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Le capitalisme vit ses derniers moments

Ce qui m’agace chez les révolutionnaires, c’est leur tendance au prophétisme, leur conviction que la révolution est non seulement imminente, mais écrite dans l’histoire. Par exemple, chaque fois que je lis Kropotkine, sa tendance à prédire le Grand Soir pour la semaine prochaine au mieux m’ennuie, au pire m’irrite. Sans parler des marxistes, détenteurs autorisés du sens de l’histoire, qui n’ont cessé, pendant cent cinquante ans, de prédire la révolution prolétarienne mondiale. Or, le capitalisme a traversé crise après crise non seulement sans s’affaiblir, mais en étendant son hégémonie sur la planète entière.

Mais vous me connaissez, je suis un être de contradictions.

Malgré tout ce que je viens de dire, je reste convaincue que le capitalisme vit ses derniers moments. Ne riez pas! Ses succès des dernières années, bien plus que sa crise actuelle,  accélèrent sa course à la destruction. Si bien que dans une cinquantaine d’années peut-être, le capitalisme sera caduc et remplacé par quelque chose d’autre. Reste à voir ce que ce «quelque chose d’autre» sera. Personnellement, je ne suis pas très optimiste.

Mais avant de sortir ma boule de cristal, un mot pour définir ce qu’on entend généralement par capitalisme.

Ce qui distingue le capitalisme des autres systèmes sociaux et économiques qui l’ont précédé, c’est sa quête incessante et auto-entretenue d’une accumulation toujours plus grande de la part des détenteurs de capitaux. Autrement dit, le capital, défini simplement comme la richesse accumulée (biens de consommation, machines, droits monétaires reconnus sur les biens matériels…) est utilisé, dans un système capitaliste, dans le but premier et délibéré de son auto-expansion. Évidemment, le profit n’est pas le seul objectif du processus de production capitaliste. Mais chaque fois que l’accumulation du capital l’a emporté, avec le temps, sur les autres objectifs, nous pouvons à juste titre estimer que nous avons affaire à un système capitaliste.

Autre caractéristique du capitalisme: il s’agit d’un phénomène historique qui correspond à la marchandisation du monde. Par marchandisation, j’entends non seulement l’application graduelle des principes marchands à l’échange, à la production et à l’investissement (qui s’effectuaient auparavant sans l’apport du marché), mais aussi à la transformation de toute chose (et j’inclus dans le mot «chose» les êtres humains) en marchandise.

Il est important d’insister sur le caractère historique du capitalisme. Ce système a une origine historique et géographique: l’Europe occidentale de la fin du XVe siècle. On ne peut parler de capitalisme avant le XVe siècle sans pervertir le sens profond de ce terme. Évidemment, la propriété privée, le marché, le salariat, qu’on associe de nos jours au capitalisme, existaient avant cette date, en Europe comme ailleurs. Mais dans les systèmes antérieurs au capitalisme, le long processus d’accumulation du capital était presque toujours bloqué à une étape ou une autre, puisque le but premier et délibéré de la production n’était pas le profit et sa croissance.

Mais qu’est-ce qui fait que ce système historique est voué à se perte?

Raison #1: le profit se noie dans une mer de purin

Le premier indice de la fin prochaine du capitalisme me semble être l’augmentation bientôt incontrôlée du coût des matières premières essentielles à la production des biens de consommation, qui va éventuellement rendre le profit presque impossible.

J’ai dit plus haut que le but principal (si ce n’est l’unique but) du capitalisme est le profit. Or, pour faire un bon profit, il faut s’assurer d’avoir des matériaux pas chers pour minimiser les coûts de production. Et comment réduire les coûts des matériaux? «En s’assurant de ne pas les payer entièrement» vous répondra le premier économiste venu. Le truc est simple, il existe depuis la naissance du capitalisme: l’externalisation des coûts.

Disons que je suis dans le business du papier-cul. J’ai besoin d’arbres. Or, le coût total d’un arbre comprend les coûts liés à sa croissance. Heureusement, il est facile de ne pas payer pour la croissance des arbres: on rase la forêt, on laisse à quelqu’un d’autre (l’État, immanquablement) le soin de débourser pour le reboisement et on va couper ailleurs. Le coût de la croissance des arbres est ainsi externalisé, si bien que dans une vingtaine d’années, je pourrai me repointer au même endroit pour couper les arbres arrivés à maturité.

Il en va de même pour la gestion des matières toxiques générées par la production. Disons que je suis dans le business de la côtelette de porc. Je dois faire quelque chose avec les déjections de mes petites bébêtes. Le plus simple est d’épandre le lisier sur les terres agricoles jusqu’à ce que lesdites terres, sursaturées de merdre, contaminent les ruisseaux et les rivières. J’ai ainsi externalisé le coût du traitement de mes matières toxiques en laissant à quelqu’un d’autre (l’État, immanquablement) le soin de procéder à la décontamination.

Enfin, les infrastructures publiques sont une autre forme efficace d’externalisation des coûts. Disons que je suis dans le business du breuvage brun pétillant et que, désireuse de profiter de la mode écolo-chic, je décide de me lancer dans le commerce de l’eau en bouteille. Je m’installe donc dans une ville qui non seulement me vendra l’eau de son aqueduc à un prix ridicule, mais me donnera une subvention pour construire mon usine d’embouteillage «parce que ça crée de l’emploi». Le coût du traitement de mon eau est ainsi externalisé, parce que le financement de l’aqueduc est imposé à quelqu’un d’autre (toute la population de la ville) mais les profits vont uniquement à moi (qui est morte de rire quand je vois les citoyens de cette même ville qui achètent mon eau — la payant ainsi deux fois). Vous pensez que j’exagère? Pensez-y la prochaine fois que vous boirez votre Dasani ou votre Aquafina…

Ce petit manège, qui dure maintenant depuis cinq cents ans, arrive en bout de course. La raison la plus évidente est que nous en serons à court terme à la limite géographique du processus: plus de forêts à abattre, plus de rivières à emmerder, etc. L’autre raison est que le «quelqu’un d’autre» n’aura bientôt plus les moyens de payer les coûts externalisés. Face à la dégradation des matières premières, quelles sont les options pour l’État? Augmenter les impôts des industriels? Obliger les industriels à reboiser et à dépolluer? Demander aux pétrolières de payer pour le ramassage de leurs marées noires? Ça revient à internaliser des coûts qui étaient autrefois externalisés, et ça rend le profit presque impossible. Augmenter la contribution de la population au reboisement et à la dépollution? Les contribuables sont imposés à l’extrême limite et aucun politicien ne veut mettre son pouvoir en danger en décrétant des hausses d’impôt agressives.

Plus probablement, les États ne feront rien, ou alors ne dépollueront qu’en partie, avec pour résultat… la destruction définitive des ressources naturelles et l’élimination par le fait même de toute possibilité de profit. Faudra alors dire bye bye au capitalisme…

Raison #2: on ne peut pas déménager l’usine en Antarctique

Le coût des marchandises n’est évidemment pas le seul coût de production que le capitaliste veut minimiser. La réduction du coût du travail constitue l’autre obsession capitaliste.

Je ne vous apprends rien lorsque je dis que c’est le rapport de forces établi entre les employeurs et les travailleurs qui fixe un niveau moyen de salaire à une époque déterminée et en un endroit donné. Ceux qui ont déjà trimé dans une boîte non-syndiquée savent de quoi je parle… Dans les premiers temps du capitalisme, ce rapport de force est nettement en faveur de l’employeur, ce qui fait que les salaires sont très bas. Mais après un certain temps, les travailleurs se syndiquent, ou s’organisent politiquement, et réclament un hausse du salaire réel (c’est-à-dire, une hausse supérieure au coût de la vie).

Même s’il faut plusieurs décennies de lutte, les travailleurs finissent toujours par obtenir une certaine hausse salariale, soit par la signature de conventions collectives, soit par des moyens politiques comme des lois sur le salaire minimum. Pourquoi? Parce qu’en période de prospérité économique, le plus important pour l’employeur capitaliste est de maintenir la production et d’éviter les arrêts de travail. Il est alors rationnel d’accorder des hausses salariales, les baisses de profit entraînées par des arrêts de travail à répétition étant plus importantes que lesdites hausses salariales.

Mais lorsque la récession et la stagnation économique se pointe, le problème de la réduction du coût du travail pour rester concurrentiel se pose. À ce moment-là, le capitaliste doit impérativement trouver un moyen de réduire effectivement le coût de sa main-d’oeuvre.

Quelles sont ses options? La première est l’affrontement avec les travailleurs pour obtenir des diminutions salariales. Le problème, c’est que l’affrontement est non seulement coûteux, mais il perturbe le processus de production. De plus, le résultat est très aléatoire et en fin de compte, les pertes risquent fortement d’être supérieures aux gains pour les employeurs.

La seconde option est plus simple et moins coûteuse: délocaliser. Le capitaliste remballe tout et s’installe dans un endroit où le niveau historique des salaires est moins élevé, habituellement une région peuplée par des ruraux fraîchement arrivés à la ville, ou une région moins commercialisée. Bref, une région où les individus qui se présentent sur le marché du travail sont prêts à travailler pour un salaire inférieur à celui versé aux travailleurs en zone «développée».

Mais pourquoi ces gens sont-ils prêts à accepter des salaires très bas? Parce qu’après tout, travailler dans un sweat shop, c’est agréable pour personne… La réponse est simple: dans ces régions, les salaires offerts, bien que dérisoires, sont plus importants que ce que les nouveaux citadins qui forment l’essentiel de la force de travail auraient pu obtenir en restant en milieu rural.

Malheureusement pour les capitalistes, après quelque temps, ces mêmes travailleurs s’habituent à leur nouvelle vie urbaine et surtout, se rendent compte à quel point leurs salaires sont bas. Donc, ils se finissent eux aussi par se syndiquer, par s’organiser politiquement… pour obtenir, après plusieurs décennies de lutte, des hausses salariales. À ce moment, le capitaliste n’a d’autre choix que de délocaliser une nouvelle fois et s’envoler vers des cieux plus cléments.

Soit dit en passant, c’est le phénomène de la délocalisation qui explique en grande partie l’industrialisation du Québec dans le dernier tiers du XIXe siècle. Les capitalistes amerloques, soucieux de diminuer leurs coûts de production liés au travail, ont délocalisé des usines américaines pour les installer à Montréal, où l’on trouvait plein de ruraux qui venaient de fuir les terres saturées de la vallée du Saint-Laurent. Et c’est ce même phénomène qui explique le départ de ces mêmes entreprises dans le dernier tiers du XXe vers une multitude de destinations-soleil exotiques comme le Mexique, les Philippines, l’Indonésie…

Le hic, c’est que ce processus de délocalisations répétées, qui résout le problème des hausses de salaire dans certaines régions en recherchant des salaires plus bas dans d’autres, ne peut pas être infini. Ses possibilités dépendent du nombre de régions où le processus de déruralisation et de prolétarisation n’a pas encore été achevé. Or, ce processus mondial de marchandisation du travail est pratiquement achevé. On retrouve des sociétés précapitalistes seulement dans quelques régions parmi les plus lointaines et inaccessibles du globe. Lorsque les travailleurs de ce qu’on appelle communément le tiers-monde s’organiseront comme tous les autres travailleurs avant eux (et c’est déjà commencé), ils finiront par obtenir des hausses salariales après quelques décennies de lutte.

Et quand ça se produira, on assistera globalement à une hausse effective du salaire réel des travailleurs qui créera une contrainte si forte sur le profit qu’il deviendra presque impossible. Faudra alors dire bye bye au capitalisme…

Raison #3: les crottés vont nous ruiner avec leurs demandes farfelues et irresponsables

Cette troisième tendance, plus récente que les deux premières, est liée à la situation politique globale. Dès le XIXe siècle, plusieurs mouvements sociaux égalitaristes se sont développés. Les pauvres et les ouvriers ont pu arracher diverses concessions qui leur ont été octroyées dans le but de limiter leurs revendications.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, la population considère comme normal un certain niveau de dépenses des États comme réponse à ses revendications, qui sont de trois ordres: l’éducation pour les enfants, la santé pour toute la famille et a sécurité sociale, c’est a dire le revenu minimal à vie.

Or, le coût de ces dépenses est non seulement énorme, mais en hausse continuelle, parce que les gens d’aujourd’hui exigent le double de ce qu’ont exigé leurs parents (à ne pas parler de leurs grands-parents) et leurs enfants s’attendent à encore davantage, davantage de dépenses d’éducation, davantage de dépenses de santé et davantage de dépenses pour le revenu minimal. De plus, ces revendications s’étendent géographiquement, les demandes n’émanent non plus seulement de l’Europe et de l’Amérique du Nord mais également de Chine, des Indes, de l’Afrique et de l’Amérique latine.

Comment ces dépenses seront-elles financées? Inévitablement à travers l’action de l’État, par l’impôt, car c’est la seule façon de faire qui ne menace pas directement le système. On peut d’ailleurs observer une tendance de longue durée à la croissance continue de l’impôt. Résultat: une crise fiscale des États entraînant la constitution de mouvements anti-impôts avec souvent le paradoxe que ce sont ces mêmes personnes qui revendiquent plus de dépenses d’éducation et de santé. Les États sont donc placés devant une impasse: on ne peut pas augmenter l’imposition des entreprises parce qu’une telle augmentation limite la productivité et le profit; on ne peut pas augmenter l’imposition des individus parce que c’est trop coûteux politiquement, ni diminuer radicalement les dépenses sociales pour la même raison.

Devant cette impasse, la réponse des capitalistes à la crise fiscale des États est le néolibéralisme, un mouvement politique et idéologique des quarante dernières années qui s’est principalement attaqué à trois cibles: la réduction du coût réel du travail, la minimalisation des dépenses ayant un rapport avec les questions liées à l’environnement et l’internalisation des coûts, et la réduction des dépenses publiques de bien-être. Lorsque l’on fait le bilan des politiques néolibérales, et ce même au Royaume-Uni et aux États-Unis (les deux pays de pointe sur ces questions) force est de constater que la réduction des coûts a été relativement faible, et que la réaction politique a été très forte. Les chances de réussite, voire de survie du néolibéralisme politique semblent très faibles, ne serait-ce que parce que son discours n’est pas très attrayant (du genre «Faisons des sacrifices pour rester compétitifs») ni mobilisateur, dans le sens électoral du terme.

Résultat, la hausse des coûts des dépenses sociales restera hors de contrôle, ce qui exercera une contrainte insoutenable sur les possibilités de profits à moyen terme. Ajoutez à cela la hausse des coûts du travail et l’internalisation des coûts des marchandises… et dites bye bye profits et bye bye capitalisme.

Raison #4: l’État fout l’camp, y’a plus d’profits

Contrairement aux idées reçues et à ce que la presse peut vous raconter, les capitalistes ne s’opposent pas à l’étatisme, bien au contraire. En fait, l’État est le meilleur ami du capitaliste — et le libre marché une situation fictive à promouvoir idéologiquement, mais à éviter coûte que coûte dans la réalité.

Un capitaliste veut vendre ses produits afin de réaliser le maximum de profit possible et d’accumuler du capital. Quel est son plus grand adversaire dans la réalisation du profit maximum? Ses concurrents, qui ont exactement le même objectif. Dans un marché parfaitement libre où l’information est parfaite — ce qui n’arrive jamais — aucun vendeur ne peut réussir à réaliser un profit substantiel puisque chaque acheteur peut passer de vendeur en vendeur en cherchant le prix le plus bas, jusqu’à ce qu’il trouve celui qui accepte de vendre pour le prix de production plus une grosse cenne noire. Dans ces conditions, l’accumulation est impossible et le capitalisme impraticable.

Donc, la prochaine fois qu’un idéologue libertarien se lancera dans une tirade lyrique sur les bienfaits du marché, je vous donne la permission de vous foutre gentiment de sa gueule parce que le marché est l’ennemi du profit. Évidemment, tout capitaliste a besoin d’un marché pour vendre et ne veut pas que l’État l’empêche de maximiser ses profits. Mais ça ne veut pas dire qu’il souhaite que le marché soit entièrement libre. Il veut plutôt se positionner dans un marché où il sera privilégié par rapport à ses concurrents.

Et qui peut lui offrir un tel marché? Seulement l’État, en créant des quasi-monopoles pour certains capitalistes triés sur le volet. Comment? Par son système des brevets, qui permet à une entreprise de garder les droits d’exploitations d’un produit pendant certain nombre d’années. Par sa législation réglementaire, dont l’effet est de favoriser la création de quasi-monopoles, puisque les coûts de la réglementation sont plus faciles à supporter pour les grandes entreprises que pour celles de taille petite et moyenne — fragilisant ainsi des concurrents déjà marginaux. Par ses opérations de renflouement, où il accepte de couvrir les pertes des grandes entreprises afin de les maintenir en activité, au nom de la sauvegarde des emplois — ce qui transforme le marché libre transforme en un système de socialisation des pertes et de privatisation des profits. Par son pouvoir d’achat, surtout dans les domaines militaires, où la préférence va aux grandes firmes, considérées comme plus sûres et plus fiables. D’ailleurs, ce n’est pas innocemment que les activités de l’État dépassent systématiquement les prévisions budgétaires: surpayer les fournisseurs, c’est octroyer d’énormes marges de profit et favoriser le fonctionnement du capitalisme sur le territoire national.

«Mais la mondialisation?» me direz-vous. En effet, n’est-ce pas le désir des capitalistes de créer un marché mondial libre, hors de portée du pouvoir juridique des États nationaux? Évidemment, il est sans grand intérêt de disposer d’un monopole parfait au niveau national si la concurrence extérieure est trop sévère. Mais il ne faut pas oublier que ce que l’on nomme mondialisation est un processus négocié non pas par les entreprises capitalistes, mais par les États eux-mêmes — selon les termes des États puissants et au détriment des États des pays pauvres. En vérité, les mécanismes fondamentaux du capitalisme international n’ont guère changé depuis cinq cents ans: un État puissant exerce toujours des pressions politiques, économiques et même militaires pour forcer l’entrée des marchés des pays pauvres, ce qui permet à ses industries bien rodées d’éliminer les concurrents indigènes faibles. On aboutit au monopole de fait de l’industrie forte du pays puissant. Un État peut aussi préserver un monopole sur le marché mondial en interdisant la vente de technologies avancées et stratégiques à l’extérieur (c’est d’ailleurs en ce sens qu’on doit comprendre l’obsession des gouvernements à freiner «l’exode des cerveaux»).

Bref, le capitalisme n’aurait pu ni voir le jour ni se développer sans un constant soutien des États. Le problème, c’est que l’État fort, pilier du capitalisme, s’effrite. Et c’est encore la faute des pouilleux et des crottés que nous sommes.

En Occident, après les révolutions américaine et française, les concepts de liberté individuelle et de souveraineté du peuple se sont graduellement normalisés. La situation devint potentiellement révolutionnaire, puisque le droit divin ou héréditaire ne suffisait plus pour justifier l’existence et l’action de l’État. Des idéologies politiques ont émergé de manière à contenir la population et ainsi limiter les dégâts, c’est-à-dire préserver l’État fort si vital au capitalisme. Diverses doctrines sont ainsi apparues: le conservatisme à droite, du libéralisme au centre, le socialisme à gauche. Vers le milieu du siècle, il s’est avéré que le libéralisme était l’idéologie la plus apte à répondre aux intérêts des capitalistes, si bien que le conservatisme et le socialisme sont devenus des avatars, des variantes du libéralisme, en acceptant la nécessité de diriger l’État dans le but de faciliter l’accumulation capitaliste en créant des conditions de quasi-monopole.

Ainsi, tous les discours politiques se sont partagé un thème récurrent de la modernité, le leitmotiv prométhéen du capitalisme: l’idée de progrès. Tant les libéraux que les conservateurs et les socialistes ont promis un avenir radieux pour tous et ont offert l’espérance d’une situation meilleure en échange d’une certaine patience. La gauche parlementaire, électoraliste et étatiste, qu’elle soit révolutionnaire ou réformiste, communiste, social-démocrate ou tiers-mondiste, a tenu en substance le même discours que les libéraux: «ayez confiance en nous, ayez confiance en nos experts, qui sauront gérer l’État pour orienter le progrès à votre avantage».

Après la Première Guerre mondiale, les partis de la gauche adoptent tous une même stratégie en deux étapes, à savoir la prise du pouvoir étatique dans chaque État séparément, puis, dans un deuxième temps, la transformation du monde. La première étape fut un succès indéniable, puisque de 1945 et 1970, presque tous les gouvernements sont conquis par une version ou l’autre du socialisme étatiste. En simplifiant grossièrement, on peut dire que le tiers du monde (l’Est) voit les partis communistes au pouvoir, un autre tiers (le Sud) les mouvements de libération nationale et le dernier tiers (l’Ouest) les partis sociaux-démocrates au moins par alternance, mais dans une situation telle qu’ils étaient hégémoniques, puisque les partis conservateurs prônaient des programmes au contenu quasi social-démocrate.

Mais les partis de gauche n’ont pas livré la marchandise, n’ont pas tenu leurs promesses. L’écart entre les riches et les pauvres s’est aggravé, et les appareils d’État, loin de se démocratiser, sont restés entre les mains d’une élite agissant au profit d’une élite. Le mouvement spontané de contestation des années soixante, en plus d’être une protestation contre la politique des blocs de la guerre froide, fut plus fondamentalement une protestation contre la vieille gauche étatiste et ses promesses d’égalité économique et de démocratie accrue qui ne se sont jamais réalisées. C’est ainsi que la légitimité de l’État a commencé à s’éroder, la population ne croyant plus en la réalisation de changements fondamentaux.

Aujourd’hui, les populations ont tendance à reprendre en main les pouvoirs qui ont été historiquement transférés à l’État, avec, en premier lieu, la protection individuelle. Le phénomène est très visible aux États-Unis et il risque de se propager partout en Occident: la population a de moins en moins confiance en la police, avec pour conséquence une circulation d’armes individuelles, l’érection de véritables murs de protection là où vit la bourgeoisie, la constitution de véritables polices privées, le fait que les parents préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles privées suite à l’insécurité et l’effondrement des écoles publiques. Avec la privatisation de la protection, la privatisation de l’éducation, privatisation des coûts médicaux, la privatisation des services publics, on en vient à se demander à quoi sert l’impôt payé à l’Etat! Les gouvernements procèdent à des réductions de l’impôt, et on se retrouve véritablement dans un engrenage fatal qui finira par vider l’État de toutes ses sources de légitimité.

Cette tendance aboutira inéluctablement au déclin, à la dérégulation de l’État avec le déclin relatif de ses pouvoirs. Cela ne va rien rapporter au capitaliste, la désagrégation de l’État rendant impossible l’imposition de véritables monopoles. Il faudra alors dire bye bye profits… et bye bye capitalisme.

« Le progrès ? Quel progrès ? »

Grâce à ma boule de cristal (fabriquée par des ouvrières chinoises pour un salaire de misère), j’ai pu dégager quatre problèmes majeurs qui posent un défi si immense au capitalisme qu’il serait fort surprenant qu’il puisse en survivre. Les trois premiers problèmes entraînent une diminution radicale du taux de profit, alors que le quatrième, la désagrégation de l’État, rend très ardue, voire impossible la possibilité de contrarier les trois autres tendances.

Mais si le capitalisme meurt, que va-t-il se passer? Quel ordre économique et social émergera pour le remplacer? Personne ne peut le prévoir. Ni vous, ni moi, ni Marx, ni Milton Friedman, ni José Bové. Absolument rien ne peut garantir que la situation va s’améliorer. Et ceux qui affirment le contraire sont, pour la plupart, aveuglés par le grand mythe capitaliste du progrès.

L’idée de progrès naît à l’époque moderne au même moment où émergent les économies capitalistes. Cette idée a servi de justification à l’écrasement de l’opposition au développement de la marchandisation lors de la transition du féodalisme au capitalisme. L’idée de progrès a même servi à balayer les aspects les plus noirs du capitalisme en présentant ses bienfaits comme supérieurs à ses méfaits, parce qu’ils allaient dans le sens de la marche irréversible au progrès. Pour ma part, je suis convaincue qu’il est tout simplement faux d’affirmer que le capitalisme, comme système historique, a représenté un progrès par rapport aux autres systèmes antérieurs qu’il a détruits ou transformés. Choquant, non? Pourtant…

On dit que le capitalisme a bouleversé les capacités physiques de l’humanité, notamment les pouvoirs technologiques à sa disposition. Le rendement de l’énergie humaine a constamment augmenté en termes de produits résultants. Mais on ne dit pas dans quelle mesure cela a représenté une augmentation de l’énergie que l’humanité a consacrée à la production, aussi bien à l’unité de temps de travail que sur la durée d’une vie humaine. En fait, tout porte à croire que le fardeau du monde n’ait pas été moins lourd sous le capitalisme historique que sous les régimes sociaux antérieurs depuis le début du néolithique.

On dit que le capitalisme a apporté non seulement un niveau de vie sans précédent, mais aussi une importante possibilité de choix de modes de vie pour les populations soumises à ce régime social. Mais on ne nous dit pas que cette évolution est valable pour une portion extrêmement limitée de la population humaine, essentiellement les classes moyennes et supérieures minoritaires des sociétés dites avancées d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord.

Étudier l’histoire, c’est constater que le monde actuel n’est, de toute évidence, à peine plus libre ou plus égalitaire que le monde d’il y a mille ans. C’est constater que pour la proportion grandissante des populations mondiales qui vivent dans les zones rurales, ou dans les bidonvilles urbains, la situation est bien pire que celle de leurs ancêtres d’il y a cinq cents ans. Ils se nourrissent moins bien et ont une alimentation moins diversifiée. Leur espérance de vie après l’âge d’un an s’est à peine améliorée. La plupart d’entre eux travaillent un plus grand nombre d’heures pendant toute la durée de leur vie, pour un revenu total inférieur.

Et ce n’est pas tout. Le capitalisme a développé un carcan idéologique oppressif et humiliant qui n’avait jamais existé auparavant. Il a institutionnalisé la xénophobie pour la transformer en racisme, et le patriarcat pour le transformer en sexisme, tout ça pour mieux segmenter la force de travail, pour mieux reléguer les femmes à la sphère du travail improductif, et ainsi maximiser les profits.

Finalement, plus j’y pense, plus le capitalisme m’apparaît absurde. On y accumule du capital sans autre but… qu’une accumulation supplémentaire de capital. Un capitaliste ressemble à un rat albinos dans un pet shop, qui tourne dans sa roue de plus en plus vite dans la seule fin de sourire encore plus vite. Évidemment, les privilégiés du capitalisme vivent très bien, mais même les grands bourgeois paient très cher en termes de temps consacré à acquérir les moyens financiers d’accéder aux objets de leurs jouissances.

Le capitalisme est absurde. Le capitalisme n’a jamais représenté un progrès. Comment alors croire que le système qui le remplacera après sa mort sera nécessairement meilleur, plus juste, porteur de plus de liberté? Je le répète, seuls ceux qui ont été gavés par l’idéologie autojustificatrice du progrès sécrétée par le capitalisme peuvent le croire sincèrement. Et je ne pense pas qu’aux marxistes…

Personne ne peut prévoir ce qui succédera au capitalisme. Cela dépendra de ce que feront les acteurs du monde. Pensez à l’Europe des XIVe et XVe siècles, alors que s’éteignait le système féodal. Pensez à la crise fondamentale qui ébranlait les assises fondamentales de ces sociétés: ses classes dirigeantes se détruisaient mutuellement à un rythme rapide, son système foncier et économique s’effondrait, le ciment idéologique que fournissait le catholicisme s’écaillait, des mouvements égalitaristes prenaient naissance dans le giron même de l’Église. Le système se décomposait de toutes parts. Une reconsolidation du système médiéval s’avérant impossible, la société européenne aurait très bien pu évoluer vers un système relativement égalitaire de petits producteurs, avec un laminage de l’aristocratie et une décentralisation importante des structures politiques.

Mais cette possibilité, alors bien réelle, devait consterner et effrayer les classes dirigeantes, surtout depuis qu’elles sentaient leur armure idéologique se désintégrer. Il fallait trouver de nouvelles institutions pour préserver l’essentiel: une société basée sur des liens de domination hiérarchique. Et c’est ce qui s’est produit. Vers le milieu du XVIIe siècle, les institutions fondamentales du capitalisme sont en place et déjà consolidées, les mouvements égalitaristes ont disparu, les couches dirigeantes ont de nouveau fermement en main le contrôle de la situation politique, et on peut même observer une continuité entre les familles qui composaient l’élite en 1450 et celles qui la composent en 1650. Personne ne s’est fait le porte-parole du projet que suggère cet enchaînement d’événements. Mais qui peut nier que l’établissement du capitalisme a renversé une évolution qui faisait frémir les classes dirigeantes, pour lui en substituer une qui correspondait beaucoup mieux à leurs intérêts? C’est pour cette seule et unique raison que le capitalisme, tout absurde qu’il est, prend toute sa raison d’être.

Il n’est donc pas absurde de croire que les capitalistes et ceux qui jouissent d’une position privilégiée vont essayer de nous refaire le même coup, c’est-à-dire changer tout afin de ne rien changer… et nous offrir un modèle de société tout neuf qui ne sera pas capitaliste, mais malgré tout inégalitaire, hiérarchique et liberticide.

Je déteste jouer les Cassandre, mais je crains que les cinquante prochaines années soient difficiles pour la plupart d’entre nous. Une période d’énorme insécurité personnelle, une période noire faite d’incertitudes et de chaos d’où naîtront un ou plusieurs nouveaux ordres d’une nature que l’on ne peut encore prévoir. Mais ce sera aussi une période où l’avenir sera ouvert, où tous celles et ceux qui croient en la liberté humaine auront la possibilité de lutter pour que l’issue soit porteuse de plus de liberté pour tous.

Catégories :Crise de larmes

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Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

73 réponses

  1. Je vais devoir relire ce texte à quelques reprises avant de pouvoir le commenter un tant soit peu intelligemment. Petite réaction, quand même :

    «Et qui peut lui offrir un tel marché? Seulement l’État, en créant des quasi-monopoles pour certains capitalistes triés sur le volet.»

    Pour moi, il manque une étape, soit le droit de propriété, aussi créé par l’État. Le droit de propriété est en effet la base sans laquelle l’apparition du capitalisme et des «marchés» aurait été impossible. Dans toute vente ou transaction, le principe de base est le transfert de propriété. Pour ce, le droit de propriété doit être reconnu et défendu.

    Dans le fond, les libertariens doivent leur sacro sain «libre» marché à l’État. Juste d’y penser, je rigole…

  2. Tout n’est pas mauvais dans le capitalisme. Les problèmes actuel du capitalisme viennent de ceux qui contrôle les capitaux.

    Les États sont souverains, ils impriment leur argent mais n’en contrôle pas la distribution. Ce sont des entreprises privées, les banques, qui ont ce pouvoir.

    La valeur de l’argent n’est pas basé sur la richesse d’un État, la richesse de sa production. Les banques créent constamment de l’endettement ce qui a pour effet d’appauvrir les citoyens pour enrichir quelques grand monopole de capitaux.

  3. Bonjour Mademoiselle Archet,

    Bel exposé, intéressant, on y retrouve toutefois quelques crudités, semble correspondre à un véhicule d’expression privilégié par certaines personnes, ou groupes, n’y vois pas personnellement une grande utilité, ça doit rejoindre une certaine sensibilité, favoriser l’instinct grégaire j’imagine. Je note aussi que je trouve de possibles avenues de réponse à la question de barzach, notamment à partir de la ligne:

    « Personne ne peut prévoir ce qui succédera au capitalisme. »

    Intéressant, je sens que, sans prophétisme, nous parviendrons peut-être un jour à poser des hypothèses, établir des théorèmes, les évaluer, en privilégier un ou quelques uns, investir nos ressources dans cette direction, nous y rendre.

  4. Chère Anne ne vois-tu rien venir ?

    …, ce tutoiement n’est qu’un rappel. Rien ne change mais si tout évolue.
    Vous avez raison de croire que les capitalistes et ceux qui jouissent d’une position privilégiée vont essayer de nous refaire le même coup, c’est-à-dire changer tout afin de ne rien changer… et nous offrir un modèle de société tout neuf qui ne sera pas capitaliste, mais malgré tout inégalitaire, hiérarchique et liberticide…., à ceci près que depuis le Jeu de Paumes, c’est parce que nous leur aurons donné ce pouvoir.

    La mécanique fiscale et sociale d’inoppression active permet au citoyen, s’il est suffisamment éclairé pour chercher à comprendre la logique de l’Economie, de comprendre qu’il lui faut voter aux prochaines législatives pour les représentants d’un mode d’enjeu qui garantisse la liberté avec des moyens sonnants et trébuchants.

    Tant que le citoyen choisira ses députés chez les copains qui peuvent lui arranger un coup ou parmi les représentants des partis qui TOUS, choisissent les privilèges, l’évolution risque d’être fort implosive…, pour finir en explosion qui fait toujours des morts de toutes parts.

    Je ne vois pas pourquoi vous limitez votre pessimisme aux cinquante prochaines années : Comptez-vous sur vos enfants pour changer les choses ? Vous, l’Economie vous demande trop d’effort pour que vous vous y engagiez ? La politique ne serait votre bol de riz que pour dénoncer ce qui ne va pas ? ou bien les chiffres budgétaires vous ennuient tant que vous préférez que la misère continue ?

    Vous qui annoncez une période noire faite d’incertitudes et de chaos d’où naîtront un ou plusieurs nouveaux ordres d’une nature que l’on ne peut encore prévoir, sachez qu’à ne pas œuvrer dans le concret pour installer à l’Assemblée Nationale les prosélytes d’une méthode qui enlève la misère, vous feriez le lit du diable …, il faut bien lui donner son nom.

    Quand « Stanislas Denis » à qui Maillard ressemble comme 2 gouttes d’eau bien qu’il garde la-dessus le silence, a jeté une planche sur le fossé de la Bastille le 14 juillet 1789 espérait-il que la dictature de l’argent sous ses formes de l’époque disparaisse ? D’après ce que j’ai compris, il venait seulement défendre un « droit commun » dont le sort était injustement scellé. Il luttait contre l’injustice, activement et c’est tout.

    Tout cela pour vous dire que je crois que l’important c’est d’être en marche, CONCRETEMENT, que l’avenir dépend de nous tous, hélas principalement des lâches qui ont trop peur pour réagir.

    La PEUR, c’est une des pierres angulaires de la misère du Monde, qui génère chez les pauvres la lâcheté et chez les riches, l’objétisation qui va jusqu’au crime. Et si nous mettions ensemble le moteur pour ne plus avoir peur, vous savez, ce truc gadget qui vous garantit de pouvoir vivre librement et dignement quoi qu’il advienne, qui permet de ne plus voler le sac à main des petites vieilles pour survivre ni de trafiquer avec la drogue et je ne parle pas du travail au noir, parce que ça c’est pour les courageux

    Comment ça s’appelle déjà ? Le revenu d’existence ? C’est çà ? Vous croyez que c’est possible un truc comme çà ? Cà vaut vraiment le coup de voir comment ça marche…, et si c’est le bon moteur face au progrès, est-ce que ça vaut le coup de s’investir ?

    Sœur ANNE, tu m’as vu venir ?

    Félicitation pour votre analyse, PARFAITE !

    Hermes

  5. Méditant, je sens que monte l’idée de l’abolition du capitalisme, son dépérissement si on préfère le dire autrement, plutôt que la mise au rancart de la notion d’état, soit une forme ou une autre de pouvoir plus ou moins institutionnalisé, peut-être pour ça que ça achoppait tant que ça avec la question de barzach, pensez-vous peut-être?

    Ah! Les définitions! Peuvent être contraignantes, mais elles permettent parfois d’un peu mieux s’entendre.

    Votre canaillou

  6. Hum, lisant, lisant… Pourquoi être pessimiste? Tout va pour le mieux dans le meilleurs des mondes possibles, non? Et si un lion était un lion, et ne pouvait devenir une gazelle ou un vermisseau?

    À moins de favoriser, voire fantasmer, à l’idée d’une plus qu’improbable élévation du niveau de conscience, ou un changement radical de ce que serait l’espèce humaine, ne sommes-nous pas contraints d’admettre que la vaste majorité, tous?, des humains est essentiellement mue par des mécanismes de survie des plus élémentaires? Tous ne sont pas des tigres il me semble… Peut-on ne pas penser que des plus petits et mesquins, des rats par exemple…, il s’en trouvera toujours? Ces créatures, qui peuvent avoir leur utilité ou leurs bienfaits, dans une certaine forme d’encadrement possiblement, ne trouveront-elles pas toujours le moyen de s’approprier les rênes du pouvoir?

    Et si les humains, comme tout le reste, étaient fondamentalement inégaux? Et si tout et toujours tout le temps était toujours sujet à discrimination, distinctions, nuances, y compris les humains? Peut-on dès lors essayer d’identifier et élaborer un sytème qui tiendrait compte de cette réalité diverse et multiple, plutôt que de toujours vouloir s’en remettre précipitamment à des fictions tendant, trop souvent, selon moi, vers de la terrible simplification?

    Ouep, peut-être serait-il bon d’aborder notamment ce genre de choses au coin d’un petit feu, doucement à la campagne, les étoiles se mêlant aux ébats.

    Votre canaillou

  7. Le petit-bourgeois au service de l’État Louis-Marie Pelletier a affirmé la chose suivante : « Tout n’est pas mauvais dans le capitalisme. Les problèmes actuel du capitalisme viennent de ceux qui contrôle les capitaux. »

    Devinez qu’est-ce qui génère justement ces problèmes en raison de ses mécanismes intrinsèques. Certainement pas la « nature humaine » !

  8. Je partage en partie ton analyse, Anne Archet, mais contrairement à toi, je ne pense pas que le capitalisme va s’écrouler de lui-même d’ici peu. Je pense qu’il sera suffisamment résilient pour faire face à la rareté des ressources naturelles et aux désastres écologiques. Il serait possible pour le capitalisme de fonctionner en circuit fermé à l’intérieur d’une économie circulaire. Il pourrait aussi trouver un équilibre en négociant simultanément avec des communautés de régions différentes qui se livreraient à une concurrence salariale. Je crois que c’est l’effondrement de l’État qui pourrait en revanche menacer le plus le capitalisme. Dans les circonstances actuelles, je ne pense pas que l’État pourrait complètement s’effondrer, en revanche. Je pense qu’il pourrait continuer d’élaguer ses responsabilités sociales et finir par se concentrer uniquement sur ses devoirs traditionnels: la défense du territoire et la protection de la propriété. Les impôts finiraient par servir surtout à rembourser les dettes de l’État – donc à faire vivre dans l’opulence les créanciers – et à la rigueur à instaurer une sorte de péréquation entre entreprises par le biais de subventions gouvernementales.

    La situation sera intenable chez la majorité mais le pouvoir aura le temps de se raffiner à un point tel que la révolte deviendra aussi impossible que l’émancipation à l’intérieur du système. Je pense bien que cette situation le capitalisme pourrait se maintenir.

    Maintenant, il est sans doute statistiquement possible que le capitalisme s’effondre. Mais selon moi le système n’est pas voué à la destruction par nature. Il peut disparaître par un concours de circonstances.

  9. @L’Agitateur

    « Le petit-bourgeois au service de l’État Louis-Marie Pelletier »

    Oui, mais bon…il y a pire que lui.

    « Devinez qu’est-ce qui génère justement ces problèmes en raison de ses mécanismes intrinsèques. Certainement pas la « nature humaine » ! »

    Ah, là-dessus, je suis d’accord!

  10. @Mouton Marron

    « Je partage en partie ton analyse, Anne Archet, mais contrairement à toi, je ne pense pas que le capitalisme va s’écrouler de lui-même d’ici peu. »

    Sauf ces considérations temporelles, je ne vois pas en quoi ton analyse contredit ce que dit Anne Archet ici.

  11. « Pour moi, il manque une étape, soit le droit de propriété, aussi créé par l’État. Le droit de propriété est en effet la base sans laquelle l’apparition du capitalisme et des «marchés» aurait été impossible. Dans toute vente ou transaction, le principe de base est le transfert de propriété. Pour ce, le droit de propriété doit être reconnu et défendu. »

    Oui, mais je ne crois pas que ça contredit ce que dit Anne Archet ici.

    « Dans le fond, les libertariens doivent leur sacro sain «libre» marché à l’État. Juste d’y penser, je rigole… »

    En effet…et personnellement, je ne peux pas considérer un tel marché comme étant « libre ».

  12. @Louis-Marie Pelletier

    « Les États sont souverains, ils impriment leur argent mais n’en contrôle pas la distribution. Ce sont des entreprises privées, les banques, qui ont ce pouvoir. »

    Prônez-vous le monopole étatique de la distribution de monnaie?

    « La valeur de l’argent n’est pas basé sur la richesse d’un État, la richesse de sa production. Les banques créent constamment de l’endettement ce qui a pour effet d’appauvrir les citoyens pour enrichir quelques grand monopole de capitaux. »

    Tout cela a cause du monopole étatique sur la création de monnaie. Les banques ne pourraient pas créer eux-mêmes des réserves fractionnaires sans les interventions de la banque centrale dans la politique monétaire.

  13. Tiens tiens, voilà que L’Agitateur m’affuble du sobriquets « Petit bourgeois au service de l’état ».

    J’imagine qu’il dit ça parce que je suis un fonctionnaire de l’État Québécois. En quoi cela m’empêcherais de donner mon opinion. Je fais partie d’un système qui n’est certainement pas parfait mais qui a aussi du bon.

    Je ne suis pas un « yes man ». J’aime être critique de moi-même et aussi du milieu dans lequel je gagne ma vie. J’ai l’expérience d’avoir été propriétaire d’entreprises, d’avoir été travailleur autonome, d’avoir travaillé dans le milieu de la finance. Je sais ce que c’est que d’être syndiqué et aussi de négocier avec des syndicats.

    Quand à vous M. Gendron, vous dites qu’il y a pire que moi. Ah bon! Ils ne sont pas chanceux. ;-)

  14. @Louis-Marie Pelletier

    « J’imagine qu’il dit ça parce que je suis un fonctionnaire de l’État Québécois. »

    Oui

    « En quoi cela m’empêcherais de donner mon opinion. »

    En rien selon moi, mais ça peut laisser l’impression d’un parti pris étatiste (quoiqu’il ne faut pas mettre tous les fonctionnaires dans le même panier).

    « Je fais partie d’un système qui n’est certainement pas parfait mais qui a aussi du bon. »

    Bien sûr, c’est pire que dans bien des endroits, je le sais.

    « Je ne suis pas un “yes man”. J’aime être critique de moi-même et aussi du milieu dans lequel je gagne ma vie. J’ai l’expérience d’avoir été propriétaire d’entreprises, d’avoir été travailleur autonome, d’avoir travaillé dans le milieu de la finance. Je sais ce que c’est que d’être syndiqué et aussi de négocier avec des syndicats. »

    Ce ne changera rien à ce que pense L’Agitateur, voire même l’empirer…

    « Quand à vous M. Gendron, vous dites qu’il y a pire que moi. Ah bon! Ils ne sont pas chanceux. ;-) »

    Parce que j’ai l’impression qu’il possible de discuter avec vous…à tout le moins avec votre personnage de blogue…

  15. @David Gendron

    Louis-Marie Pelletier, n’est pas un personnage. Cyberlou33 peut l’être parfois mais les deux sont liés et ne font qu’un. Je ne joue pas un jeu et je ne me cache pas le visage ou même mon identité derrière une fausse image ou un pseudonyme.

    Pour ce qui est de mon état de fonctionnaire, ce que je reproche le plus au système c’est la manière dont nous sommes gérés. Mais je vous assure que les gouvernements de droite ne font pas mieux. Dès que l’État gère quelques choses qu’il soit de gauche ou de droite, c’est souvent catastrophique.

    Et finalement, il est possible d’avoir une discussion avec moi. C’est d’ailleurs ce que j’aime le plus, discuter, confronter et être confronté.

    Là-dessus je vous quitte car je dois aller dormir, cette nuit je dois gagner ma vie de fonctionnaire.

  16. Monsieur Louis-Marie Pelletier,

    Lorsque je vous qualifie de petit bourgeois au service de l’État, ce n’est pas en raison de votre travail au sein de l’État, mais plutôt en raison de vos pratiques sociales et politiques qui convergent très exactement avec la pensée libérale.

    Et cette pensée est non seulement désuète, mais condamnée à nous aliéner dans cette conscience que le capitalisme est éternel, immuable et transhistorique, que les problèmes résident dans la « nature humaine » et qu’il n’y a aucune alternative possible.

    Bref, de la merde en canne facile à gober lorsqu’on ne connaît pas l’Histoire.

  17. Je devais aller me coucher mais je vais prendre le temps de répondre @L’Agitateur.

    « Lorsque je vous qualifie de petit bourgeois au service de l’État, ce n’est pas en raison de votre travail au sein de l’État, mais plutôt en raison de vos pratiques sociales et politiques qui convergent très exactement avec la pensée libérale. »

    Qu’elles sont mes pratiques sociales et politiques qui vous font dire ça?

    « Et cette pensée est non seulement désuète, mais condamnée à nous aliéner dans cette conscience que le capitalisme est éternel, immuable et transhistorique, que les problèmes résident dans la « nature humaine » et qu’il n’y a aucune alternative possible. »

    Et quand ai-je dis que le capitalisme était éternel? Il me semble n’avoir jamais défendu cette idée.

  18. Une affirmation:
    « Étudier l’histoire, c’est constater que le monde actuel n’est, de toute évidence, à peine plus libre ou plus égalitaire que le monde d’il y a mille ans. C’est constater que pour la proportion grandissante des populations mondiales qui vivent dans les zones rurales, ou dans les bidonvilles urbains, la situation est bien pire que celle de leurs ancêtres d’il y a cinq cents ans. Ils se nourrissent moins bien et ont une alimentation moins diversifiée. Leur espérance de vie après l’âge d’un an s’est à peine améliorée. »

    Des faits qui la contredise :
    http://www.gapminder.org/ et cliquez sur Gapminder World

    Ce qui ne signifie pas que tout va bien madame la marquise. Mais vouloir absolument noircir le tableau relève du dogmatisme plutôt que d’un véritable souci de compréhension du monde.

  19. Sans vouloir vous offenser, barzach, il y a autant de statistiques qui vont dans un sens que dans l’autre Et l’interprétation de ces statistiques dépend de ce qu’on conçoit comme étant un progrès. De plus, ce sont des statistiques nationales, compilées selon des méthodologies différentes et qui ne sont disponibles, pour les régions les plus pauvres, surtout sur une cinquantaine d’années (alors que ce que AA raconte est sur mille ans).

  20. à l’archet d’anne anar qui s’est tu

    de tout cela il ressort que c’est la peur qui donne le pouvoir aux oppresseurs, qui fait taire les 2ème et 3ème cerveaux pour que ne vive plus que le cerveau reptilien de la survie…, celui-là même qui rend les gens lâches, par nécessité organique, pour perpétuer l’espèce…, qui espère que ses enfants agiront ?

    Salut Arnar chic ! disais-je avant que vous ne zappiez l’envoi suivant qui a peut-etre été effacé par erreur ?
    De democratia

    Si la démocratie n’est pas un moyen de libérer les individus, mais une façon particulièrement efficace de les asservir en obtenant leur consentement c’est parce qu’elle n’est pas éclairée, c’est par ce que les gens avalent des couleuvres et même qu’ils s’en régalent, c’est leur dessert tant que ça ne les dessert.

    Quant-à ceux qui sont mort pour la démocratie, louis XVI est de ceux là qui l’ont tant provoquée sans savoir l’organiser qu’il en a perdu la tête, ça doit nous le remettre sur les épaules. Les soldats qui sont mort pour elle n’ont pas eu le temps de s’en apercevoir. C’était un verre de gnaule et fonce ! un jeu à qui perd gagne où des joueurs se provoquent et s’amusent, tant ils se connaissent bien à sacrifier les vies de gens qui s’entretuent sans se connaître.
    Malgré tout, si l’oppression est inhérente au principe étatique c’est d’abord parce qu’on choisit que ce soit ainsi. Si vous mettez en place l’Inoppression Active, ce n’est plus vrai du tout : dans ce cas c’est l’Inoppression, la Liberté et la dignité individuelles qui deviennent inhérentes au principe étatique.

    « l’apparence est au cœur de l’exercice démocratique; » dites-vous , à vous de dépasser l’apparence en mettant en avant le mode d’enjeu

    Si vous lisez l’Inoppression Active, vous n’aurez plus à vous plaindre que la démocratie soit une arnaque sauf à la refuser pour ne pas permettre l’épanouissement de la liberté individuelle. Et là c’est à vous de choisir ! L’avenir est aussi entre vos mains.

    Je suis fondamentalement réaliste et je suis pour que vive la démocratie la plus directe qui soit. Pour cela, faut-il un miracle, faut-il en abandonner l’espoir car ce serait une impossible utopie, ou faut-il organiser sa capacité d’exister ? ? La réponse c’est à chacun de l’apporter et voter en conscience…, si ça existe, la conscience !

    J’avais oublié la réponse SI, ça existe mais pas chez tout le monde, n’est-ce pas ?

    C’est promis je ne reviens plus vous ennuyer !

  21. Il vient toujours traditionnellement un petit bureaucrate … « La bureaucratisation du monde », un livre de Bruno Rizzi, interdit par les nazis et curieusement introuvable aujourd’hui. Pourquoi? Parce que les ancêtres de Louis-Marie Pelletier disaient « tout n’est pas mauvais dans le nazisme; il y a eu des autoroutes ». Ils suivent à présent « l’autre » régime criminel (les guillemets parce qu’il n’y a pas de ruptures entre le nazisme et le présent régime). Pour toutes réponses: « nous serons en paix quand on aura pendu le dernier bureaucrate avec les tripes du dernier capitaliste ».

    Il y a ensuite les délires de gorgonzola et beaucoup de commentaires qui entendent nuancer le propos d’Anne Archet alors qu’il me semble l’essentiel de ce qui doit être dit vient à la toute fin de sa brillante analyse, et de nombreux commentateurs le confirmeront: « Je déteste jouer les Cassandre, mais je crains que les cinquante prochaines années soient difficiles pour la plupart d’entre nous. Une période d’énorme insécurité personnelle, une période noire faite d’incertitudes et de chaos d’où naîtront un ou plusieurs nouveaux ordres d’une nature que l’on ne peut encore prévoir »

    Si vous le permettez les hostilités ont déjà commencée car à toutes forces les gens de pouvoir entendent s’y maintenir et ils font en conséquence des alliances (spectaculaire intégré) qui organisent le gouvernement mondial (g7, mondialisation) et ses nécessaires outils de préventions et de répressions (terrorisme sous toutes ses formes, programmes sécuritaires, technologie, confusion, totalitarisme vert).
    Il y a une donnée psychologique évidente « ils ne lacheront pas le morceaux ». Pour s’en convaincre voyez comme le bureaucrate de service, contre les évidences, ne lache pas le sien parce qu’il a ses congés payés et sa propriété privée.

  22. J’veux pas faire mon prophète de malheur, mais ce qui se dessine ressemble à un corporatisme fasciste mondialisé menée par une aristocratie apatride. Les impératifs écologiques feront émerger un féodalisme post-consommation qui poussera les masses dans une relative indigence, et les nouveaux seigneurs tireront les ficelles à partir de leurs petits paradis isolés. À moins que…

  23. @Louis-Marie Pelletier

    Bon d’accord, si vous n’êtes pas un personnage, ça me va!

    « Mais je vous assure que les gouvernements de droite ne font pas mieux. Dès que l’État gère quelques choses qu’il soit de gauche ou de droite, c’est souvent catastrophique. »

    En fait, les gouvernements soi-disant « drouatistes » sont encore pires!

  24. @ Un passant
    Si vous avez des statistiques fiables qui vont dans l’autre sens, je serais curieux de les connaître. Quand à l’interprétation, vous interprétez comment le fait que depuis 50 ans l’espérance de vie a largement augmenté dans la plupart des pays du monde? Un complot capitaliste ou un progrès? À moins que vous ne soyez uniquement à la recherche de certitudes pour conforter votre modèle apocalyptique? Ou bien c’est le déclin inexorable de l’Occident et la montée en puissance de la Chine et de l’Inde qui vous angoissent?

    « Malheur à moi, je suis nuance! » disait Nietzsche. Voilà qui semble particulièrement vrai par ici quand je vois ce que L-M pelletier se prend dans la figure.

  25. Je ne pense pas que Madame Archet parle d’Apocalypse. Elle parle de la fin du capitalisme et son remplacement éventuel par un autre système qui va préserver ce qui est important pour les élites de ce monde: l’inégalité sociale. Comme à l’époque du passage de la féodalité au capitalisme.

    Je ne suis pas un historien, mais j’ai quand même pas mal lu et de ce que j’en ai compris, le taux de mortalité infantile a baissé depuis les cinquante dernières années, principalement à cause des campagnes de vaccination. Il est toutefois en train de retourner à ses niveaux pré-urbanisation pour l’Asie et l’Afrique; il s’agit d’un rattrapage, pas d’un progrès.

    D’un autre côté, il y a hausse de la mortalité due au VIH et surtout aux maladies liés au progrès — principalement les différentes formes de cancer.

    Voila un article qui date et qui se concentre sur les États-Unis, mais qui illustre bien selon moi le phénomène : http://findarticles.com/p/articles/mi_m1374/is_n3_v56/ai_18292703/

  26. Et en quoi la découverte des vaccins devrait-elle au capitalisme?!? et pas plutôt à l’inventivité des hommes?
    Et s’il faut des donner pour les pitres maniaques de la statistiques nous rappellerons que les guerres font beaucoup plus de morts, qu’il y a la menace nucléaire et que les hommes vivent donc globalement dans un grand sentiment d’insécurité.
    Le capitalisme fait chaque année l’équivalent des morts de la première guerre mondiale.
    Quand aux chiffres ils sont comme toute la propagande à laquelle désespérement s’accroche les stipendiés, aisemment manipulables.
    Nous savons Barzach que tu vis relativement d’un système criminel et plus tu l’ouvres plus nous en sommes convaincus. C’est tout ce que tu parviens à faire…

  27. @ Un passant
    Merci pour les articles. Je n’ai aucun problème avec la démonstration du déclin américain qui y est présentée. Est-ce cela l’aboutissement du développement humain? C’est la question qui est posée et nous convenons tous que d’autres avenues sont possibles.
    Mais si ce modèle est en faillite, je persiste à contester que tout va mal sur la planète et que nous allons tous vers un grand gouffre; en Bolivie, au Brésil, en Inde, en Chine, des millions de personnes sortent de la misère et peuvent concevoir un avenir moins misérable pour leurs enfants. Faut-il leur dire d’arrêter tout cela en chemin car nous, nous nous sommes (par moment) trompés? Alors que nous, tout en disant ça, on a le luxe d’aller au supermarché, à l’école et de vivre jusqu’à 80 ans? Ça me semble intenable comme discours.

    @ Alcara
    Votre galimatias contestataire démontre que vous abusez des médias électroniques. Un bain de réalité s’impose!
    Que vous soyez convaincu d’avoir trouvé la solution à tous les maux de la terre, il est clair que ça vous procure une grande satisfaction. Mais de grâce cessez de pourfendre tous les « manipulables » qui tentent de réfléchir davantage que vous.
    Votre scepticisme est aussi aveugle que la crédulité que vous cherchez bien maladroitement à combattre.

  28. @Barzach. Des gens comme vous ont justifié pendant quarante ans que le nazisme et le stalinisme n’étaient pas totalement mauvais. Maintenant cette descendance s’accroche au capitalisme, « l’autre » régime criminel. Pour une seule raison c’est que vous en vivez relativement bien. Vos « idées » n’en sont pas. Vous parlez depuis votre propriété privée et vos quelques privilèges; lesquels conditionnent que d’autres n’en ont pas et qu’ils souffrent pour cela et qu’ils meurrent. En d’autres temps, en d’autres lieux je vous aurai collé une balle une crâne.

    Plus simplement ce n’est pas le capitalisme mais ce sont les luttes sociales de près de trois siècles qui ont apporté les « bienfaits » que vous attribuez au système. Ce n’est pas le système qui les a généré c’est ce qui l’a combattu. S’il n’y avait pas eu ces luttes des enfants de moins de dix ans travailleraient en France et à Quebec 45 heures par semaines. Ce qui est d’ailleurs le cas dans des contrées lointaines mais plus c’est loin moins ça vous concerne (c’est l’exacte définition que donnait Deleuze « d’être de droite ». A cette différence que nous avons quitté la parenthèse enchantée des années 70 pour entrer dans une période très sombre. De sorte qu’il ne suffit que l’aimable opposition gauche-droite c’est transmuée avec la montée des fascismes concomittante à la mondialisation en une opposion entre les réactionnaires -dont vous êtes – et les autres -que nous sommes -.
    J’appartiens au quart monde barzach. Ce que vous dites vous ne le répéteriez pas parce que vous êtes laches devant des angolais ou des soudanais armés. Vous vous y autorisez parce que la pauvreté en occident il vous semble la connaître et il vous semble pouvoir la juger.
    J’imagine qu’il me serait plaisant d’apprendre que vous êtes enfermés avec des nécessiteux dans un taudis de Montreal et que rien ne vous permet d’en sortir parce que vous avez tenu le même discours et qu’en face, quoique pauvres, ces gens sont assez lucides…. :)

  29. La dernière fois que quelqu’un m’a recommandé, avec beaucoup d’ironie, de sortir c’était une futurologue qui s’était illustrée à la télévision française en faisant l’apologie de puces sous cutanées auprès de jeunes enfants manifestement effrayés…

    En effet il y des gens qui sortent et généralement leurs loisirs sont d’autant plus bons qu’ils participent activement à en faire sortir d’autres, les pieds devant ou à l’hôpital -avec cette spécifité française qu’ils en ont fait sortir 48 000 après les avoir enfermé plusieurs semaines contre leur gré dans les environs de Calais – depuis que certains sortaient par la cheminée on avait pas vu ça en France…..

  30. Héhé, salut ti-fusi poum! poum!, content que vous n’y compreniez rien, m’évitera de perdre du temps avec vos montées de lait.

    Je suis également d’avis que nous n’assistons pas à la fin du monde, n’en déplaise à certains, hé non, époque d’une toute relative insignifiance aussi que la notre, sans grand changement, que voulez-vous. Il y a quelque chose de l’ordre du dépérissement d’un empire, le déclin de l’empire américain, l’occident qui implose plus ou moins, un déplacement des centres du pouvoir vers d’autres lieux, sans plus, sans moins, comme toujours. Et devons-nous pleurer la fin de cette hégémonie, je ne vois pas pourquoi nous le ferions.

    Une différence peut-être, la bêtise étant toutefois toujours très présente en cette espèce, les armes de destruction massive qui existent aujourd’hui. Peut-être que quelques crétins pourraient êtres attirés par l’idée d’un dernier baroud, mais encore là…

    Et comme cette redistribution du pouvoir semble vouloir se diriger vers la chine, je suis curieux de voir ce qu’elle pourra nous offrir de formidable après Anne Archet.

  31. @ Celui qui fait des menaces à l’abri derrière un pseudo
    « En d’autres temps, en d’autres lieux je vous aurai collé une balle une (sic) crâne. » Et c’est moi bien sûr qui suis d’inspiration nazie et stalinienne. Pathétique…
    Je t’abandonne à ton catéchisme de petit idéologue tortionnaire et m’en retourne à la prose lubrico-révolutionnaire d’Anne Archet. Tiens, pendant que j’y pense…

    @ Anne Archet
    Ça arrive souvent les menaces de mort déguisées sur votre site? C’est son petit côté sado-maso?

  32. En moyenne défense de Kropotkine, au moment auxquels il écrivait, la Révolution aurait très bien pu être la semaine prochaine. Finalement elle a tardé un peu, et c’était pas la bonne, mais quand même, faut le mentionner.

    Même aux États-Unis, dans les deux dernières décennies du 19e siècle, le climat était tel que certains big shots de l’industrie avaient assez peur (soit d’une révolution, soit d’un acte « révolutionnaire » isolé qui les viserait individuellement) pour que ça passe dans les journaux. Avec le recul, ils se trompaient d’assez loin, mais le recul, c’est justement ce qu’ils ne pouvaient pas avoir à l’époque.

    Pour aujourd’hui, bah, pas vraiment d’excuse, c’est de leur faute. Ça se comprends partiellement par la volonté (compréhensible) de vouloir effectuer ou aider à effectuer un réel et considérable changement de son vivant, mais reste que beaucoup en vont jusqu’à se faire des idées et voient partout la fin universelle de tout ce qu’ils veulent voir finir.

  33. Wow, difficile de croire que j’me suis relu après avoir re-relu le tout début de mon commentaire et vu « au moment auxquels ». C’est supposé être « aux moments auxquels ». Plusieurs moments. Si y’a d’autres erreurs, c’est moi qui perds mon français.

  34. @barzach; comme tous les vrais laches tu t’empresses de confirmer ta lacheté en désignant comme une menace de mort ce qui n’en est pas une. Tu en appelles à la maîtresse. Demain aux tribunaux. Tu es un ami de la liberté d’expression comme on voit… J’en ai connu une tripotée de tapettes dans ton genre…

  35. Traiter le monde de tapette sur internet, ça ça prend du courage ogurian. Un vrai toffe de toffe. J’en frémis.
    Comme ça tu connais toute une gang de tapettes? Tu les fouettes le samedi soir à Brossard en leur récitant Deleuze?

  36. Il est, à mon humble avis, aussi périlleux de prévoir une fin qu’un début, d’autant quand ceux-ci concernent des phénomènes (très) larges. Pour revenir au texte (qu’il est difficile de commenter rapidement tant il est riche et tant il y faut de savoirs), et si je me permets une petite diversion, l’éclairage historique ne serait-il pas de se situer à l’intérieur de l’histoire plutôt qu’à l’extérieur ?

    La vue est difficile mais pourtant nous assistons bien à quelque chose d’à la fois nouveau, clair et globalisé : la parcellisation des idées et la lutte informationnelle. Les raisons de cela sont à mon sens elles-mêmes très variées, et parfois contradictoires.

    Les degrés d’organisation, d’ordre et de chaos, ont toujours été dépendants de ces facteurs qui participent à la formation de l’unité, de la collectivité et du groupe social tout autant que de l’identité, mais ils sont aujourd’hui plus pregnants et moins locaux. Il serait dommage que la pensée active de ces phénomènes appartienne à quelques-uns, ou à quelques groupes d’intérêts, ou qu’elle reste à l’état de technique d’influence.

    Face à une certaine nausée, la question légitime du changement et du nouveau doit peut-être envisager que les choses n’ont que la solidité qu’on leur prête. Nietzsche disait que les objets d’aversion étaient une entrave à la liberté, ce qui n’est délicat à saisir qu’à ne pas la bien pratiquer.

    Je n’en dis guère plus, mais en guise d’amusement voici un petit texte illustratif des techniques de l’information : http://libertesinternets.wordpress.com/2010/05/16/les-preuves-de-l%E2%80%99inexistence-de-bernard-henri-levy/

  37. Ça vole pas haut sur les commentaires de ce blogue.

    Certaines personnes semble prête à n’importe quoi quand les commentaires ne sont pas dans la lignée de leur idéologie.

    Les attaques et les accusations fusent de toute part concernant bazrach. Il semble en avoir dérangé plus d’un.

  38. Il semble surtout que la police d’internet participe à des discussions, qu’elle les excite…

  39. Voilà qu’on me traite de flic maintenant…
    J’ai bien été agent de sécurité dans une autre vie, mais flic ça non. Juste un peu réac à la rigueur, pour la forme.

  40. Anne Archet! Anne Archet! Anne Archet!

    Venez nous animer un peu Mademoiselle Archet, ça glisse tout ça là. Moi c’est vous que je veux, pense que nous somme plusieurs comme ça d’ailleurs. Allez les mecs!

    So! So! So! Solidarité! Hey! So! So! So! Solidarité! Hey!…

    Anne Archet! Anne Archet!…

  41. cette analyse s’approche de celle faite par le sub il y a un peu plus de dix ans. Je suis assez d’accord sur le constat, vue d’europe, il est flagrant, lorsque l’on regarde la situation en grèce par exemple. Les pouvoirs économiques ont pris le pas sur les pouvoirs étatiques, surendetté, à la merci des marché plus qu’à l’écoute des peuples, dont la seule chose qui leur est demandé dans nos systèmes dits démocratiques modernes est de glisser un bulletin tous les x années, pour des parlements dont on est en train de supprimer progressivement toutes les attributions. Le meilleur exemple est la libre circulation. Les capitaux, les marchandises circulent librement depuis longtemps maintenant, les êtres humains sont parqués dans des prisons à ciel ouvert, de l’europe forteresse gardée par des murs infranchissables à la frontière étasunienne-mexicaine, en passant par la bande de gaza, ou plus localement dans des résidences sur-protégées garantissant la protection à un ennemi intérieur né de la misère et de l’écart de plus en plus grand entre riches propriétaires bourgeois et classes sociales abandonnées au chômage de masse à la pauvreté et aux bas salaires. Certain commerces et activités (trafics de drogues par exemple) restent prohibé dans le seul but d’entretenir l’état dans son plus simple appareil, à savoir le contrôle de la population pour assurer le champs libre à la guerre économique et la guerre militaire pour le contrôle des matières premières et des territoires, pendant qu’on délocalise la production (d’opium par exemple) dans des pays ou l’occident installe des pouvoirs fantoches sous couvert de lutte contre un ennemi créé de toute pièces. La situation en afganistant n’est pas différente de celle en algérie en indochine ou au vietnam il y a quelques années. C’est là ou je m’éloigne de ton analyse. Le déclin de l’état social ne garantie en rien la fin du capitalisme, bien au contraire, et encore moins à la fin des monopoles. Les services publics, santé, éducation, transport, sécurité sociale, restent les derniers remparts contre l’état policier pur et simple. De même un marché quel qu’il soit désengagé de l’état ne signifie absolument pas la fin d’un monopole, seulement que la situation de monopole vers lequel le capitalisme tend inévitablement n’est même plus sous le contrôle du bulletin de vote (maigre consolation, soit dit en passant), mais à la merci du capital. Et pour boucler la boucle, les états qui ont vendu leurs services publics pour une bouchée de pain à ceux là même qui les endettent n’auront d’autre choix que de placer à leur tête des personnalités issu de ces milieux élitistes, sous la pression du prix des campagnes électorales des lobbies et de la corruption, qui ne manqueront pas de vendre pour une bouchée de pain ce qu’il reste de service public, de biens mis en commun pour acheter et fabriquer des armes dont le seul but est le contrôle de la population. Ce n’est pas un hasard si les 5 permanents du conseil de l’onu sont les 5 plus gros vendeurs d’armes au monde.
    Partant de ce constat, il conviens de trouver des solutions, locales d’abord. Désarmons le pouvoir localement, nos armes sont nos livres, nos musique, nos cultures, le nombre de personnes que nous sommes à penser ainsi, et tout ce qui nous empêche de tendre vers l’uniformisation de la culture du profit pur et simple. Organisons nous localement pour ne pas rentrer dans ce système, ou du moins le moins possible. Exigeons des pouvoirs nationaux et supranationaux des services publics fort, basés sur la taxation des profits et du capital qui obligerai en contrepartie à laisser l’investissement responsable et écologique en dehors de l’assiette. Exigeons des pouvoirs nationaux et supranationaux un minimum vital qui permette a chacun la survie, encore une fois basée sur la taxation du profit et du capital (le capital, d’ailleurs, n’est rien d’autre que la plus value effectuée lors de l’opération qui consiste à mettre en commun les forces de travail et à rétribuer les gens de façon individuelle). Ce ne serai là que juste répartition. D’ailleurs les banques créent l’argent, donc la dette, taxons les, reprenons collectivement le contrôle de la monnaie et localement, favorisons le troc et tout autre forme d’échange qui ne soit pas dans ce système. D’ailleurs, l’argent est né de la volonté d’avoir un étalon commun lors des échanges commerciaux de matières premières. Mais désormais, c’est la matière première qui sert de valeur d’étalon lors d’échange de capitaux. Par exemple, tu as 6 oeufs de poules, j’ai un oeuf d’autruche, on le troc, ça se vaux à peu près.
    1 oeuf d’autruche / 6 oeuf de poules
    Puis on a dit il y a trop d’arnaqueurs, on vas dire que 6 ouefs de poules valent 1 de la monnaie étalon et pareil pour l’oeuf d’autruche, comme ça personne ne se fera arnaquer à échanger son oeuf d’autruche contre 4 ou 5 oeufs de poules.
    1 oeuf d’autruche / 1 monnaie/ 6 oeuf de poules
    Mais désormais, ont a deux parties qui ne produisent rien, mais qui ont chacun beaucoup de valeur étalon et qui pour faire des affaires vont faire produire pour échanger et faire fructifier leur capitaux
    Plein de monnaie/ 1 oeuf d’autruche/ Plein de monnaie
    Alors lorsqu’en plus le contrôle de la production alimentaire est la propriété de quelques uns… Trouvons des solutions pour que le contrôle de l’agro alimentaire ne soit plus un monopole privé! De là dépends la survie d’une partie non négligeable de la population (quand on voit qu’une vache japonaise est mieux subventionnée qu’un être humain africain, il y a de quoi s’inquiéter)
    Ce ne sont là que quelques début de réponses au comment l’égale liberté pour tous, face au large constat que tu fais…

  42. Mais, heu… ceux qui ont les armes vont les abandonner vous pensez? Pourquoi? Pour se rendre vulnérable à l’égard d’un tiers qui en a déjà ou en aura éventuellement? Perdre le contrôle de leurs ressources, territoires, femelles? Quelle contrepartie concrète pouvez-vous offrir aux généraux de ce monde?

    Quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère, chantait un poète par ici, il était poète justement, pas un seigneur de la guerre…

  43. désarmer j’ai dis désarmer? Je pensais déposer, mais soit, faisons la grève du peuple, si tel est le rôle qu’ils voudraient nous donner, refusons de servir de chaire à canon, les contrôles en tout genre, s’il n’y a pas d’esclaves, il n’y a pas de maitres.

  44. Et quelles contreparties concrètes pensent ils pouvoir nous offrir, à nous le peuple, en échange de leur pouvoir sans bornes?

  45. À cette dernière question je répondrai, comme Machiavel, que le peuple ne demande rien, sinon à n’être point opprimé. Pour plusieurs peuples, ce n’est pas encore gagné, mais pour ceux qui ont atteint ce stade, c’est difficile de faire progresser les choses davantage, car le peuple en large majorité apprécie le confort et l’indifférence. Doit-on l’en blâmer, ou s’agit-il d’une inclination proprement humaine contre laquelle il est vain de lutter?

  46. Quelque chose qui vous rapellera quelque part, ici, aussi insidieusement qu’ils puissent le faire supporter:

    Dans le journal de Jan Zabrana, « Toute une vie »:

    « Ils ont appris des choses. Dans leur intérêt évidemment. En 1950 ils pendaient les gens, et c’est quelque chose qu’on ne peut pas oublier, qu’ils traîneront toujours derrière eux, que n’importe qui pouvait leur lancer à la figure, en 1968 – quelque chose qu’ils ne pouvaient pas expédier d’un geste irrité au rayon des erreurs négligables, insignifiantes, dérisoires.
    Aujourd’hui ils se débarrassent des gens administrativement, en silence – en les précipitant dans des soucis matériels chroniques, en les renvoyant de leur travail chaque fois qu’ils en trouvent un. ça use un homme en quelques années, ça l’écrase, ça l’abat définitivement. Et pourtant rien ne lui est arrivé. S’il les accusait un jour de l’avoir congédié illicitement, il serait ridicule. »

    (« Toute une vie, Editions Allia, 2005, Cely zivot traduit du tchèque par Marianne Canavaggio et Patrik Ourednik)

  47. c’est qu’on voit la qualité d’une civilisation à l’envers de son décors, à la façon dont sont traités les exclus, à la façon dont fonctionne les prisons.

  48. Sais pas, quelque chose un peu comme ça qui monte là, ça dit, en gros, « voir sombrer les natures tristes et tragiques et pouvoir en rire, cela est divin », nietzsche si mon souvenir est bon, zarathoustra, possiblement, ça vient, comme ça :)

  49. « Quand, dans la vie, un homme perd tout espoir, il devrait perdre en même temps la volonté de vivre. Le fait qu’il conserve cette volonté malgré tout conduit à des fins horribles, hideuses, ignobles, l’homme se muant en monstre. Ce qui continue de vivre, ce n’est que couche de poussière, vanité, un individu animal ne répugnant à rien, manipulable à souhait, et dont le programme de base – conçu par un le Grand programmateur que personne n’a l’honneur de connaître – est perverti en une autodérision qui s’éternise… Le serpent coupé en deux dont les mâchoires continuent à broyer et à avaler, dont les mâchoires continuent à fonctionner selon un décret déjà caduc, périmé, annulé: maintenir la vie, même au moment où la vie est perdue… Ce qui reste, c’est, selon le mot de saint Bernard, ce frère porc, qui gît en tout homme. Lui, il vit, il vit toujours. »

    Ainsi que l’on vous vit Gorgonzola…

  50. Héhé toto, bien romantique tout ça, assez flonflon pris avec pas mal tout le reste dans l’ensemble d’ailleurs, et bien peu pragmatique. Sans doute y’a t’il beaucoup d’enfants se pensant devenus grands par ici, un ton très lycéen, très peu ancré, ça aime houspiller de jérémiades en boniments, fait très ti-cul quoi.

    Je réitère, moi c’est Mademoiselle Archet que j’ai le goût de lire, les autres, et pour plus que la vaste majorité, ne sont pour moi que d’un médiocre ennui.

    Mademoiselle Archet? Mademoiselle Archet? Où êtes-vous donc passé petite coquine…

    Votre canaillou

  51. La seule bonne nouvelle : le féminisme disparaitra en même temps que le capitalisme (ou encore : l’implacable féminisation des moeurs) et l’homme redeviendra ouvertement cruel, égoiste et sanguinaire et on repartira pour un nouveau round et alors tout le monde repensera au XXe siècle comme étant l’apogée du genre humain. Mais en fait non : science (éducation, savoir) et pognon (propriété) (les deux composantes du capitalisme et toutes ses modalités au fil des siècles) vaincront, c’est certain.

    L’Etat est une progression naturelle, inévitable et instinctive, pas une création arbitraire destinée à rendre le monde meilleur. Le destin existe et il n’est qu’instinct.

    Bonus : « J’ai faim et j’ai froid », base de toute futurisation ?

  52. Ah… Intéressant ça Mig. Ils repenseront peut-être plutôt à ce siècle comme à un siècle de mauviettes pleurnichardes… Est-il possible que ce soit une autre manipulation de que de prétendre à toutes ces égalités, en effet. Hep, et plutôt d’accord avec votre assertion relative à la présence de l’état, rien de gentil dans ça, inéluctable plutôt, effectivement.

  53. Excellent article.

    Cela dit, la transition féodalisme/capitalisme, au XVI°siècle, a été rendue possible par la découverte des Amériques, et par la croissance économique que celle-ci a généré.
    Aujourd’hui, nous avons fait le tour de la planète, et je ne crois pas que nous ayons oublié un continent (ni une science, une ressource, ou une technologie miracle) dont la découverte permettrait de relancer la croissance, et aux élites de renforcer leur pouvoir. La crise qui s’annonce ressemble plutôt à la chute de l’empire romain, à l’effondrement de l’état et de l’administration de celui-ci.
    Et après l’empire romain, il n’y a pas eu de reprise de pouvoir pour la classe dirigeante romaine, ni même pour les classes populaires, qui vivaient tous du travail des esclaves. Au contraire, ce sont les envahisseurs, venus des marges de l’empire, et qui ont pu apporter des savoirs ancestraux, des techniques, qui en ont tiré parti, et qui sont devenus les nouveaux « seigneurs », chez qui les anciens romains se sont rués pour obtenir protection et nourriture, quitte à renoncer à beaucoup de leurs droits.
    Et ce féodalisme a duré presque 1000 ans.
    Combien de temps durera le prochain ?

    Nos esclaves actuels sont à 85% les gisements de pétroles, or nous les avons presque tous exploités. Le français moyen vit comme un romain qui possèderait une vingtaine d’esclaves à son service. D’ici la fin 2011, tous les spécialistes sont d’accords pour dire qu’il n’y aura plus assez de pétrole extrait pour tout le monde.
    ça se rapproche…

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