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Le poison sans antidote

Il y a quelque chose qu’Ander Behring Brevik n’a pas compris lorsqu’il conteste le jugement des psychiatres qui sont arrivés à la conclusion qu’il souffre de schizophrénie paranoïaque. Selon lui, il s’agit plutôt d’une idéologie politique et conteste l’évidence qu’il est un crackpot qui a depuis longtemps perdu tout contact avec la réalité.

Ce qu’il n’a pas compris, c’est que c’est seulement lorsqu’on utilise hypocritement une idéologie politique pour obtenir, exercer ou conserver le pouvoir qu’on est un militant ou un politicien digne de ce nom. Dès le moment où on y croit vraiment, qu’on se met à avoir des « convictions fermes » et que l’idéologie n’est plus un cache-sexe commode pour le pouvoir, et surtout quand on se met à interpréter sa vie à travers le prisme de fantômes tels que Dieu, la Patrie, la Race, la Nation, la Justice ou la Liberté, c’est là qu’on verse dans le désordre mental — la plupart du temps irrémédiablement.

Croisons-nous les doigts, quelqu’un peut-être inventera un jour un vaccin contre l’idéologie.

Catégories :Montée de lait

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Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

16 réponses

  1. « surtout quand on se met à interpréter sa vie à travers le prisme de fantômes tels que Dieu, la Patrie, la Race, la Nation, »

    tout à fait d’accord!

    « …la Justice ou la Liberté, »

    Je ne suis pas tout à fait sûr de comprendre. Est-ce que ça signifie de ne pas se fier sur les autres pour obtenir la liberté et la justice? (dans le cas de la justice, on sacrifie souvent la liberté pour tenter de l’obtenir de la mauvaise façon…)

  2. La Justice et la Liberté sont des idéaux abstraits, des fantômes, comme disait Stirner — des principes qui exigent le sacrifice de l’individu à une cause prétendue supérieure à lui-même. Se mettre au service d’abstractions, c’est s’asservir.

  3. On ne peut pas vire sa liberté dans cette société. Voila le problème.

    Croire qu’on peut être libre ici et maintenant, c’est un très gros fantôme.

    Mais de plus en plus en plus, je me dis que la liberté ne vient qu’avec la mort. C’est le seul endroit où rien nous est imposée.

  4. Je ne crois pas qu’on puisse être libre ici maintenant. Et je ne crois pas avoir déjà dit une telle chose — si ça se trouve, j’ai même dit dit le contraire.

    Je crois qu’il faut agir ici maintenant pour faire l’expérience de la liberté, même si c’est limité et fugace. Et je crois que la solution au manque de liberté ne réside pas dans le sacrifice, l’abnégation et le rejet du peu de liberté qui nous reste au nom d’idéaux supérieurs.

  5. Le problème avec les dépressifs, c’est qu’ils prennent leur état pour de la lucidité, alors que ce n’est finalement que de l’aliénation — la même que les optimistes béats tentent d’oblitérer à coup de pensée positive.

  6. On ne peut peut-être pas la vivre complètement, mais on peut tenter de la vivre le plus possible…

    « je crois que la solution au manque de liberté ne réside pas dans le sacrifice, l’abnégation et le rejet du peu de liberté qui nous reste au nom d’idéaux supérieurs. »

    Je seconde cette affirmation! Excellent!

    « Mais de plus en plus en plus, je me dis que la liberté ne vient qu’avec la mort. C’est le seul endroit où rien nous est imposée. » (Bakouchaïev)

    La liberté ne s’applique pas à un être non-existant. De plus, la mort, en elle-même, nous est imposée…

  7. Vaste question. Je n’ai pas vraiment envie d’élaborer, mais voici un ou deux trucs:

    Les abolitionnistes ont beaucoup de bons sentiments et beaucoup de propositions mal avisées.

    Dans notre société judéo-chrétienne, l’esprit est noble, mais le corps impur. Or, on peut monnayer son esprit sans problème, mais monnayer son corps est avilissant. Allez comprendre pourquoi.

    La prostitution est une sale affaire, surtout parce qu’elle est clandestine et marginalisée. Mais aussi parce que c’est un commerce et une des multiples formes de l’esclavage salarié. Voilà pourquoi il faut l’abolir, comme il faut abolir le travail. Par contre, s’imaginer qu’on va atteindre cet objectif par la loi, le système de justice et la criminalisation des clients, c’est rêver en technicolor. Tout ce qu’on va réussir à faire, c’est marginaliser encore plus les prostituées et les plonger encore plus profondément en enfer.

    J’ai souvent entendu les abolitionnistes dire que le sexe n’est pas un besoin, puisqu’on peut vivre sans. J’aimerais qu’elle aillent raconter ça aux handicapés qui n’arrivent même pas à se branler et qui ont recours, ces salauds pervers et phallocrates, à une aidante sexuelle.

    Les dernières personnes en qui j’ai confiance pour régler les maux de l’humanité sont les flics, les juges et les gardiens de prison.

  8. La situation est orweliène mais pour rebondir sur les concepts :

    Sur la liberté : Nos relations aux autres créent forcément une dépendance. Ne serai-ce que par solidarité, ou par les liens que nous nous choisissons autour de nous, nous devenons d’une certaine manière dépendant. Même le maître a besoin de l’esclave. Aussi paradoxal que ça puisse être, la liberté en tant que tel, en tant que concept absolu, n’existe peut être en ce moment que pour Ander Behring, puisque « libéré » de toutes relations avec le monde extérieur ou du moins de subir les réactions qu’il engendre. Après tout, c’est peux être ce qu’il cherchait. Et pour le coup, il est bien « irresponsable ». Resterai la liberté de choisir avec qui créer ses dépendances, et surtout dans quelles égales proportions. Et de pouvoir en changer. Ce sont des choix de vie. Bien souvent illusoires, je l’admet.

    Sur la justice : En tant qu’institution, son but réel n’est pas l’approche foucaldienne de punir. Sinon qu’est ce qui empêche le quidam de base de commettre quelque chose d’interdit? La peur de la sanction? Quelle est la logique d’une société qui se base depuis plus de 10 ans sur l’anti terrorisme et qui se sert de la peur pour contrôler sa population?
    Le but réel de la justice et de tout lieu d’enfermement est et reste d’une part de désigner au reste de la population l’ennemi, l’étranger au groupe, celui qu’on laisse quelque part « en dehors » afin de souder le reste du groupe autour de valeurs contraires à celui que l’on enferme. Pourquoi continuerai-t-on sinon à enfermer, à sanctionner ceux qui ont fauté par accident ?
    D’autre part toute logique d’enfermement est avant tout politique. Ceci afin de retourner les personnes enfermées comme pour les corriger, les éduquer et éventuellement leur faire livrer des sources même si dans ce cas, il prétend avoir agit seul (et c’est en ce sens un héritage de la guerre contre insurrectionnelle). Ceci étant fait, dans le meilleurs des cas de les tenir éloignés le temps qu’il se fasse oublier afin que personne ne puisse les attaquer en réponses aux nouvelles valeurs qu’ils défendent sur des anciens faits qu’ils auraient commis. Il n’y a pas toujours de retour possible. Vous n’avez rien compris? Je m’explique
    Il est amusant de relever l’ironie de la défense de Behring je cite « des erreurs factuelles, des mensonges et des déclarations sorties de leur contexte ». Bref, trois des principaux reproches fait à……….. Mein Kampf. (tiens tiens un autre point godwin) On aurait presque envie de dire chapeau aux médecins qui l’on suivi si ce n’est qu’il s’inquiètent du monde qui les entoure avec 70 ans de retard. L’effet pervers, y compris dans ce billet est la logique d’opposition qu’induit un point godwin, le pour ou contre absolu, le gentil et le méchant absolu qu’il faut combattre quoi qu’il dise. Qu’on me pardonne, je n’ai pas envie de combattre Behring sur ce point de défense.

    Sur la race, la patrie, la nation : ces trois notions idéologique n’ont plus pour but aujourd’hui que de contrôler une partie de la population qui se fait déposséder de tout en flattant les bas instincts et en divisant les populations opprimées. En effets, tous les échanges commerciaux important se font désormais aux niveaux continentaux, voir mondiaux. La classe dirigeante divise pour mieux régner et a bien compris depuis lgt quel puissant levier ils tiennent là puisqu’agissant sur l’instinct primaire. Reste que leur utilisation au niveau politique, même dans la vision cynique de conserver ou conquérir le pouvoir, a des effets pervers extrêmement dangereux. A savoir qu’un pouvoir se retrouvera tôt ou tard confronté à ses limites et qu’une fois qu’il aura vanté un ministère de l’identité par ci, des enfermements arbitraire et des expulsions par là, il sera bien obligé de les mettre en place pour l’affirmer, son pouvoir, et bien souvent au delà de ce qu’il avait promis. Par ailleurs, il autorise en s’abstenant de les combattre au lieu de les prévenir et les éduquer, voir encourage, des formes de pensées qui conduisent à des actes comme celui d’Ander Behring. Même si, je pense, ce ne sont pas les seules causes et conditions mais j’y reviendrais.

    Sur le militant, le politicien et le pouvoir. La seule question qui vaudrait, et qui ferait tomber tout l’édifice orwelien, c’est le pouvoir pour quoi faire ? Quelles sont les motivations réelles et profondes des personnes qui veulent le pouvoir? Et qu’est ce qu’ils sont près à faire pour l’avoir, le conserver? Et par conséquences, quels leviers avons nous sur eux?

    La réalité, elle, reste « l’illusion du réel garantie par tout le groupe » (définition anthropologique). L’important pour les néo-réalistes n’est pas de dire la réalité des faits, mais d’en construire une qui sera acceptée par la majorité du groupe. Sa propre réalité (à chacun), c’est avant tout ce que l’on fait, celle du groupe est un ensemble de subjectivités qui mis bout à bout donnent l’illusion d’une réalité partagée et admise par tous. Ce qui est bien différent.

    Dieu, les croyances, l’affaire de chacun. La religion n’a d’ailleurs absolument rien à voir là dedans, elle n’est rien d’autre qu’une tentative spirituelle d’organiser la société. Les politiques choisissent de s’acoquinent avec certaines ou non lorsque leurs intérêts entrent en collision.

    Quand au fait divers Ander Behring, il ne faut pas se leurrer, il s’agit ici d’un nouveau point godwin. Pour preuve, personne ne s’aventurerai à prendre sa défense au risque de passer pour un néo nazi. Autour d’un point godwin, en définir les causes, comme vous le faites, c’est définir ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire. Quelles notions il convient désormais d’adopter collectivement pour que notre cerveau choqué puisse se reconstruire une réalité dans laquelle il ne soit pas paralysé par la peur. Ca défini aussi clairement qui est le gentil, qui est le méchant. Mais à un moment donné, on peux quand même se demander quelle est la solidité ou la fragilité d’une société qui a tant besoin de se définir des gentils et des méchants pour partager un vivre ensemble.
    Reste la question du comment gérer le bonhomme sans trahir ses valeurs, sinon c’est lui qui nous aurait retourné. (c’est que les murs ont deux cotés…).

    L’effet pervers d’une simplification des causes d’un point godwin associées aux concepts que vous avez cités plus haut on fait que depuis 2001 il y a eu une grande montée de racisme anti arabe et musulman. Jusqu’aux révolutions du printemps dernier.
    Ici, on pourrait se dire qu’en réaction, les victimes étant des sociaux démocrates, une page peux désormais s’ouvrir en Europe qui aurait la part belle aux idées de la social démocratie.

    Le coté pervers du truc c’est que le gars se défini comme un chevalier lutant contre le multi-culturalisme. Là aussi dans un premier temps, le politique politicien multi-culturel tel que vous le décrivez, le militant, ou le citoyen qui a appris à vivre avec toutes les personnes qui l’entourent, quelle que soit et non pas pour les origines des parents, leur vécu, leur histoire, mais pour la richesse de l’échange qui pourrait en découler, pourrait se dire banco, nos idées vont triompher. Sauf que. Le risque dans cette affaire, c’est l’uniformisation. Et je m’explique.
    Avec l’apparition des média trans nationaux tel l’internet, les frontières tombent si ce n’est encore tous, pour beaucoup. L’avantage c’est que des problématiques qui n’ont pas pu être résolu à un endroit, on pu l’être à d’autres et que du coup ça facilite quand même pas mal la vie. L’inconvénient ce serait que quelqu’un débarque et dise j’ai l’outil (forcément minimaliste puisque cherchant à plaire au plus grand nombre) pour tous et donc du coup un nouveau standard qui fait fit des exceptions culturelles.
    Allez donc demander à Marcos et à tous les peuples qui défendent un mode de vie ce qu’ils pense de cette uniformisation et de cette globalisation financière.
    C’est aussi une question historique. Les société occidentales ont fortement contribué au « métissage culturelle » de manière parfois très violentes au cours des décennies et siècles passés (esclavages, colonisations, accaparement des richesses) et n’ont pas d’autres portes de sorties désormais qu’un métissage global et une redéfinition d’une culture commune par notre génération et les générations à venir dans un choix de vivre ensemble, au moins dans les grandes métropoles, et par exemple, pour faire local, au bistrot du coin, ou dans n’importe quel lieu d’échange (et notamment numérique) pour le venir-échanger-rester/repartir. Reste le pays basque en europe, le quebec au canada les peuples de l’ouest de la libye le chiappas, le tibet et une multitude de peuples et de cultures à travers le monde qui ne se résoudront pas à voir ce qu’ils aiment et partagent dans un joli encadré bleu accolé à un bouton « i like » comme consolation des violent soubresauts économiques, financier et militaires de l’effondrement de l’empire.
    Quand à Facebook, puisque c’est l’exemple que j’avais en tête quand je parlais d’outil, Sartre doit se retourner dans sa tombe et Deleuze se suicider une deuxième fois. Après, bon, un outil, c’est avant tout ce que l’on en fait.
    Bon, je divague un peu, j’écris beaucoup (trop?) c’est que votre billet a quand même eu le dont de me titiller mais pour en revenir aux définitions des causes, j’ai bien peur qu’il faille aussi chercher du coté de mythologies anciennes auxquelles il me semble que votre double adepte du pouvoir par le sexe n’est pas totalement indifférent. J’accable personne, plus ou moins tous coupable dans le sens ou relayant une mythologie ancienne, elle est capable de toucher inconsciemment ou non beaucoup de gens. Reste que les conséquences d’une histoire comme celle là (la fusillade étant la conséquence) ne sont pas toujours aussi dramatiques, heureusement. Il y a eu des tentatives empruntées de justesse qui ont changé le cours des choses en europe ou en tout cas provoqué des résultats inattendus.Mais la violence de la réaction financière et militaire et l’accaparement des souverainetés populaires par la suite n’en a été que plus violent.

  9. Si on est la somme de tout nos choix…
    Que pour appliquer les principes du libre arbitre… on se doit de faire des choix… Est ce qu’on goûte à la liberté de cette façon?

    On est libre de plein de chose… On peu même enfreindre des lois. C’est pour ça qu’on nous étiquettes comme des criminels après coup, ou qu’on nous colle des amandes. Il y a plein de chose qu’on est libre de faire. S’il fallait qu’on demande la permission au gouvernement à chaque fois ou sont approbation, on aurait pas fini… Dès fois en toute connaissance de cause on devient des criminelles volontairement.

    Toute les travailleuses du sexe et j’en suis une. On freins les lois à cause des interdiction autour de notre travail. Le gouvernement à fait de nous des criminels. On travail tout de même malgré ces lois. Est ce que c’est ça devenir souverain de sa personne, maître de ses choix? Décidé pour soi … ce qui est bien ou non pour nous, ce qu’on trouve juste même si notre gouvernement nous l’interdit?

    Ici et maintenant… Je prend les décisions pour moi… et j’attends pas la bénédiction de ces gouvernement hypocrite… parce que ça fait plus de 15 ans que le travail du sexe aurait du être décriminalisé au Canada, ça fait longtemps qui savent que les lois nous font plus violence que d’autre chose. Ça fait 15 ans que ça traine, ils savent que ça nous garde dans un status de faiblesse. J’ai comme bien l’impression que ça en arrange certain. C’est parfait quand on veut manipuler et affaiblir un groupe de les rendre vulnérable c’est parfait de ne pas leur accordé de sécurité, bonne stratégie.

    Plus on met les gens en déséquilibre plus c’est facile de les manipuler. Avant on les forçait à faire des enfants, maintenant on a remplacé ça par une consommation de dépendance. On nous a rendu dépendant du pétrole, par exemple. Dépendant de notre système de santé, des médicaments… on a remplacé l’église par la science. Ce sont nos nouveau pasteur. Génial non?

  10. – Je suis d’accord avec l’idée que Breivik est un crétin, comme Hitler, qui voulait aussi sincèrement le bien du peuple allemand. La politique qui triomphe est toujours la plus cynique.
    – En revanche je ne vois pas bien ce que notre société républicaine a de spécifiquement « judéo-chrétien » ?? Pour moi elle porte plutôt les couleurs rouge et noire de la « Société générale ».
    – Pour abolir l’idéologie, il faudrait abolir l’argent et la propriété, qui en sont la racine.

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