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Épitaphe de Fernand Pelloutier

Fernand Pelloutier

Étrange, parfois, dans ces nuits convulsées
De rêver avec toi de cette société
D’hommes et de femmes fiers et libres
Moi qui suis si loin mais si proche, écho noir et sourd
Je suis ta fille bâtarde éblouie
Je suis ton amante fraternelle
Toi en rupture de tout, poussé dans la marge
Par tes idées
Par la répulsion qu’inspirait ton visage
Déclassé, inclassable, transfuge
En marge de la bourgeoisie
En marge du prolétariat
En marge de l’anarchie
En marge de la marge
Homme d’exception franc-tireur mal-aimé
Martyr de la révolution à faire
Figure de légende
Modeste, banal et oublié

Tu attirais estime et admiration
— même des flics chargés de t’espionner
Peinant dans l’obscurité et le dénuement
Confiné à des besognes ingrates et obscures
Exploité par les exploités que tu défendais
Rongé par la misère et la souffrance
Lupus facial laryngite tuberculeuse
Rongé par les mythes
Idéaliste sans illusions
Solidaire de la réalité
Sans dieu, sans maître et sans patrie
Révolté de toutes les heures
Fort de tes faiblesses
Éblouissant

Homme de l’action directe
De l’émancipation collective
Tu te méfiais de la masse
Ne croyait qu’aux individus qui la composent
Amant passionné de la culture de soi
Le syndicat était pour toi aventure
qui relève à soi-même
Extraction de l’individu à la foule anonyme
L’idée de grève générale
Un rappel que tu voulais permanent
Des exigences les plus hautes de la révolte
Au sein des contingences
Conseiller, instruire, jamais diriger
Allumer l’incendie
Créer la tension croissante qui mène à l’explosion
Brandir l’individu contre toutes les tyrannies
Même celles nées du désir forcené
D’en finir avec elles

Un jour ou l’autre, nous aurons tous à nous rebeller
Quoi que nous pensions en ce moment
Quelles que soient nos opinions actuelles
Notre sexe notre couleur notre condition
Nous deviendrons tous insurgés
Nécessairement
Un jour
Car c’est la terre qui nous y obligera
Et ce jour, je verserai une larme en pensant à toi
Mort entouré de tes livres, tes seules possessions
Sans avoir vu éclore la timide et fragile fleur
De l’amour de la liberté

Catégories :Accès de rage

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

9 réponses

  1. et quand au… et cantat… et chanter… et trois petits points et puis chantons. quatres chatons enfermés dans un sac qu’on jète dans une mare noire (pour les noyer)… et quand à jim morrison, aimait-il le saucisson ? et quand kurt cobain est mort, les gens dansaient dans les boites de nuit, sur le son de « RAPE ME », et j’allais vomir dans les chiottes des filles. et quand je devais me garer sur le parking, il n’y avait jamais de place. et quand j’ai voulu me tuer en jetant ma bagnole contre cette autre bagnole, j’avais oublié d’enlever ma ceinture de sécurité. et quand je gueulais comme un putois qu’on égorge dans ma chambre solitaire, ça faisait flipper la voisine du haut que j’entendais tous les soirs à minuit, faire les cents pas dans sa turne. et je n’arrivais même plus à bander devant la présentatrice météo de canal +, quand le soir venait, à cause de toutes ces camisoles chimiques, alors je reprenais quelques gorgées de whisky en me sentant jeté à terre par le poids du monde et des regards des hommes, et des femmes, et des chiens et des enfants, des voeuves et des militaires, des grand-mères, des poivrots, des arabes, des poivrots arabes, des tarés du rayon psy…
    et quand mon amour débarqua un dimanche après midi d’avril, j’étais bourré. et on se regarda « leaving las vegas » ensemble. elle aussi était folle, flippée, alors on s’entendait bien tant qu’on vivait pas trop, et qu’on s’échappait dans nos songes d’enfants ensemble, sur le matelas. et tous les lundis, j’avais mes travaux d’intérêt généraux à gober, en plus des camisoles chimiques et du vide, de la haine réduite à des hallucinations visuelles, haches, sexes, napoléon, bukowski, jim morrison, tom waits, tricky et ses anges aux sales gueules, le trip-hop, massive attack et les joints, les couleurs de la musique, la honte d’être soi, baisé par soi-même, incapable d’assumer le poids du monde, le vieux clochard qui buvait ses rouges au bar du rond point, le chien loup de la vieille gérante du bistrot, les punks, mon boulot, pisser contre les vitrines remplies de dictionnaires de rimes le dimanche après-midi, et retourner bosser à la biliothèque le mardi, stressé par la présence de TOUS CES INDIVIDUS QUI RIAIENT ET PLAISANTAIENT ET TROUVAIENT çA NORMAL… les derniers temps du socialisme triomphant dans leurs cerveaux bien-intentionnés, de la sympathie ? du rejet ? des regrets ? DE LA PLANQUE ABSURDE DE SOI DANS UN CONFORT DE MERDE EN OUBLIANT LE RESTE ??? MAIS QUI J’éTAIS NOM DE DIEU ??? nulle part, anne, nulle part, partout, tout est oublie, tout le temps… le rythme célinien me hantait durant mes insomnies, comme une malédiction, les termes défilaient, les concepts inconscients de génération de REJET, de CRACHATS SUR LA VIE, d’abomination ambulante, terreur, absurde, songe, liqueur, merde accouplée à une charogne de gamine qui saigne de l’hymen, amen!
    comment rire, hein, tu m’expliqueras, après ça ?
    les trottoirs hantés par les agonies, les lits solitaires d’hopital psy, et le MISTRAL qui vient me faire sa morale, qui veut m’envoyer son indien aux petits pieds… du bleuf, de la merde de conquit par lui même… et pourtant, tu vois, j’aime encore parfois. cachetoné depuis l’age de 8 ans. MOI. l’anarchie théorique, le verbe et les leçons. c’est toi qui m’avait envoyé une phrase de george bataille qui disait qu’il fallait répéter, parce qu’ils ne retenaient rien, une fois, vers 2003 (ou 2002, chéplus..)… j’ai dû retenir. tu disais aussi que selon un proverbe indien, le verbe, la parole déployait la vie… j’ajouterai : « ça dépend pour qui »… on a trop tendance à oublier ceux qui n’existent pas, ou si peu, ceux qui brulent dans leur feu, patients comme des papiers tue-mouche sans colle, la vie qui dégringole, l’amour qui illumine, le passé, les larmes.
    et maintenant les GROS TARéS plantent des caméras dans vos slips, dans vos montres, dans vos cerveaux et dans votre sang, ils vous donnent les moyens de vous exprimer pour mieux vous ficher, vous niker et vous continuez à GOBER. détrompe toi sur ma démarche, tite geisha, je marche avec la mort depuis le début, ça change tout quand t’y repense, nan ? tu crois que je me trimballe juste ma petite fiote d’opinion encore ?
    une citation, allé :
    « ceux qui mangent de la viande, cherchent à se mettre quelque chose sous la dent
    ceux qui ne mangent pas de viande, cherchent à se mettre autre chose sous la dent

    si ces pensées vous intéressent
    ne serait-ce qu’un instant
    vous êtes foutu »

    (leonard cohen)

    tu sais, l’amour, hein ?
    adoré ton billet.

    HEIL HITLER!!! + mon curé chez les nudistes.
    (si tu pouvais te pointer chez moi, un de ces jours, histoire qu’on se constate par un silence orné de larmes d’oeils, sous le regard de dieu, nous deux, enfants du paradis incandescent, hein ?)

    + en ce moment je t’aime mieux, parce que tu commences à atterrir. c’est pas qu’y ait quelque chose à gagner, mais disons que les humains, pour les soigner, ben j’ai pas la solution, surtout.(ou alors, les plantes)

  2. zero héros à l’infini :

    ils disent… ils disent..
    ORGINET PORGINET!!!
    gaetan bouchard est concerné. (en 2 mots, concerné, hein ?)
    « shoot them at the back now », c’est à vous!

  3. et sinon, un bisous ?
    je peux me faire des couettes si tu veux, j’ai les cheveux longs en ce moment …

  4. j’avais entendu dire que le guitariste des ramones avait soutenu la présidence de george bush, une fois. je n’ai jamais vérifié les sources, mais c’est un bruit qui courait à moment donné…
    et en lisant les potins rock dans une revue sur le sujet, j’étais tombé sur une interview de Joey Ramone qui racontait que dans « the K.K.K. took my Baby Away », un des titres les plus populaires du groupe, c’était plus le fait que son frère lui avait piqué sa nana au cours d’une saoulerie qu’une réelle intention de revendication à caractère politique qui lui avait inspiré les paroles. puis si on se penche un peu sur le lyrisme de Joey, ben on s’apperçoit qu’il avait un côté fleur bleue aussi des fois, reflétant un caractère humain, fragile, mélancolique, qui à mon goût ne manque pas de charme. ainsi, sa reprise du « wonderful world » de louis armstrong, ou le fameux « I believe in miracles », qui suggère la crise mystique qu’il aurait traversé à un moment donné de sa défunte vie.

    R.I.P. Joey. tu auras eu ce que tu voulais finalement. Bisous.

  5. un dernier pour la route :

    chuis un ermite
    j’aim’ pas la foule
    je prends des cuites
    et je me soule
    loin d’la marmite d’ébullition
    je mourrai seul comme un pauv’ con

    dans mon vomi
    dans mon caca
    sans patchouli
    ni mascara
    au fond d’un trou nauséabond
    sans ma marie, ni ma manon

    j’ai eu le regret de partir
    mais aujourd’hui m’en vais finir
    loin du bon dieu et de ses anges
    mon paradis, moi, c’est ma fange
    ma collection de dégueulis
    et sus au con, j’reste insoumis

    y’en a qui causent de liberté
    d’avoir des femmes, d’avoir du blé
    et moi aussi j’ai essayé
    d’adhérer à leurs bonnes pensées

    mais j’me sentais pas à ma place
    parmi les gens, parmi la masse

    y’en a toujours qui ont l’opinion
    qui vole au d’ssus du peloton
    la mienne c’est qu’personne à raison
    et les entendre ça m’fout l’bourdon

    j’ai essayé de m’expliquer
    j’y ai juste brulé mes belles années
    j’avais pas l’aplomb ni l’amour
    qui auraient inspiré mes discours

    chuis devenu un dégueulasse
    loin des gens bons et loin des masses
    ver solitaire dans la saucisse
    qui attend son heure de précipisse

    j’attends la fin en bon à rien
    la fermeture du magasin
    que la dernière étoile brille
    p’t-être en r’pensant à cette fille

    la larme à l’oeil dans mon terrier
    j’me rappell’rai qu’ j’avais aimé
    quand viendra l’heure de clamser

    santé ! ;)

  6. on peut se laisser aller à la haine quand on se sent traqué comme une bête, haine intégrale, à commencer peut-être par soi.
    il y a longtemps que ça dure.
    toutes sortes de supplices moraux. la haine devrait être l’ennemie.
    dans l’isolement, sans repère ni fierté, on perd peu à peu de son humanité. à l’intolérance, on peut répondre par d’autres intolérances. et le cercle infernal est lancé. quand j’ai la tête froide, comme en ce moment, je me sens mieux. je la sors hors de l’eau.
    ceux qui ironisent sur la souffrance… quoi ? après tout, c’est aussi ça être humain. tenir des propos « primesautiers », désir de dominer ou de convaincre, pour quoi ? pour être admiré, aimé… le masochiste se débrouillera pour obtenir le contraire de celà, cultivant la haine de soi, la dégradation de soi… culpabilité.
    pour sortir la tête hors de l’eau, j’ai bu et rebu… encore à causer de MOA…
    la folie, la carapate de la conscience (dé)traquée. la culpabilité peut vous mener bien loin… etcetc…
    simplement un merci à votre intelligence et à votre acharnement dans la voie d’un éveil des consciences, madame archet.
    on aura de plus en plus besoin de gens comme vous par les temps qui courent.
    il n’y a pas que du faux dans cette phrase qui m’avait été lancée par un anonyme : « l’ironie est le refuge des faibles. » il me reprochait ma haine, et affichait ainsi son mépris, qui n’est qu’une forme de haine plus sophistiquée…
    et si je lui réponds « le plus fort doit dominer et ne doit pas se mélanger avec plus faible que lui, afin de ne pas sacrifier sa propre grandeur. seul celui qui est né faible, peut penser que ce principe est cruel. » en citant adolph hitler, et faisant référence à sa propre attitude, il dira que je cherche encore à m’en tirer, et après tout c’est vrai. mais ça ne s’arrête pas là…
    je ne vais pas faire trop long, car je me sens confus, et ne voudrais pas encore m’enfoncer davantage… c’était simplement pour dire qu’en proférant « Heil Hitler », dans mes messages précédents, c’était plus pour jeter à la face de l’intolérance son propre visage que par vénération pour l’idéologie du reich.
    c’est tout. la route est longue.
    bon courage anne archet.
    je suis un idiot, mais tout le monde crève. de là à le souhaiter à « la masse »… foule moutonière, aussi, kan-maime, souvent. dont je ne m’exclue que par ma propre exclusion d’elle, mais par manque de courage, non par lucidité… etcetc…
    je vous aime bien.

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