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La crise financière mondiale racontée aux tout petits

Bonjour les coconauds et le coucounettes! Tante Archet va vous raconter une belle histoire.

Il était une fois des gentils monsieurs qui aimaient beaucoup beaucoup les gros sous. On les appelait les gentils banquiers et ils vivaient dans le royaume féérique des Amerloquiens. Les gentils banquiers avaient inventé une machine à faire des sous appelée «subprimes». En gros, on permettait à des villageois d’acheter des châteaux même s’ils n’avaient pas un écu dans leur escarcelle. «Pas grave», disaient messires les banquiers, «si vous n’arrivez pas à payer votre château, on vous le prendra et on se remboursera en le vendant».

Or, de façon fort prévisible, le Grand Méchant Marché Immobilier a fini par baisser et plus de deux millions de pauvres croquants sans le sou se sont retrouvés ruinées aux Etats-Unis, faute de pouvoir rembourser les emprunts. Pour tenter de sauver leur mise, les gentils banquiers ont transformé ces emprunts en titres sur les marchés boursiers. Par exemple, si un paysan empruntait 100 000 dollars, il devait en rembourser 120 000 à la banque avec les intérêts. Pour gagner plus rapidement de l’argent, les banques ont émis des papiers commerciaux, c’est-à-dire un titre donnant droit à ces 120 000 dollars vendu et échangé sur les places boursières — tu sais, l’endroit où ton papa a perdu toutes ses économies, avant que tu naisses, quand la bulle technologique a éclaté comme un pétard mouillé…

Mais les investisseurs se sont bien aperçus qu’ils se sont fait rouler dans la farine, puisque les paysans amerloques ne pouvaient plus payer et par conséquent les papiers commerciaux ont perdu toute leur valeur. Ce sont précisément ces montages financiers complexes qui expliquent la chute de la bourse car toutes les gentils banquiers à travers le monde se sont retrouvés avec tout plein de titres de subprime qui ne valaient plus rien dans leurs poches, plutôt que des belle pièces d’or scintillantes. À partir de là, les gentils banquiers se sont mis à se méfier les uns des autres et n’ont plus voulu se prêter des sous entre eux.

C’est alors que la panique s’est instaurée dans le royaume. Chaque mauvaise nouvelle, chaque publication des comptes d’un gentil banquier a fait chuter son titre et lui a fait subir des pertes colossales, si bien que tous nos gentils banquiers se sont retrouvés à court de liquidités. Aie aie aie! Comment allaient-ils se sortir de ce sacré pétrin?

Voyant que c’était la fin des haricots, le roi d’Amerloquie a décidé de prendre les grands moyens: il a sorti son coffre au trésor et a donné 200 milliards de dollars pour sauver la peau des fesses de deux gentils banquiers, Freddie Mac et Fannie Mae. Seulement, le roi d’Amerloquie s’est bien rendu compte qu’il ne pouvait pas sauver tous les gentils banquiers en difficulté, premièrement parce qu’il n’avait pas assez d’or dans son coffre et aussi parce que ça confirmerait l’impression — déjà fort répandue dans le royaume — que les gentils banquiers peuvent impunément faire toutes les conneries qu’ils veulent. Voilà pourquoi il a refusé de voler au secours des gentils banquiers Lehman, qui étaient frères. Tant pis pour eux, ils ont payé pour les autres et ont fait faillite, na.

Les gentils banquiers, pas rassurés du tout du tout, se sont mis pendant ce temps à durcir les conditions de crédit pour les paysans, les artisans et les constructeurs de carrosses. Si bien que bingo, récession en Amerloquie, dans l’empire Japonouille et dans les Zeuropes aussi où les rois se sont tous mis à ouvrir leurs coffres pour espérer que les gentils banquiers et les constructeurs de carrosses sortent enfin de la mouise. Partout partout partout sauf au royaume de StephenHarpeurie, une contrée étrange et magique où le roi a plutôt décidé de faire des coupures budgétaires et de suspendre le droit de grève de ses laquais — en leur faisant croire que ces mesures avaient un lien direct avec tout ce que je viens de vous raconter. Manquerait plus qu’il réforme le sénat, un coup parti, en prétextant que c’est la faute des pauvres croquants d’Amerloquie qui ne pouvaient plus payer les traites de leur château… Qu’est-ce qu’on rigole en StephenHarpeurie! Espérons qu’il vive heureux et qu’il ait beaucoup d’enfants, ça le tiendra occupé à autre chose que la crise économique.

MORALITÉ : aucune.

Catégories :Grognements cyniques

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

3 réponses

  1. Une autre élection à prévoir en StephenHarpeurie où les boyards se feront un instant les amis des laquais pour prendre la place du tsar.

  2. Le roi Stephen semble faire face à la fronde ces jours-ci. Réussira-t-il à conserver son royaume ? Les vilains usurpateurs prendront-ils sa place ? Comme c’est terrifiant !

    Tout ça, nous le saurons, probablement, dans la prochaine histoire.

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