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Amateur de hockey, bonsoir

Je me nomme Anne Archet et je suis l’anarchiste crottée lesbienne féministe enragée communiste violente intimidatrice fasciste sur le BS enverdeuse qui pue dont le Journal de Montréal vous a parlé. Je suis enchantée de faire votre connaissance. En fait, non : je vous connais déjà, c’est vous qui ne m’avez jamais rencontrée. Enfin, passons.

Je sais ce que vous pensez. Vous vous dites : « Encore une gauchiste sale qui va me traiter de jambon juste parce que je siffle quelques Molson Ex en écoutant le match et que je place des petits drapeaux cutes sur mon char pour aller klaxonner mon bonheur et ma fierté à 22h30 alors qu’elle boit sa tisane en bobettes dans son lit! »  Rassurez-vous, je ne suis pas du genre à catégoriser les gens pour ensuite les stigmatiser en les affublant d’un surnom de charcuterie. Mieux : je n’ai pas vraiment d’opinion au sujet du hockey. Je n’y connais rien et ça m’intéresse fort peu. Tout ce que je sais, c’est que ça rend votre vie supportable pour un moment et ça, je ne pourrais jamais être contre. Chacun a besoin de sa drogue pour endurer l’état de servilité crasseuse dans laquelle nous sommes plongés; vous, c’est la bière et les mecs de deux cent livres qui virevoltent sur des patins. Moi, c’est la porn et les anxiolytiques. On survit comme on peut.

Quelqu’un m’a déjà dit que le hockey, c’est un peu comme une tragédie grecque, mais dont les comédiens ne connaîtraient jamais l’issue, ce qui leur permet de l’incarner mieux que n’importe quel acteur formé à la méthode de Stanislavski. Ça se peut très bien, mais moi, chaque fois que je me suis assise devant un match, tout ce que j’ai vu c’est de la pub, des gars qui suent, de la pub, des gens qui crient – le tout entrecoupé de pauses publicitaires. Je suis prête à admettre de bonne grâce que je n’y comprends rien et que je suis très mal placée pour juger. Et puis franchement, qu’elle soit en représentation au Centre Bell ou au Théâtre du Nouveau Monde, la tragédie grecque, c’est toujours la même chose : un truc un peu répétitif et un peu soporifique qui ne survivrait pas sans être subventionné jusqu’à la moelle. Quoi? Vous me dites que le hockey n’est pas subventionné? Ha ! Coquin que vous êtes. Allez faire un tour sur Google et tapez «public subsidies for professional hockey organizations». Vous allez rigoler, faites-moi confiance.

Bref, loin de moi l’idée de vous traiter de jambon. La valeur d’un individu ne réside pas dans ce qui qu’il utilise pour le distraire du sort médiocre qu’on lui a imposé. Il y a des jambons qui aiment beaucoup plus la tragédie grecque que le hockey – je pense à Lise Bissonnette, par exemple. Or, le pata negra, c’est peut-être fin, délicat et hors de prix, mais ça reste du fucking jambon.

Si je vous écris c’est pour vous supplier de ne pas oublier votre tradition des séries la plus glorieuse, la plus sublime – non, je ne parle pas de la fameuse barbe, parce que de toute façon vous la portez maintenant à l’année longue. Je parle de l’émeute.

C’est quand, la dernière fois que vous êtes descendu dans la rue, gonflé à bloc par la victoire et que vous avez enfin libéré toute la rage accumulée par ces années de servitude? 2011? 2010? 1998? Ne vous sentez-vous pas sur le point d’exploser? N’avez-vous pas envie de détruire quelque chose de laid – ces objets que vous avez appris à respecter comme vos Maîtres et qui vous ont lentement, mais sûrement, vidé de votre substance et transformé à leur image?

Je vous observe depuis longtemps, vous savez. Ce n’est pas difficile : vous êtes enchaîné et vous ramez à côté de moi, dans la même galère. Vous vivez dans le même environnement synthétique et inhumain que moi, celui fait de gadgets, de gaz asphyxiants et d’éclairage 24/7. Vous passez votre journée à demander la permission pour vivre; vous vous levez à une heure que vous n’avez pas choisie, vous passez la journée en compagnie de gens que vous n’avez pas choisis, vous pissez et vous vous alimentez aux moments qu’on a choisi pour vous, vous posez les gestes qu’on vous ordonne de poser sous peine de ne pas recevoir les moyens d’assurer votre faible survie et le soir, vous utilisez le temps qui vous reste, le fameux «temps libre», pour récupérer et reprendre assez de forces pour recommencer le même manège infernal le lendemain. Pour ajouter l’insulte à l’injure, on vous demande non seulement d’être reconnaissant envers vos Maîtres, de ne pas mordre la main qui vous nourrit, mais aussi d’être plus travaillant, plus productif, plus responsable, d’accepter des réductions de portion dans votre gamelle au nom du Bien Supérieur – celui des Maîtres, ceux-là même qui nous ont enchaînés tous les deux au même banc dur et inconfortable que nous partageons depuis que nous avons l’âge de tenir une rame.

Vous avez la rage tout autant que moi. Cette rage commune est le dernier sursaut d’humanité qu’il nous reste, dans notre monde de plastique qui nous a domestiqué et ravalé au rang de marchandises, de pur objets servant à la jouissance de nos Maîtres. Ce qui nous distingue, c’est ce que nous faisons avec elle. Je suis un individu marginalisé, racialisé, à la sexualité et au genre hors-norme, alors les Maîtres m’ont appris à rediriger ma rage contre moi-même. L’art et la psychiatrie sont mes soupapes de sécurité. Vous êtes un individu mieux intégré aux normes sociales tout en étant un esclave au même titre que moi, alors les Maîtres vous ont appris à rediriger votre rage contre les gens comme moi – les étrangères anarchistes crottés lesbiennes féministes gays enragée trans communistes violents intimidateurs sur le BS enverdeurs qui puent. Or, chaque fois que je renouvelle ma prescription de Paxil et chaque fois que vous applaudissez quand les flics défoncent la gueule d’une étudiante, tout ce que nous faisons, c’est embrasser nos chaînes. Peut-être serait-ce le temps de changer de tactique?

Pendant les séries, je vais penser à vous. Je vais souhaiter que vous ayez tout le plaisir, toute la jouissance que vous méritez. Notre vie d’esclaves nous en offre si peu. J’espère aussi (et surtout) que vous en profiterez pour abandonner le ressentiment. Vous savez ce que c’est, le ressentiment? C’est retourner votre juste colère vers vous-même ou vers les autres esclaves plutôt que de la faire subir à ceux qui contrôlent votre vie. L’occasion est belle : le beau temps est revenu, l’air se charge de parfums, les corps se dénudent, les nuits deviennent douces. C’est un bon temps pour l’amour – et c’est le bon temps pour une émeute.

Prenez la rue et détruisez quelque chose de laid. Pourquoi? Pour rien. Pour aucune raison autre que celle d’expérimenter l’ivresse de votre puissance. Prenez la rue et criez votre joie, votre colère, crachez à la gueule des Maîtres, de leurs marchandises et de leurs laquais. Incendiez la nuit de votre rage. Pas besoin d’avoir de revendications politiques. Les revendications, c’est de la blague. C’est ce que les curés, les politiciens et les animateurs de tribune téléphonique exigent des esclaves quand ils essaient seulement de s’échapper. Allez-y, laissez votre esprit et votre corps exulter. Faites subir à la laideur ce qu’elle mérite. Si vous le faites, je vous promets une chose : vous ressentirez l’espace d’un fugace moment ce que ça fait de vivre plutôt que de survivre.

Vivre, c’est comme un championnat perpétuel de la Coupe Stanley : une fois que vous y aurez goûté, vous ne voudrez plus vous en passer.

Catégories :Montée de lait

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

34 réponses

  1. Bon; partisans & partisanes du club de hockey des Canadiens de Montréal, prenons ensemble ce temps des séries pour encourager nos glorieux afin d’oublier Philippe Couillard, ce traître, cet ancien agent des services secrets canadiens qui a travaillé pour l’Arabie Maoudite…pour oublier Harper (qui soit dit en passant se fait oublier toultemps) et ses magouilles de bas niveau au yeux du peuple, ce prestidigitateur politique hypocrite et sans scrupule….pour oublier que les USA veulent monter l’occident contre la Russie et qu’ils ont foutu la merde partout sur notre planète….pour oublier celui ou celle qui se fera décapité par l’Ei,….pour oublier qu’on trime dur pour pas grand chose….OUI!!!! Merci Les Canadiens!!! Allez-y!! Vous me faîtes du bien !!!
    […et n’oublions pas que le Canada, que
    le « Ô Canada », que les Canadiens c’est à Nous les Québécois, c’est Nous!! Notre pays, notre hymne national et notre club de hockey…on s’est pas tout fait voler gang!! Nous, gens du Bas-Canada, on a encore la fierté au cœur et c’est grâce à la seule religion qui fait pas de guerre: le Hockey.] GO HABS GO!!

    OUI j’aime le hockey, j’suis né avec des patins dans les pieds, comme bien des Québécois et ça m’empêche pas de détester un peu plus chaque jour les Maîtres de ce monde. Je leur pisse à la raie. Et je me lèverai chaque jour comme aujourd’hui, bouillant et enragé comme pas un mais comme une foule entière prêt à piétiner ses geôliers!!!

    C’est la première fois que je te lis, c’est pas la dernière fois non plus. J’adore ton style, en fait, toi, ton cerveau et ta gueule! Ciao

  2. C’est un bon texte bien écrit qui soulève toutes sortes de problèmes associés au hockey et au sport professionnel en général. Cependant, il y a beaucoup de ce qui me semble être du mépris, ainsi que l’établissement d’une distinction trop nette entre deux catégories: les révoltés indignés qui manifestent et les jambons inconscients d’être aliénés qui aiment le hockey. Or, en tant que révolté ET amateur de hockey, je remets en question cette distinction, qui ne fait que peu de sens et témoigne d’une certaine incompréhension du phénomène. Il y a moyen d’aimer le hockey sans être un jambon, et tout en ayant une perspective tout à fait critique de la société.

    Il me semble qu’il y a aussi un danger à placer dans une position de super révolté marginalisé hors-norme pour ensuite s’opposer aux jambons imbéciles. Comme s’il y avait eux les normés inconscients et nous les pas normés tellement conscients. C’est plus compliqué que ça, évidemment. C’est une erreur que nous les révoltés nous faisons souvent, et j’ai l’impression que ça nous confine à un rôle très théatral qui finit par nous empoisonner.

  3. Relisez le texte, vous verrez que je dis exactement le contraire de ce que vous en avez compris.

    (Et, incidemment, vous verrez qu’il ne parle pas de «toutes sortes de problèmes associés au hockey et au sport professionnel en général».)

  4. Une écriture débordante d’images plus succulentes les unes que les autres. Nuancée, mais directe, vous saisissez précisément le risque potentiel d’écrire le mot « jambon » dans un texte intitulé « Amateur de hockey, bonsoir ».

    Malgré cette justesse à laquelle il serait difficile d’en infliger des reproches, il est toutefois possible de manquer sa cible, entre autres lorsqu’un de nos lecteurs se qualifient comme suit : un brigand se prenant pour un animal de meute qui détient des pouvoirs d’incompréhension indéniable (voire magique) de la valeur sémiotique d’un texte.

    Chose certaine, j’aime votre plume et surtout, votre tact.

  5. Les gens sont libres d’être ce qu’ils veulent, comme dans votre segment «étrangères anarchistes crottés lesbiennes féministes gays enragée trans communistes violents intimidateurs sur le BS enverdeurs qui puent».

    Sauf le «qui puent».

    Être anarchiste, enragée, etc: c’est à la limite charmant. Libérer des effluves désagréables, ça, c’est juste un manque de savoir-être et personne n’éprouvera de sympathie pour vous.

    À cet effet, je vous suggère un produit approprié appelé antisudorifique (plus efficace qu’un déodorant, mais contenant davantage d’aluminium) que vous trouverez dans les pharmacies ou épiceries de votre quartier. Si le fait d’acheter un produit d’une multinationale heurte vos valeurs fondamentales, je vous suggère plutôt de fabriquer le vôtre.

    Magnifique partage ! (même si je ne comprends pas tous les concepts énumérés)

    Note: lesbienne gay, est-ce que c’est hétéro ? C’est comme quand y a trop de négations dans une phrase, on s’y perd un peu…

  6. Un très bon blog que je viens de découvrir. C’est toujours plaisant de lire une personne allumée envers ce système puant ! Je suis un vieux punk qui rage contre le système depuis 38 ans, bref je « vis en criss » haha :) Je n’émettrai pas d’opinion ici mais sache que tu viens de te faire un abonné chère Anne Pron Archet et devine quoi, j’adore l’hockey ! Nous ne sommes pas tous endormis car nous écoutons l’hockey, il y a de l’espoir.

  7. Wow ! juste wow! j’adore ton style. je viens de découvrir un blogue vraiment cool. J’aime pas le hockey, je te comprend très bien :)

  8. Vivant sur le territoire européen et ne connaissant donc du hockey que les clips des « Têtes à claques », j’en ai d’autant plus apprécié la description édifiante, et documentée, qui est faite de ce sport collectif dans cet article.
    En partageant ses conclusions, et me référant à Oscar Wilde selon lequel « l’industrie est la cause de toute laideur », j’avance que Mr Turcotte, qui se présente dans ce clip* comme un professionnel de la destruction, aurait de quoi utiliser son bâton à autre chose que pousser une rondelle.

    * http://www.tetesaclaques.tv/le_cross-check_vid2031

  9. Et dis-moi…
    Lorsqu’on aura tout détruit le laid, qu’on aura bien troqué le paxil et le hockey par la liberté.. Lorsqu’on aura sorti notre rage, qu’on aura fini de détruire, qu’on se retrouvera au milieu de rien et que lentement on se réveillera de notre exaltatation..Dis-moi….

    Est-ce que c’est quelqu’un comme toi qui propose de tout reconstruire ? C’est facile de critiquer en Bobette dans son salon et d’inciter le monde à tout décalisser.. C’est plus difficile de trouver le moyen de se sentir libre même dans une société de marde. C’est plus difficile, parce que ça prend du courage. Il faut avoir envie d’exister, d’arrêter sa porn pis ses médocs, d’arrêter de mettre la faute sur les autres ….

    En passant je suis comme toi.
    j’aime pas le hockey, je déteste les medias, la pub, la politique, je suis super critique face a la société. Mais je suis cool pis contente d’exister…

    Good luck avec ta vie

  10. Je sais bien, sans rancune.
    Je trouve juste dommage que ta plume (car elle est excellente) et ton sens critique incite a une action violente.
    Peace et bonne game. Lol

  11. D’accord avec Ames, je me sentais comme toi Anne il n’y a pas si longtemps et je trouve que malgré tout le désespoir qu’on peux vivre la violence n’amène rien, tout les cycles de crash sociale sont marqué par des guerres à quelconque échelle détruisant beaucoup de culture par paresse intellectuelle et négativisme amenant le manque d’ouverture d’esprit. Oui le système est de la marde mais c’est pas en amenant rien de positif que ça va arranger quoi que çe soit, oui ça va te défouler mais maudit marde, il commence à être temps de se montrer plus intelligent que nos prédécesseur et d’arrêter de se taper sur la geule, si la conscience sociale est assez cultivé sur une base d’un système de valeur assez fort et simple pour que tout le monde peuvent le comprendre et l’appliquer je crois qu’on peux se débarasser des injustices et du jugement inutile. Exemple simple de chose à faire conscientiser à travers la population ; beaucoup de monde parle d’équilibre budgétaire à tors et à travers la majorité du temps en oubliant de mentionner l’évitement fiscale qui entraîne un déséquilibre de l’inflation ce qui détruit la possibilité au capitalisme de marcher et bien-entendu les personnes qui en font profit (quebecor a.k.a. Pierre-karl Péladeau, Philipe Couillard, 2 examples parmis tant d’autres) font tous pour attirer l’attention ailleurs avec des solutions budgétaires bidons qui ne font que trancher à coup de guillotine dans nos services sociaux. Je crois que la violence est un format de révolution désuet, la conscientisation de masse m’interpelle plus comme solution, je trouve ça un peu hypocrite de prétendre être pour le bien humain mais d’utiliser la violence.
    Je me considère comme étant quelqu’un de radical et il n’y a rien de mal à ça, être radical est seulement d’avoir un point de vue fort qu’on est prêt à défendre, c’est à dire baser nos idéaux sur notre jugement du bien et du mal. De me point de vue tu n’est pas exactement quelqu’un de radical, je trouve que ça ressemble plus à de l’endoctrinement volontaire dans l’anarchie car tu as l’air de biaiser ton jugement aux fins de tes idéaux anti-gouvernementales.
    Je suis probablement aussi écoeuré que toi du système mais je pense que tu est trop désespéré, si tout le monde se dit qu’il n’y a pas d’espoir et bien c’est certain que les choses iront pas mieux.
    J’ai peut-être tord mais à mon avis la violence commence crissement à faire sont temps en terme d’utilité, particulièrement dans un point de vue communautaire.
    La journée où j’irai me battre contre le gouvernement est quand je n’aurais plus mon droit à l’expression, en ce moment ici tout le monde peux parler, le problème est que pas assez de monde intelligent se font entendre et bien trop d’imbécile ont une place privilégié dans les médias de masse.
    Je trouve tous de même très bien que tu t’impliques à ta manière et je souhaite que tu continues à le faire car comme Voltaire dirait, je ne suis pas d’accord avec votre opinion mais j’irais combattre pour votre droit à la divulguer.

  12. P.S. pour en savoir plus sur les paradis fiscaux et l’évitement fiscale je vous conseille fortement le nouveau documentaire d’Harold Crooks  »The price we pay » ou  » Le prix à payer », il est extrèmement bien réalisé!

  13. Ouais, c’est sûr que c’est ben l’fun l’émeute. Mais à un moment donné, il faut arrêter de l’idéaliser aussi. Il y a des choses belles et laides dans l’émeute, comme dans toute chose d’ailleurs. Un type se fait défoncer la gueule par un gars sorti de nulle part : c’est ça aussi, l’émeute. Je l’ai vu de mes yeux vus sur Ste-Cath, en 2010. Tu nous vends l’émeute comme le nec plus ultra. Mais, attention : pendant que tu goutes à quelques millisecondes de « liberté » en pétant une vitre, fais gaffe aux flics – ceux en uniforme, mais aussi les undercovers – aux citoyens qui peuvent te fliquer avec leur téléphone cellulaire, sans oublier les milles et une caméras de vidéosurveillance. Trop savourer la liberté pourrait te coûter ta liberté, justement. La société capitaliste ne cesse pas d’exister durant quelques heures d’émeute. L’émeute comme soupape sociale, ce n’est pas de la fiction. À Baltimore, la mairesse disait : on a créé un espace pour que les jeunes puissent détruire. Tu vois ce que je veux dire ? Il faut surtout rien revendiquer parait-il. Pourquoi ? Pour contrarier nos Maîtres ! Au final, tu te retrouves encore à adapter ton discours en fonction de ceux que tu rejettes. Moi, je dis que nos Maîtres sont toujours ravis de pouvoir réduire la contestation à quelques têtes chaudes dont le programme se résume à dire « fuck toute ».

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