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Commentaires désobligeants (de 2018)

coomentaires-2018

(Encore une fois glanés ici et là et placés pêle-mêle sur cette page afin que rien ne se perde.)

Aphoristique

Un poète m’a demandé si j’étais, moi aussi, poète. Je lui ai répondu que j’étais plutôt une aphoriste. «C’est un art qui se meurt…» a-t-il ajouté. Flattée, je l’ai remercié en lui disant que je ne peux pas m’attribuer tout le mérite.

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On se rassure comme on peut

Le futur m’inquiète beaucoup en ce moment, mais je me rassure en me disant qu’il en reste toujours un peu moins chaque jour.

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Capitalisme avancé (1/5)

Les griefs des opprimés sont diffusés dans un but lucratif par leurs oppresseurs.

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Capitalisme avancé (2/5)

La monnaie devient crypto-monnaie et les crypto-fascistes redeviennent fascistes.

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Capitalisme avancé (3/5)

Les machines utilisent les humains en leur faisant utiliser des outils.

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Capitalisme avancé (4/5)

L’histoire, en se répétant, saute la tragédie et va directement à la farce.

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Capitalisme avancé (5/5)

Toutes les solutions proposées ne représentent jamais plus que la formulation incorrecte de leur problème.

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Pics or it didn’t happen

Sur internet, personne ne sait que je ne suis qu’une stratégie discursive.

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Simulatrice

Je vous ai tous convaincues que j’étais atteinte du syndrome de l’imposteure, mais dans le fond, je faisais juste semblant.

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La chute (1/7)

Le monde pourrait devenir un endroit merveilleux si on faisait tous juste un petit effort en le quittant pour ne jamais revenir.

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Ça ne me botte pas du tout

Le prochain pubard qui me traite d’influenceuse, je le kick en plein dans la marque.

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Invisibilité

Je ne crois pas que c’est une coïncidence si les révolutionnaires, les journalistes et les flics se retrouvent constamment aux mêmes endroits. Chacun prend les deux autres pour des parasites et chacun a raison à moitié. En réalité, ils ont tous besoin les uns des autres.

Je pense qu’il faut aller où les révolutionnaires, les journalistes et les flics ne vont pas. Il faut lire ce qu’ils ne lisent pas, dire ce qu’ils ne disent pas, porter attention à ce qu’ils ne voient pas. Jusqu’à devenir rigoureusement invisibles.

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Optimisme (1/2)

Mon seul problème est la totalité. Autrement, ça va.

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Lettre de rupture

« Ce n’est pas toi, c’est ta critique impitoyable de tout ce qui existe. »

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Autoportrait de l’aphoriste dans son époque

«Décrivez votre œuvre en trois mots.»

Post-factuelle, proto-apocalyptique, pré-posthume.

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Gauche

C’est le propre de la gauche de se définir en opposition de ses ennemis : l’homme blanc, le kulak, le capitaliste, le fasciste. C’est aussi le propre de la gauche d’enfermer les opprimé.es dans les catégories  qu’elle s’est fait sa mission de les libérer.

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Contrat social (démocrate)

Il existe une entente tacite entre mes amis Facebook sociaux-démocrates et moi. Ils endurent mes statuts pessimistes, individualistes et nihilistes à l’année longue et je fais semblant de ne pas voir leur propagande électorale à la con tous les quatre ans.

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Désir et transgression

On ne peut désirer que sur la base de ce qu’on connaît. Ce qui fait que l’on se retrouve souvent avec des désirs qui servent davantage les intérêts des dispositifs du pouvoir que les nôtres.

Les désirs ne peuvent changer que si on change la vie qui les produit. On doit avoir expérimenté la liberté pour désirer la liberté – et ainsi devenir libre. Or, le temps et l’espace de l’ordre social étouffent toute expérimentation qui ne va pas dans le sens de l’accumulation du capital, a fortiori l’expérience de la liberté. On peut donc imaginer de nouvelles relations avec nos semblables, de nouvelles façons de vivre, qu’en transgressant les impératifs du temps et de l’espace sociaux.

Bref, je suis de plus en plus convaincue que transgresser pour transgresser, que détruire quelque chose de laid pour le seul plaisir de détruire quelque chose de laid est un geste salutaire – parce que ce geste désencombre l’imaginaire et permet de commencer enfin à désirer pour soi-même.

On pourrait dire que je suis environnementaliste: je lutte pour dépolluer l’environnement mental.

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Déstructuration

Lorsque confrontée à une structure sociale, j’ai l’habitude de réfléchir en tout premier lieu à la façon dont elle détermine mes pensées, mes choix et mes comportements avant même de commencer à discuter de ce qui devrait être fait à son sujet.

Ce faisant, j’en arrive presque toujours à la conclusion qu’elle devrait être abolie – dans mon propre intérêt.

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Niqab la police

Pour empêcher les femmes qui portent un voile de devenir policières, je propose qu’on abolisse la police. Ce sera bien fait pour elles (et pour nous, par le fait même).

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Lundi matin, sept heures (1/5)

Pourquoi est-ce toujours le lundi que l’envie me prend de lire Marx ?

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Phobie sociale

« Je serai au Salon du livre », said no Anne Archet, ever.

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La chute (2/7)

Pour quelqu’un comme moi qui adore les crépuscules, c’est l’époque idéale pour être civilisée.

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L’objet de la machine (1/2)

Toute la technologie que j’utilise (ou qui m’utilise) quotidiennement semble n’exister que pour me convaincre que je ne suis pas une esclave.

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L’objet de la machine (2/2)

Dès que mon regard est dévié de l’écran, il tombe sur un indice que la façon de vivre qui m’a été imposée est en fin de parcours – qu’elle périclite et se désagrège lentement. La technologie me garde dans un monde qui disparaît pendant que le sol se dérobe sous nos pieds.

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Twits

Je viens de me rendre compte que Twitter a éliminé tous mes faux followers. Je trouve ça dommage par contre que tous mes faux leaders restent encore solidement en place.

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Optimisme (2/2)

Le dernier optimiste que je connaissais vient d’être retrouvé mort noyé dans un verre d’eau à moitié plein.

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Reality check

Soyons honnêtes : si ça ne passe pas complètement inaperçu, ce n’est probablement pas la vérité.

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Farce tragique

Tant qu’à nous imposer une dystopie, ils auraient pu au moins en choisir une qu’on puisse prendre minimalement au sérieux.

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La source de votre aveuglement

L’amour n’est pas la cause de vos pires décisions, mais plutôt l’affection que vous avez envers elles.

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La tyrannie du prudhomme

Mon désir de respectabilité est soufflé à mes oreilles par le flic dans ma tête. J’agis rarement dans mon propre intérêt en l’écoutant.

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La fin des utopies

Si vous me cherchez, je serai dans la rue en train d’enlever les pavés. Je compte bien me mettre la tête dans le sable et appeler ça la plage.

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La chute (3/7)

Si le monde pouvait juste s’arrêter, peut-être que la vie pourrait continuer.

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Sens des priorités

En ce qui me concerne, j’ai décidé de prendre du recul par rapport à la politique pour commencer à désespérer de l’esthétique.

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Tératologie dans la chambre à coucher (1/4)

Les enfants qui ont peur du monstre sous leur lit se mettent à voter pour lui quand ils deviennent grands.

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Tératologie dans la chambre à coucher (2/4)

Le monstre sous votre lit a le regret de vous informer que vos rêves peuvent devenir réalité.

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Tératologie dans la chambre à coucher (3/4)

Le monstre sous votre lit vous fait dire de vous en trouver un autre safe space parce que c’est le sien à lui tout seul.

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Tératologie dans la chambre à coucher (4/4)

Si vous empêchez le monstre de sortir de sous votre lit, les centristes diront que le vrai monstre, c’est vous.

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Une constante de l’histoire

Ne vous en faites pas, il y aura assez de déceptions pour tout le monde.

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La bourgeoise de dévergonde

Dimanche ! Il n’y a pas de meilleur moment pour être bourgeoise.

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La démocratie ne fait pas le bonheur

Ne vous en faites pas, personne n’est vraiment heureux après une élection. Ou pendant. Ou avant.

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La chute (4/7)

Maintenant n’est pas trop tard. Trop tard, c’était il y a des années.

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La chute (5/7)

Malaise dans la civilisation. Plaisir dans la sauvagerie.

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La chute (6/7)

Le temps de sauver la civilisation est passé ; celui de penser à ce que l’on fera après sa chute est arrivé. Tâchons d’éviter que les Maîtres nous refassent le même coup qu’ils nous ont fait depuis des millénaires : changer tout afin de ne rien changer et maintenir notre servitude en l’assoyant sur de nouvelles bases.

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Fausse conscience

Pour vous convaincre que tout va bien et ainsi diminuer vos symptômes dépressifs, je vous recommande chaudement la fausse conscience. C’est un peu comme les fake news, mais en plus classe et sans toute la lecture assommante.

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Terreur de nos aïeux

Le Canada : des politiques qui ne mènent nulle part et des pipelines qui mènent partout.

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Motivation

Est-ce que l’humour cynique et désespéré est d’une quelconque aide? Non.

Est-ce que je vais continuer quand même? Oui.

Pourquoi ? Meh.

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Lundi matin, sept heures (2/5)

Oui, dieu est mort. Oui, la réalité objective n’existe plus. Lundi, par contre, a survécu.

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Lundi matin, sept heures (3/5)

Bonne nouvelle: lundi ne vous a pas tué. Mauvaise nouvelle: il sera de retour la semaine prochaine. Plus fort.

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Lundi matin, sept heures (4/5)

J’ai dit que c’était la faute au lundi. Lundi a dit que c’était la faute au capitalisme. Le capitalisme a dit que c’était la faute au marché. Le marché a dit que c’était la faute à l’État. L’État dit que c’était ma faute.

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La muse ménopausée

Chaque fois que je termine un je suis toujours envahie par le sentiment étrange et doux-amer que c’est maintenant terminé, que je n’aurai dorénavant plus rien à dire, que c’est définitif et qu’il ne me reste plus qu’à tout envoyer valser et partir pour Aden comme Rimbaud. Curieusement, ça fait mon affaire, je me sens soulagée, en paix… jusqu’à ce que ce besoin impétueux d’écrire me revienne quelques heures plus tard, presque comme une malédiction… et le cycle de la torture repart de plus belle.

Je me demande s’il existe un équivalent de la ménopause pour l’écriture et si oui, à quel âge je peux espérer être délivrée de ce supplice.

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Avis aux poètes (1/2)

N’écrivez jamais sur les réseaux sociaux si vous êtes saoule, solitaire, déprimée ou en train de marcher. Par contre, si vous marchez saoule, solitaire  et déprimée, j’ai cru comprendre que la poésie a besoin de vous.

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Retour à la normale

Novembre : le moment où les statuts Facebook deviennent plus courts, plus sombres et plus froids.

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Tératologie festive

Vous n’avez pas besoin de vous déguiser à l’Halloween: le vrai monstre est en dedans de vous ; ceux et celles qui vous aiment le reconnaitront tout de suite.

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Patio, ergo sum

Finalement, la réalité est une virtualité comme les autres – avec la douleur en prime.

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Thérapie par la liste

Ma «to do list» pour aujourd’hui :
1. Ne pas paniquer.
2. Ne pas paniquer
3. Ne pas paniquer.
S’il reste du temps: paniquer.

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La chute (7/7)

La civilisation est en train de prendre fin et la comédie sinistre à laquelle nous assistons en ce moment en est le spectacle de la mi-temps.

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Conseil aux jeunes autrices

Soyez patientes. Quand vous atteindrez la quarantaine, la critique vous fera toujours aussi mal — peut-être même plus, pour être honnête ; vous serez toutefois beaucoup plus habiles pour maintenir l’apparence que vous vous en querissez totalement.

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Avis aux poètes (2/2)

Avertissez les poètes que l’automne n’est plus la saison de la mélancolie, mais celle de l’anxiété généralisée.

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Toute la politique en deux phrases (1/2)

Je reste convaincue que la plupart des gens sont bons, raisonnables et tolérants. Le seul problème, c’est que la majorité des gens n’est pas comme la plupart des gens.

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Ratage et imposture

Je suis une artiste ratée qui arrive même à échouer son syndrome de l’imposteure.

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Il est où le bonheur, il est où ?

Vous parlez de bonheur, moi je préfère appeler cela le trouble de déficit de l’anxiété.

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Toute la politique en deux phrases (1/2)

Plus on en sait au sujet de la politique, moins on veut en savoir. Moins on en sait au sujet de l’idéologie, plus on veut en croire.

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Lundi matin, sept heures (5/5)

Croyez-moi, lundi est le moindre de vos soucis.

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Catégories :Crise de larmes

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

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