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Portrait de la femme invisible devant son miroir

Enfant, Je rêvais d’être la femme invisible. Je me disais que l’invisibilité serait le seul souhait que je formulerais si un jour je croisais le génie de la lampe. Pas besoin de m’habiller le matin pour aller à l’école – pas besoin même d’aller à l’école! – pas besoin d’être bien coiffée, d’être propre et jolie, de plaire et d’être polie… Assise en classe à mon pupitre, je me disais qu’en tant que femme invisible, je profiterais au maximum de mon don pour satisfaire tous mes désirs. Je fantasmais donc de se servir impunément dans le rayon des bonbons du dépanneur, d’aller voir tous les films à l’affiche au cinéma et de visiter tous les endroits mystérieux interdits aux fillettes, comme la chambre de ma mère ou le vestiaire des garçons.

En vieillissant, j’ai appris à la dure que non seulement l’invisibilité n’existe pas, mais qu’être visible est une malédiction. Être vue, être nommée, c’est se faire voler sa vie.

Portrait de la femme invisible

D’abord, on m’a contrainte à être une «fille», cet être inférieur et faible qui n’a le droit d’exister qu’en fonction des autres, qui doit séduire à tout prix et prendre soin de tout le monde en souriant sans discontinuer, qui doit être sage, ne pas dire de gros mots, ne pas tacher sa foutue robe, être parfaite en tous points tout en n’étant surtout pas trop intelligente, parce que personne n’aime une fille trop maline.

Ensuite, j’appris avec stupeur que j’étais une «Chinouèse», un objet de curiosité, d’exotisme ou de méfiance qui se fait demander continuellement (en mauvais anglais, allez savoir pourquoi) d’où elle vient, si elle aime manger du chat, si elle a une mauvaise vue à cause de ses drôles de yeux bridés, si elle sait dire des gros mots en «chinouès», quand on ne lui tire pas ses cheveux en crin de cheval ou qu’on ne s’approche pas d’elle pour la renifler et ainsi détecter un éventuel fumet de crasse ou de chow mein – voire qu’on considère, carrément, comme une incarnation du péril jaune qui menace la survie de la nation blanche et chrétienne.

Plus tard, je suis devenue à mon grand désespoir une «lesbi», une «brouteuse de touffe», un objet de fantasme dans la mesure où cette condition sert à exciter le porteur du phallus (car toute lesbienne ne l’est que parce qu’elle est mal baisée et ne souhaite secrètement que de connaître la véritable extase – celle que seule une bite peut procurer), quand ce n’est pas un être pervers menaçant par son vice les fondements mêmes de la famille et de la civilisation. Quand plus tard on m’a vue dans les bras d’un homme, j’ai immédiatement basculé dans un autre camp, celui des «bi» indécises, volages, briseuses de couples, propagatrices du VIH, incapables de reconnaître leur homosexualité et strictement indignes de confiance.

Tout ceci n’était qu’un avant-goût de ce qui attendait lorsque fut le temps d’assurer moi-même ma survie. Je suis d’abord devenue une «ressource humaine», un être méprisable, par définition improductif et ingrat parce qu’il exige de se faire payer suffisamment pour pouvoir survivre, un être continuellement soupçonné d’être voleuse, fraudeuse, qu’on peut reléguer au rang de sous-humain en dictant son emploi du temps, en choisissant qui elle aura le droit de fréquenter et en exigeant obéissance et marques de servilité envers les supérieurs et les clients.

Dans une tentative malhabile de fuir l’enfer du travail,  je me retrouvai bien vite «pute» et «pornographe» – c’est-à-dire soit une menace à la santé publique, à l’ordre social et à la bienséance, soit une victime (qui souvent est trop conne et aliénée pour le savoir) du patriarcat et de l’oppression masculine pluriséculaire qui entretient d’ailleurs ce système d’exploitation en refusant d’être une bonne victime et de se laisser sauver par les grandes âmes charitables qui savent mieux qu’elle ce qui est bon pour elle.

Enfin, je finis par apprendre avec stupéfaction que j’étais une «intellectuelle», ce qui, dans le coin de la planète où elle habite, signifie que je suis un être méprisant qui a perdu tout contact avec la réalité et dont les activités de parasite nuisent à la compétitivité et à la prospérité de la nation.

Voilà pourquoi je suis devenue «anarchiste», dans un effort plus ou moins conscient de renvoyer à la face de ceux et de celles qui me regardaient une image qui correspondait mieux à ce que je considérais comme étant mon véritable moi. Mal lui en prit, puisque, «anarchiste», je devins une terroriste, un apôtre de la violence, une casseuse de vitrine doublée d’une poseuse de bombes, tout en étant une rêveuse pitoyable et naïve, inconsciente des lois historiques, une révoltée brouillonne et pas sérieuse du tout – voire une inculte aux capacités intellectuelles limitées – qui ne changera rien à la société et qui ne fait que nuire au débat public.

Rendue à ce point, je n’eus autre choix que de m’écrier «fuck that» et de revenir à mon rêve d’enfant en devenant Anne Archet, la femme invisible.

Jamais vous ne verrez Anne Archet à la télé. Jamais ne l’entendrez-vous à la radio. Puisqu’elle est inscrite ni à l’état civil, ni à l’agence du revenu, ni sur la liste électorale, puisque son nom n’est gravé ni dans le plastique d’une carte soleil, ni sur une stèle funéraire, Anne Archet est personne aux yeux du Léviathan. C’est un enfant mort-né, la femme du soldat inconnu, un spectre, une coquille vide, un manteau troué qui laisse entrer les courants d’air. Si celle qui se cache derrière Anne Archet est si mystérieuse, si elle s’acharne à rester invisible et hors d’atteinte, c’est que tel est le prix à payer pour celle qui veut rester à bonne distance des engrenages déchiqueteurs de chair de la société.

Anne Archet se consacre à une seule tâche : créer ma vie et construire ma relation avec le monde et les autres selon mes propres termes – en d’autres mots, me réapproprier mon existence ici et maintenant, dans la mesure de mes propres capacités. Anne Archet est un outil qui me permet de récuser toutes les identités qu’on tente de m’imposer depuis ma naissance. Je n’ai qu’une cause : la mienne propre. Évidemment, je souhaite de tout cœur que chacun de vous fasse de même, car lorsque des individus se révoltent et se soulèvent contre leur propre oppression, ce qui se produit s’appelle une insurrection.

Si Anne Archet est invisible, c’est que j’ai fait mienne la tactique de l’insurrection, qui en est une de la disparition. L’insurrection, c’est la libération d’un espace, d’un temps, par des individus refusant leur exploitation, leur asservissement et les institutions qui l’exercent. Elle peut prendre stratégiquement diverses formes, telles la zone autonome temporaire, le nomadisme, la ligne de fuite. Elle peut être minuscule ou à grande échelle, ne durer que quelques minutes ou une vie entière. Elle est à la fois coup porté contre les institutions et expérimentation directe de la vie telle qu’elle doit être vécue, c’est à dire sans contraintes et sans entraves.

L’insurrection est l’inverse du sacrifice et de la morale. L’insurgée n’agit pas pour le bien commun, pour la libération de tous, pour construire un monde meilleur, mais pour se donner les moyens de passer de la survie à la vie, pour goûter ne serait-ce que quelques secondes à ce que c’est réellement que de vivre avant d’être jeté pour de bon dans les bras froids de la mort. L’espace-temps de l’insurrection se vit comme une relation sexuelle — pas d’échange, que du don; une association temporaire pour collaborer à un but commun et précis; aucune utilité, aucun sens à l’activité que le plaisir qu’on retire de s’y adonner; la construction du désir et la réalisation de soi-même par la jouissance égoïste de l’autre. Et c’est par la multiplication et l’accumulation des expériences insurrectionnelles que les dispositifs de pouvoir seront éventuellement abattus.

L’insurrection fuit l’espace public, les lieux de médiation et de réification, les espaces concédés à la liberté par le pouvoir. L’individu qui y prend part prend d’assaut les dispositifs du pouvoir, vit, jouit, puis retourne à l’invisible. Dans une société qui s’acharne à tout exposer, où être vu équivaut à être reconnu, intégré et contrôlé, où le sommet de la réussite sociale est le vedettariat – c’est-à-dire, la médiatisation continuelle, sans objet autre que la transformation de l’individu en marchandise, il n’y a pas d’autre issue que la fuite, la disparition et l’invisibilité.

Jusqu’à ce que, finalement, il soit possible de vivre pleinement et librement au grand jour.

Catégories :Crise de larmes

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Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

60 réponses

  1. Wow. Un texte qui fait l’effet d’un coup dans le ventre. Dur mais salutaire pour un lundi matin gris.
    Merci Anne.

  2. Misogynie à part, je pense qu’il est beaucoup plus facile d’être « l’homme invisible » que la femme invisible ;-);
    J’ai experimenté moi même, cette « liberté » et parfois logiquement solitude; et n’ai pas attendu de « poursuivre l’université »‘ (où l’on apprend tout sauf l’univers et la vraie vie) pour m’en barrer, et tracer ma route « on my own », y compris pour gagner ma vie à mon compte, même modestement (c’est le prix à payer souvent), sans contrainte ni obligation de qui que ce soit;
    Et vu la « loi du marché », de l’offre de la demande où tout se » paye ou se marchande », y compris en « amour » (mot galvaudé et salit depuis des lunes), ou moins hypocritement y compris en « sexe », et relations de con-cul-pinage, les femmes sont souvent plus « harcelées » par la vue d’autres (des males en rut souvent), et bien que pas mal d’entre elles en jouent le jeu, et sont aussi « femelles en rut », leur liberté d’action et de tranquilité, doit être moindre que les hommes surtout s’ils sont du genre assez solitaires, ou « sauvages »; Dans ce cas, sans trop d’amis, souvent sans « amour », ni compagne ou relation, ni « fuckfriend » comme on dit vulgairement de nos jours, l’invisibilité est encore plus réelle pour un homme, et son champs d’action aussi;
    Le refus de « collaborer », la désobeissance civile, le boycott, est souvent le premier pas vers sa liberté

    Le prix à payer pour cette liberté, est donc souvent la solitude (mais on est réellement libre qu’en étant seul); mais si on a quelques « moyens » pour tracer sa route, alors la liberté est non seulement personnelle, d’esprit,de pensée et de tranquilité, mais aussi dans le temps (on a tout notre temps à notre disposition et on le gère comme on veut) et dans l’espace, si on a les moyens de se déplacer, voyager par soi même; entre autre;
    Pour ces « chevaliers errants », ou vagabonds solitaires, dont je pense modestement faire parfois parti, la règle des chevaliers, qu’ils se fixent eux-même, est souvent « ni femme, ni enfants » (et pour certains dont moi, c’est même un choix personnel, anarchiste et écologique aussi, car la vie de couple ou des enfants entravent de beaucoup la liberté individuelle, nuit à la nature et la terre déjà surpeuplée et saccagée, et le sexe est une forme d’addiction surtout quand on a « besoin de l’autre », du sexe convoité) ; Mais dans ce cas là, le champs des possibles est grand ouvert sur l’horizon, un des seuls obstacles pouvant survenir étant la mort physique; mais l’esprit se libère et s’en va dans l’infini, lorsque le corps physique touche à sa fin

  3. Quand je lis le billet d’Anne Archet, je sens que quelque chose, que quelqu’un se construit derrière l’invisibilité. Un mode de recherche qui questionne, qui réfléchit pour s’inscrire dans un rapport au monde, même s’il est contre ce monde. Dans le texte de Freebird, on est devant une identité qui se dissout, non pas dans l’invisibilité, mais dans le vide. À tel point que l’on se demande à quoi peut bien servir cette « liberté » revendiquée… Assez tristounet comme texte.

  4. Pour répondre à ton avis sur mon message,
    d’abord je ne cherche pas à « combattre ce monde » par la violence ou la haine, je n’attends rien de lui; Je le combats seulement par mon chemin de vie différent, et j’ironise sur ces systèmes où même les moutons qui s’y prétendent « rebelles », ont quand même encore bien besoin de lui souvent, et en attendent, pour pas mal de choses;

    Je n’ai pas besoin de revendiquer ou demander ma liberté, puisque je la vis à ma façon; Ni « gueuler contre le système » pour être libre, je ne l’ai pas attendu pour l’être sans lui demander;-)

    Si je « lutte » ou combats ouvertement le système, ce n’est donc plus « pour mes interets personnels », ça je m’en charge moi même sans eux, mais contre les injustices qu’ils font subir à la planète, aux autres êtres vivants entre autre; A la nature, les océans, les terres, forets et montagnes;
    Car c’est bien beau de revendiquer sa liberté et de gueuler contre la société ou se plaindre, mais si c’est pour y vivre et dans un monde bétonné, pollué, surpeuplé, moche et remplis de tristes « connards » égoistes (libres ou pas), ça ne vaut pas la peine à mon sens;
    D’ailleurs, même si j’ai été simple membre adhérent un temps, je propose aux gens qui veulent soutenir certaines de ces causes, de faire des actions en leur faveur, d’une manière ou d’autre, si l’idéal leur tient à coeur (Seapsherped par exemple, luttent en ce moment contre les baleiniers japonais qui veulent massacrer la liberté et la vie des dernières baleines en antartique, pour « alimenter » leurs megapoles hideuses… l let’s go pirate !

    http://www.seashepherd.org/

  5. J’ajoute que, dans cette société de « cons sots mateurs », beaucoup d’humains sont logiquement consommateurs avant tout, hommes et femmes y compris; Il y a des hommes et femmes  » biens et honnetes », mais aussi une bonne proportions de cons et connes, dictateur(trices); et beaucoup de ces gens sont devenus tellement égoistes et interessés, qu’ils confondent Liberté et égoisme consumériste; Mais être libre, ce n’est pas essentiellement faire tout ce que notre avidité veut, c’est avant tout ne dépendre de rien ni personne;
    Beaucoup de femmes (et d’hommes aussi), revendiquent leur « liberté » sexuelle par exemple, mais en fait il s’agit bien souvent plus d’une addiction, consommations reflet de ce meme système de consommation, et dépendance à leurs pulsions primaires (à ce niveau l’humain ne différent pas des rats, chiens et autres, voire même pire qu’eux !) et au final très peu « d’amour » véritable;
    Et finalement cette prétendue liberté, certaines femmes aussi en abusent, collectionnent les « ex », souvent se font avoir aussi par des « salauds », et souvent elles veulent que le mec leur « ponde un oeuf » ou alors elles en ont un à force sans forcément le vouloir; et se plaignent parfois ensuite du départ du gars, ou veulent des allocations etc;
    Mais on récolte ce qu’on sème dans la vie !
    Cette soit disant liberté peut donc très vite devenir une contrainte de plus, un gamin a élever, etc;
    Bref, chacun ses choix, sa vie, la liberté de chacun s’arretant au respect de celle des autres ;)

  6. @ freebird:

    « Pour ces milliards de cons qui font la solitude…», comme le disait si justement Léo Ferré, bravo!

  7. Très intéressant, chère anarque intellectuelle. (J’aime beaucoup les intellectuelles)

    Si j’ai bien compris, ça t’arrive parfois de sucer des bites ou de lécher des clitos sans rien obtenir en retour?

  8. Cela lui arrive aussi d’écrire un beau texte et d’obtenir en retour des commentaires à en vomir, si j’ai bien compris moi-même.

  9. Le plaisir est égoïste par définition. Soit on le donne, soit on le prend. S’il y a une transaction là dedans, ça devient du travail et perso, je n’ai jamais retiré beaucoup de plaisir en travaillant.

  10. Il faut vraiment vivre dans une société gouvernée depuis des siècles par l’échange pour considérer qu’une relation sexuelle est de nature transactionnelle. Si on avait raconté ça à un Huron il y a quelques siècles, il n’aurait rien pigé.

  11. Crisse David, tu te rends compte du ton avec lequel tu t’adresses à Anne?

    J’en suis contrarié et envieux. Tu ne m’as jamais demandé, à moi, si je suçais des bites gratuitement.

  12. J’allais me lancer dans une longue explication, mais j’ai trop l’impression d’essayer de faire comprendre ce qu’est la neige à quelqu’un qui n’a jamais quitté les îles Fidji.

  13. Je veux bien lécher des clitos sans rien recevoir en retour, mais ce serait intéressant que tu expliques à 99.9% des femmes sauf une minorité lillputienne pourquoi il ne devrait pas y avoir d’échanges lors d’une relation sexuelle. Parce qu’elles sont tellement enfermés dans leur dogme patriarcal qu’elle ne peuvent pas penser autrement que dans le culte de la PIV-positivité.

    En fait, ce n’est peut-être pas à moi qu’il faut nécessairement tout expliquer ça.

  14. Je ne suis pas altruiste, donc je n’ai pas envie de lécher le clito de Margaret Thatcher même si elle le voulait. Je ne suis pas assez généreux pour faire un don sexuel à cette mégère, désolé.

    Je ne vois pas comment on peut ne pas baiser avec n’importe qui en l’absence d’échange.

  15. à mon sens, une femme invisible (idem pour un homme) a justement une chose en moins comparé à une femme visible, c’est le revers de son état de fantôme : elle n’attire plus les regards et donc n’attise plus le désir chez les autres;
    Et si elle n’était pas trop moche, ça fait une perte plus qu’un gain, sauf au niveau de sa tranquilité !;
    Elle sera donc réduite à pratiquer surtout l’onanisme, si elle cherche le plaisir; Car peu d’hommes ou de femmes, sont attirés par un fantôme, sans un minimum d’apparence;
    Cela dit, l’onanisme, en y réflechissant bien, est aussi une des seules « pratiques sexuelles » vraiment anarchistes, voire subverssive et anti-sociale, vu que l’anar recherche la liberté absolue, et donc l’autonomie, l’autarcie, ne dépendre de personne pour ses propres désirs;
    Alors que pour créer une relation, il faut au moins être deux, et donc dépendre souvent du « bon vouloir » de l’autre, du désir réciproque, ou de son refus !
    C’est d’ailleurs pourquoi, ce que les humains nomment hypocritiquement « l’amour », (et là je rejoins Anne, sur le fait que la relation, le sexe est plus un désir égoiste à deux qu’un « échange ») n’est presque que du désir du début à la fin; Il y a le rapport purement « chimique » ou organique de la relation, et il y a tout le discours qu’on met dessus pour se justifier; Mais vu qu’il dépend du désir ou non-désir d’un autre que soi, ce seul désir crée infiniment plus de souffrance dans le monde, que beaucoup d’autres;
    Sans compter, les concessions, compromis, jalousies, tromperies, pour vivre en couple, ou tous ces gens qui « errent » littéralement à la recherche de leurs « proies » (dans les bars, boites, sur « meat hic » et compagnie);
    Bref, ceci révèle une bonne part de la médiocrité humaine, dans laquelle beaucoup se complaisent;

  16. Peut-être as-tu raison, au fond. Le problème est que même les groupes/catégories soi-disant les plus révolutionnaires de la société ne sont pas d’accord avec toi, alors il faut fuir sans connaître le bonheur de la sexualité sans échange. Tu es la seule que je connaisse à prôner un tel concept (ou non-concept).

    Voici un extrait provenant d’un site radfem soi-disant révolutionnaire:

    « you hate how straight men use sex to terrorize their female-bodied partners by giving us pregnancy scares and having a deliberately contrarian libido which never, ever matches ours. perhaps, you resent how your mother and everyone always told you that “all men want is sex” but then once you started having it yourself, you realized that men really dont want to fuck that often — just enough to make you afraid you are pregnant every month, but never enough to give you any real pleasure. yes? welcome to female heterosexuality. thats pretty much the definition of it. »

    http://factcheckme.wordpress.com/2012/07/08/on-gay-transmen/

    Alors, quand des gens aussi révolutionnaires que les féministes radicaux croient, en se basant sur de tels délires irréalistes, que l’échange est nécessaire à la sexualité, il faut donc fuir.

  17. J’ai lu à plusieurs reprises, et de toute façon, mes âneries portent sur le terme « échange » , pas sur le reste de ces trois paragraphes auxquels je suis essentiellement en accord.

  18. Moi je n’ai rien capté.
    Vous parlez de « fuir l’espace public, les lieux de médiation et de réification, les espaces concédés à la liberté par le pouvoir »… sur un blog (hum); vous parlez de vous réapproprier votre propre existence « dans l’invisibilité », mais vous vous mettez vous-même en scène/en prose, sous les feux de la rampe (ou sous ceux des autres), telle que vos lecteurs vous likent -et en premier M. Gendron qui est décidément une super tarte.
    Bon,d’accord, si c’est comme ça que vous vivez votre émancipation !
    Pour ma part, je m’emmerde tellement que je me suis résolu à partir/à disparaître; plus rien à foutre d’être ici ou là -pour ce que j’y fais… (moi aussi je me réapproprie : je me chie dessus ahah!).

    Bisoux baveux-dégueux Mme Archet, bon trip!

  19. à « l’eunuque »,
    Tu n’es pas censé ignorer je suppose que « le monde virtuel » est par définition … virtuel; Et qu’on y trouve tout et n’importequoi de la « nature humaine »;
    Sans juger, « Anne archet », je pense qu’elle met sur son (ou ses blogs) une part d’elle même, qu’elle ne peut pas forcément exprimer ou vivre réellement ou pleinement dans sa vie de tous les jours « in real life » comme on dit;
    Est-ce un délit de « mythonner » des fois ou de s’inventer une vie irréelle ou rêver ? je ne crois pas; Il y a bien des gens qui passent leur vie à escroquer, mentir aux autres, et à « vivre de ça », à commencer par les gouvernements du monde, et les « politicards » ;-)
    Même si sa vraie vie n’est pas en accord complet avec ses idées ou paroles, je trouve que c’est déjà un « bon début » de s’exprimer sur ses vrais idéaux; d’autant qu’elle s’exprimer plutot bien je trouve !
    et si ça peut lui permettre de peu à peu y ajouter des actes et choix de vie concrets, alors c’est encore mieux; Tant que c’est fait dans le respect des autres;

    Pour ma part, je pense respecter les autres dans la vie de tous les jours, mais je ne « collabore » tout simplement plus avec ce système et cette société hierarchique et moutonnière, même si je maintiens quelques « échanges » volontaires et distants avec elle (lire à ce sujet le très bon essai de Jean jacques rousseau, « discours sur l’origine des inégalité entre les hommes »)
    Cela dit, ça ne m’empêche pas de « baiser » profondément la société (désolé pour les yeux chastes !), et de lui en remettre par derrière; Et je ne vois pas rien d’illégal, d’autant que le système fait de même et bien plus envers les gens qui y sont, comme envers la nature et autres êtres vivants;

  20. @ freebird : ràf de vos manières de gromec (allez « baiser profondément » qui vous voulez, on s’en tape sévère)
    @ M. Gendron : beeuark! Méga Quiche ! Gros Flan ! Pizza Mouillée ! (j’ai mal au ventre…)
    @ Mme Archet : excusez-moi pour l’emportage, je n’ai aucune tenue (la tristesse me liquéfie); mes respects, cependant.

  21. à l’eunuque, tu sembles assez contradictoire comme gars (enfin un eunuque est-il encore un gars? : D) Tu critiques la plupart des choses d’anne archet avec ton arbalète, mais tu sembles habitué à venir lire ou commenter;
    Un peu maso ou hypocrite ?
    Moi, j’ai toujours des critiques, même sur ceux que je trouve interessants, elle y compris, mais quand je n’apprecie rien de quelqu’un, je me barre;
    De même si tu veux pas être un mouton de société, c’est simple, je ne vote pas pour élire ton futur berger (quelqu’il soit) ;-)
    Comme disait « La boétie » dans son discours sur la servitude volontaire,
    « Ils sont grands parceque nous sommes à genoux » ou encore
    « soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libre »;

    Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne votent plus, pour qu’ils n’aient plus à se plaindre et se faire abuser par des gouvernements; Les gens sont cons quand même

  22. « Tu critiques la plupart des choses d’anne archet avec ton arbalète… » où vous avez vu ça?
    Bien au contraire, je trouve que c’est plutôt plaisant à lire, voire même motivant/stimulant à divers degrés (et quelques endroits). En cela, son émancipation personnelle accompagne/entraîne la mienne (en parallèle), dans une même dynamique de libération inexorable et irréversible, explosive, catastrophique, terrifiante -ce qui ne veut pas pour autant dire que nous arriverons au même endroit…

    Alors oui, je suis peut-être avare en « c’est génial, c’est magnifique, vous êtes merveilleuse etc »… et je n’ai pas d’arguments à donner (pourquoi devrais-je argumenter mon opinion, mes envies, mes plaisirs, mes rêves?)… mais je vais vous dire une chose (rapprochez-vous un peu… tout près… plus près, que je puisse vous le chuchoter à l’oreille…) :
    en fait je suis pas du tout eunuque.

    Et là le mec il saute en l’air et il se barre en courant genre « on veut m’enculer! on veut m’enc »… ahaha!

  23. Désolé pour toi, mais n’étant pas homo, je n’ai pas ce genre de réaction sur ces sujets, et pour être honnête, je m’en fous; Chacun fait ce qu’il veut, chacun ses préfèrences;
    Pour ma part je ne juge personne à ce sujet, homo, hétéro,ou autres,peu importe, ce ne sont que des gouts ou choix personnels, qui ne regardent que la personne, tant qu’ils respectent les autres;
    Et à mon sens, il y a autant de « sales hétéros » que de « sales homo » sur terre, qu’ils soient hommes ou femmes, n’y change rien; Preuve que les « sales » défauts d’une personne ou d’un être, ne sont pas à trouver à ce niveau, mais dans ses bonnes ou mauvaises intentions, ses actions et qualités ou défauts d’esprit;

  24. C’est quel philosophe grec qui a dit que le silence est la meilleure façon d’argumenter avec un idiot? Tu le sais peut-être, Anne, vu tes connaissances des philosophes antiques, de loin plus riche que la mienne…

    Pour l’avant-denrier paragraphe, je crois pas, non. L’insurrection tend vers un brouillage total, surtout par la force, des limites entre l’espace public et privé, en piratant et subvertissant les deux également.

    Pour le mot de la fin, y-a-t’il un temps, suspendu dans l’avenir incertain, où on pourra vivre pleinement à la lumière du jour -que mon vrai être invisible fuit lui aussi comme un vampire- à part l’idée d’un Grand Soir à la con, ou l’Insurrection qui est déjà arrivée? Je sais pas… y a bien des gens, des complices invisibles, comme toi, probablement, avec qui j’ai profondément envie de rencontrer, de jaser, de partager un thé, comploter, voire même organiser des attaques dans la joie nihiliste totale dude la saboteureuse. C’est maintenant qu’il faudrait faire ce genre de choses-là, partager son invisibilité avec celle d’autres pour craquer la coquille de la société, mais c’est d’un lieu ou plusieurs qu’on a besoin, pas d’un temps à faire rapprocher par nos actions militantes dans les rues. Un lieu où le cloître affinitaire ou solitaire que reproduit l’espace privé, et indirectement l’espace public de l’État, n’est plus limité par des barrières physiques ou culturelles (la porte de la bâtisse de mon apart, la crisse d’autoroute à prendre pour rejoindre quelqu’un, l’accoutrement contraculturel, etc) mais seulement par rien d’autre que notre intérêt sécuritaire vis-à-vis la force Ennemie de l’État…

    C’est pourtant clair, pour pleins d’insurgés en Europe, en Amérique latine aussi, la nécessité d’occuper des bâtiments pour les libérer de la propriété, ce qui permet de libérer les despotismes inconscients de la propriété sur chaque personne. C’est même une lutte en soi, pour des autonomes que j’ai connu, dont l’occupation sauvage est devenu une sorte de métier… Et merde, ça apporte un toit, quelque chose à manger, permet de faire des connaissances, de créer des solidarités. Pourquoi les anarques d’ici ne le comprennent pas, c’est hors de moi.

  25. Personne n’a compris que la fin du texte empruntait – à juste titre et avec rigueur – certains concepts à D&G – – – (le Dolce Gabbana du tagteam rhizomatique anti-freudien)?

    Suis-je seul à écouter la lutte où il se frappe pas pour de vrai et à boire du chocolat chaud?

    Big big love Anne!

    x

    (dans le sens de soupère texte)

  26. en réponse à Vlad,
    je dois faire parti des « loups solitaires », mais je pense qu’un danger de l’anarchisme, est justement l’anarchisme « communiste » ou revolutionnaire; Car tous les « communautarismes », quelqu’ils soient échouent, tot ou tard, et reproduisent éternelle les même erreurs, injustices et désillusion : à commencer par la lutte des « chefs », ou de pouvoir (même chez les soit disant « anarchistes ça existe, comme chez les moniteurs du club med, ou chez des parti politiques institutionnels bien sûr !
    Ceci ne vient pas toujours d’un « mauvais idéal ou utopie », mais de la « naure humaine » (souvent inhumaine);
    C’est toujours les systèmes, les « ismes », qui corrompt l’homme;
    L’homme libre, anarque, est toujours un être unique, seul mais solidaire, ou d’entraide quand le il le souhaite; Et sa propre liberté, ça ne se négocie pas, pas même dans un mouvement anarchiste ;)

    La vraie « révolution » est personnelle, individuelle, voire spirituelle, pour ma part;
    Elle peut agir à tout instant et en tous lieux; surtout les lieux sociaux ou d’institution et ces actions ou non-actions ne passent pas forcément toujours par la force ou la revolte (en dernier recours souvent), mais par l’ironie, l’humour, le je m’en foustisme, déconstruire par la dérision, les mots ou notre façon de vivre, tous les batiments rigides que les humains s’échinent à ériger et à faire reluire;
    La vraie anarchie, c’est comme se lever en plein diner familial soporifique et pathétique, et leur dire « je me casse, vous m’emmerdez »; C’est l’ouvrier qui jette son tablier, et va dire « babye en souriant » à son ex patron; C’est faire un sit-in solitaire assis à l’indienne dans un meeting de capitalistes bourges; et j’en passe des meilleurs !

  27. Le problème de l’invisibilité est un faux problème, « chère anne »,
    surtout dans un monde où la plupart des gens ne savent pas voir, ne serait-ce que leurs plus proches, ni même le monde visible tel qu’il est, ni la vérité qui se cache derrière;
    Bien plus qu’être invisible, l’essentiel est de savoir voir, le monde en face de soi, et d’abord commencer par « se voir » et se connaitre soi même;
    La plupart des êtres sur terre, croient voir, mais demeurent aveugles aux réalités les plus simples, ne voient que la face visible et éphémère des choses, et n’effleure même pas la face invisible et réelle, celle qui ne passe pas;
    La vraie liberté n’est pas acquise par le fait de se rendre invisible,d’autant plus dans un monde de borgnes, d’aveugles, ou d’indifférents, mais par la claire vision du monde

  28. Mais je suis tout à fait d’accord, Freedbird, et je vois pas en quoi mon commentaire faisait dans l’anarcho-cummunisme. Les communautariste, je les emmerde, car ils ne servent qu’une forme de sous-État, comme de petits esclaves bolcheviques!

    Y a volonté de créer des espaces communs, qui peut permettre de sortir de son atomisation pour créer des solidarités au-delà de soi, et y a le militantisme pour le « Parti », ou le fantôme invisible d’une soi-disant communauté qui est un produit de l’aliénation. La liberté commence par l’affirmation du soi, c’est certain, mais l’individu dans cette société est condamné à pourrir et mourrir dans l’atomisation crée par la propriété privée et le travail. En fait, l’individu, c’est inconsciemment l’ennemi public numéro un, dans cette société, et t’as même ça dans les groupes militants (enfin ceux qui se prétendent anarchistes, pas ceux qui le sont pour vrai, qui ne sont pas des groupes, en fait).

    C’est de là que je vois une nécessité d’aller au-delà de soi, en créant des intersubjectivités (des liens) qui permettent de se soutenir à plusieurs face à l’ordre établi. La police, elle est forte seulement à cause qu’ils se mettent à plusieurs sur une ou quelques personnes qui ne sont pas habituellement en mesure de se défendre. C’est ce que l’approche collective (pas collectiviste) tend à solutionner, de collaborer avec d’autres personnes intéressées pour être plus fort-e-s. Faut avori déjà été dans des situations d’oppressions pour comprendre ça.

    Je crois pas que t’as compris ce qu’Anne voulait précisément signifier par invisibilité. C’est justement pour se protéger et se libérer des borgnes et des aveugles qu’on se rend invisible, et ça a une relation directe avec le fait de voir clair, car du point-de-vue de l’aveugle, cellecelui qui voit clair est un-e folle-fou, un-e subversif-ve, un-e freak, voire criminelle. Aucune compréhension n’est possible à travers un mur de jugements.

  29. @ vladnihilum:

    Pour comprendre véritablement ce qu’est l’anarque, à lire: «Eumeswil» de Ernst Junger, éditions: La table ronde (1978) où vous apprendrez, peut-être, que l’anarque peut vivre dans la solitude; l’anarchiste est un être social, et contraint de chercher des compagnons.

    Comme le loup, l’homme seul demeure imprévisible…

  30. à Vlad, je comprends mieux ton point de vue;
    Bien sûr un « homme seul » n’a souvent que peu d’impact sur le système, à part « par son exemple » et sa singularité (des exemples comme Gandhi, Geronimo ou Crazy horse dans la lutte pour la liberté des amerindiens);et pour se défendre ou défendre une minorité contre une majorité (qui a souvent tort) se ressembler peut être une solution;
    Mais il appartient à chacun de lutter contre l’oppression, même « légale »; et ce qui est « légal » n’est pas toujours légitime loin de là; Et cette oppression est à la fois interieure (en chacun) et exterieure, dans nos liens avec le monde et le « système »;
    Pour gagner un combat, il y a deux options principales, soit résister, s’opposer, forcer dans le sens contraire et essayer de faire plier; A ce niveau, c’est généralement le plus fort « physiquement » qui l’emporte (mais pas toujours le plus juste)
    L’autre option, chère aux arts martiaux dignes de ce nom, c’est esquiver, laisser passer le coup, s’eclipser hors de l’attaque, et la laisser tomber dans le vide ainsi crée; C’est une forme de non-résistance active, de non-violence combattive; ce qui rejoint le boycott et l’invisibilité; Ce combat là se gagne sans combattre, l’oppresseur chutant sous l’effet de sa propre force, quelqu’elle soit; Une forme d’aikido libertaire, qui n’exigent pas la colère, la haine du « coup pour coup », mais au contraire, la maitrise, la sagesse, la vigilance, qui confère la liberté inconditionnelle, car ne dependant que de soi

  31. N’y a-t-il pas quelque narcissisme dans le fait même de s’oeuvrer à « mettre dans sa face », à un public indéfini et virtuel, la nullité originelle de son pitoyable grégarisme?

    Vous pouvez répondre « Certes… » tout simplement.

  32. Chère Anne Archet…je vous lis depuis peu et sachez que…..!! Vous me beurré le coeur de cacahouètes et mon céphallé d’émotions…
    Continuez ainsi à nous dégager le cerveau de votre pelle et force vélocité.
    Car à l’entre de certains cerveaux enrhumés, qui obstruerais un tunnel de moyenne importance vous êtes à mon « humble avis de primate… » et patent obsédé…une lumière exquisssseee !!

    Merci de votre récréation…car pour moi cela en est une…!!

    Signé: Anima Sana…en couple avec une LesbosBi qui me le rend bien.

  33. commentarium circulaire en cirque de navacelle
    lorsqu’écoute ne serait-ce
    qu’en apparence illusoire
    tout n’est que
    oui, non
    illusion d’oubli de fantasme à la renverse
    l’on me
    reprochecrachetera peut-être, puis
    d’oubli par le seul déni
    éphémère égoîsme absolu vital et refus
    d’axiome à l’égosille sornettant
    il m’apparaît
    d’espoir en illusion suprême que de vivre
    seul distinction d’entre la survie, la vie étant
    que de nectar essentiellement dansant nu
    il se fait
    qu’à chaque frange d’ailleurs de plus
    ici, j’attends
    de ce sérum, ma remontrure
    qu’en brève rupture d’intermitence incessamment répétationné
    désolument

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