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Sirventès du désir

 

Je ne suis qu’abandon
Mon corps est traversé par le désir
Création sans finalité
J’éclate en une infinité de formes

En un mot, en un cri
J’accouche de l’univers
Je suis séduction et plaisir

Je suis vivante
Donc il n’y a rien en moi
Qui ne soit pas beau

Chaque jour je deviens un peu plus
Ce que je suis:
Pleine, dense, fuyante
Façonnée par le désir
Qui n’est ni manque, ni privation
Mais construction, création
Surabondance de possibles
De devenirs

Le désir réorganise le monde
Et les êtres à sa guise
Si on le laisse fuir librement

Si vous vous abandonnez au désir
Rien en vous ne sera repoussant
Ridicule, médiocre ou laid

La laideur est créée par la morale
Et la laideur, comme la morale
N’est qu’illusion
Une limite imposée par un regard malade
Perverti par l’instinct grégaire
Par le ressentiment
Par l’étouffement du désir

Vous êtes beaux
Vous êtes belles

Même vos pensées les plus atroces
Les plus basses, les plus criminelles
Sont splendides si vous les laissez battre
Au pouls de l’univers

Toutes vos émotions sont sublimes
Quand elles s’abandonnent au désir:
Ô magnifique jalousie !
Ô puissante colère !
Ô délicieuse luxure !
Ô merveilleuse tristesse !

Laissez-vous traverser par le désir
Laissez-le transfigurer votre corps
Laissez-le métamorphoser votre esprit

Il vous fera bâtir de folles cathédrales
De chair humide jusqu’à l’aurore

Il vous fera baiser le sexe de l’infini
Lécher les lèvres sombres du réel

Il vous fera tracer des sentiers déments
Entre les griffes crispées du pouvoir

Il vous fera basculer enfin et pour de bon
Dans le règne incandescent des vivants

Catégories :Crise de larmes

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

4 réponses

  1. « La laideur est crée par la morale
    Et la laideur, comme la morale
    N’est qu’illusion »

    Intéressant. Je ne crois pas qu’on ne puisse en dire autant de l’attrait…

  2. Eh bien! C’est la première fois dans tous les textes que j’ai lus de toi que je lis l’expression d’une sorte de, comment dire, d’espoir en l’être l’humain, de beauté possible dans cette créature humaine d’habitude assez abjecte à tes yeux… Tu dois sortir d’une période de profonde satisfaction méga-baise. ;-)

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