votre avis dépassées? Vous pensez sans doute que cette différence est appelée à disparaître? Qu’elle est le fruit d’une construction sociale arbitraire? Qu’elle ne peut en aucun cas être une valeur positive? Qu’importe; sensible que je suis au charme de l’innocence, je serais curieux de vous lire sur cet épineux problème, et aussi de lire les commentaires édifiants et révélateurs des eunuques dont vous êtes entourée.

  10. Vous pourriez commencer par (…) vous prononcer sur la question fondamentale (accordez-moi au moins ça) de la différence entre les sexes. (…) qu’est-ce qu’un homme? Qu’est-ce qu’une femme? Ou plus abstraitement: qu’est-ce que la virilité? qu’est-ce que la féminité? » C’est vrai que c’est passionnant comme question(s)! Vous vous émoustillez tout seul, on dirait un vieux prof draguant ses élèves… pourquoi ne prenez-vous pas l’initiative de nous exposer vos préjugés sexistes?

  11. Paresseuse réponse; à défaut de réfléchir, vous me tendez votre petit catéchisme. Oui, le mot est bien pesé; le vernis de subversion dont se drapent les théories du genre est de la poudre aux yeux, et la nécessité loufoque d’abolir les différences entre les sexes sous prétexte qu’elles sont le scandaleux vestige d’un passé oppresseur est admise en haut lieu. Elle détermine d’innombrables lois, d’innombrables réformes grandes et petites, qui bien entendu font le jeu de la société capitaliste. Quelle candeur! Si seulement vous saviez ce qui vous opprime vraiment, vous cesseriez de jouer à l’affranchie; mais pour ça, encore une fois, il faut réfléchir.

  12. P-Y, je ne vois pas pourquoi je ferais plus d’efforts pour vous répondre. Et dire que Gender Trouble est un catéchisme, c’est idiot. Lorsque vous offrirez autre chose que des imprécations, des lieux communs et de la logorrhée d’obsédé de la décadence, on s’en reparlera.

    En passant, ne surestimez pas l’originalité de votre position. Vous êtes aussi inusité qu’une brique dans un mur de brique.

  13. Ma position n’est pas originale et ne prétend pas l’être; elle est juste, tout simplement. Et j’ajouterais que dans le monde réel d’aujourd’hui (qui n’a rien à voir avec le monde fantasmé que vous inventez pour vous faire croire qu’il vous opprime) elle est infiniment plus « subversive » que la vôtre. Voilà pourquoi Gender Trouble est un catéchisme; les théories qu’on y distille, loin d’être hérétiques, sont l’expression agressive de la nouvelle orthodoxie. Quand vous aurez compris cette vérité élémentaire (lire : quand vous aurez fait un pas de côté pour apercevoir la réalité), on s’en reparlera, en effet.

  14. Subjectivité pour subjectivité, c’est vous qui vivez dans un monde de votre propre fabrication, P-Y.

    Quoi qu’il en soit, nos positions sont irréductibles au point où toute discussion devient oiseuse; je comprends donc mal pourquoi vous vous acharnez. En ce qui me concerne, j’ai perdu depuis longtemps toute envie de discuter avec des types tels que vous, alors ne vous attendez pas à beaucoup de réponses de ma part. Écrivez ici autant que ça vous chante, mais tâchez de ne pas trop insulter les autres sans raison, car ce n’est pas très poli – le savoir-vivre n’est-il pas une belle institution traditionnelle et transcendante du genre dont vous pleurez la disparition, non?

    Je ne vous garantis toutefois pas que je vous lirai, car je connais votre point de vue et je m’en tape.

    Adios et mes respects à madame.

  15. Je ne crois pas avoir jamais cessé d’être poli sur ce blog. En revanche, j’ai été traité au cours des derniers jours de « vieux prof draguant ses élèves qui s’émoustille tout seul »; on a aussi dit que j’avais fait par mes propos fait la preuve de ma « connerie profonde ». Je n’ai pas bronché car je l’ai un peu cherché, il va sans dire; on ne désigne pas impunément le réel parmi les mutins de Panurge (dicit Philippe Muray). Mais il est pour le moins ironique de recevoir des leçons de politesse de quelqu’un qui signe chacun de ces messages d’un doigt d’honneur. Vous voyez; même l’expression de lieux communs anarchistes a besoin de civilité; si vous étiez encline à la réflexion, il y aurait là de la matière.

    Je m’acharne parce que je suis convaincu d’avoir raison, ce qui est un plaisir tout naturel. Quant à vous, votre relativisme est un peu louche. Subjectivité pour subjectivité, vraiment? Vous ne croyez donc plus au réel? Le discours ne rencontre jamais d’objet qui lui résiste? Si c’est ce que vous pensez, on voit mal en effet pourquoi vous cesseriez de vous dérober, ce qui vous obligerait à renoncer à votre combat imaginaire et à l’ivresse qu’il vous procure. Suggestion de lecture: Don Quichotte. Mais attention, c’est de l’humour viril!…

  16. Voilà ce qui s’appelle une non-conversation de haut vol! Je lis deux individus qui pataugent dans des mares qui ne se rencontrent pas… Ça fait bien des éclaboussures, mais ça sèche vite et ne laisse pas de trace, finalement. Merci pour ce mini-feu d’artifice.

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