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Prendriez-vous un peu d’état de droit avec ça?

Vous vous imaginiez avoir des droits? Belle naïveté. Vous n’avez que des privilèges consentis par le pouvoir selon son humeur et son bon vouloir. Vous pensiez avoir des libertés? Vous n’avez qu’une marge d’action soumise au degré de tolérance et de patience du pouvoir. Vous pensiez être protégés par ces vulgaires chiffons que sont les chartes des droits? Elles ne s’appliquent que si vous vous tenez tranquilles, que si votre soumission est parfaite. Dès que vous décidez de relever la tête, les chartes ne valent même pas l’encre avec laquelle elles ont été imprimées.

Vous pensiez que le mot «démocratie» signifiait la participation de tous à la gouverne de l’État, aux décisions communes? Ce n’est – et depuis le début – qu’un prétexte, qu’une façon de justifier l’existence de ce pouvoir qui exerce sa tyrannie sur vous, qui vous crache au visage, qui vous gaze et qui vous éborgne. Chaque fois que vous votez, vous donnez de la légitimité aux bourreaux, vous leur donnez un argument pour mieux asseoir leur pouvoir. Et je vous vois venir, tous autant que vous êtes. Vous vous dites: «qu’ils déclenchent des élections au plus vite, qu’on se débarrasse de ces tyrans corrompus !» Vous allez vous ruer aux urnes et le soir venu, lorsque Bernard Derome aura annoncé que «si la tendance se maintient », un autre parti formera le gouvernement, vous irez vous coucher avec la satisfaction fugace d’avoir changé le cul qui réchauffe le trône – fugace, parce qu’on se retrouvera quelques années plus tard dans la même situation. Et je vous entends déjà faire la morale à tous ceux qui n’auront pas participé à votre grand-messe.

Il faut être aveugle pour ne pas constater chaque jour l’horreur violente et démocratique. Ou encore, il faut avoir été corrompu par une éducation qui n’a comme objet que de tuer tout esprit de révolte et d’inculquer la soumission à l’autorité. Nous avons été tellement pervertis – et je dis bien «nous», car je ne suis pas meilleure que vous – par cette existence sous la férule de la loi qui régente tous les aspects de notre existence que nous avons perdu la plupart de nos réflexes naturels, tout sens de l’initiative et toute capacité à réfléchir par nous-mêmes. Et lorsque nous nous sentons opprimés, exploités et victimes d’une injustice, notre premier réflexe est de soumettre nos doléances à nos maîtres, de manifester pour qu’ils acceptent de nous écouter et décident, dans leur grande magnanimité, de nous accorder leurs gracieuses faveurs. Nous sommes si domestiqués que nous ne pouvons plus concevoir vivre autrement que comme des bêtes de somme, c’est-à-dire sous le régime de la loi, élaborée par un gouvernement représentatif et appliquée par une poignée de gouvernants.

Vous pensiez qu’il y a de «bons policiers» ? Si un individu accepte de soumettre ses semblables au joug de la loi au nom de principes transcendants fumeux – les fameux fantômes de Stirner – comme le «bien commun», la «paix sociale» ou «l’état de droit» et toutes les autres abstractions qui servent à écraser nos visages dans la boue, en quoi cet individu mérite-t-il autre chose que le mépris? Ce n’est qu’au prix de renoncer à tout ce qui fait de vous des individus libres, ce n’est qu’à condition de troquer votre vie pour une survie médiocre que vous pourrez jouir de la protection de la loi. Le flic n’est votre ami que si vous lui baisez les pieds;  ce n’est que lorsque sa botte est bien placée qu’il vous sourit gentiment.

Vous pensez encore que l’anarchie est un radicalisme dangereux? Force est d’admettre que c’est votre belle naïveté qui l’est.

Catégories :Accès de rage

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

4 réponses

  1. Bonjour,

    Suite à cette phrase : ‘Vous pensiez que le mot «démocratie» signifiait la participation de
    tous à la gouverne de l’État’, je pense à cette conférence, que je vous transmet :

    Et à cette définition :

    « Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage »

    Définition de la démocratie selon le philosophe Paul Ricœur

    Stéphane

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