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3,5 sur l’échelle d’Archet

Cul-de-sac

Quand on est opprimé (et nous le sommes tous et toutes, à divers degrés, d’une façon ou d’une autre) et qu’on refuse de l’être, il y a quatre possibilités.

  1. Si le pouvoir est le résultat d’actions humaines – de gestes conscients ou non, bienveillants ou non, posés par des individus puissants –, ceux qui subissent ce pouvoir peuvent lutter contre lui. La révolte contre le détenteur de l’autorité est non seulement possible, mais efficace pour dissoudre ce pouvoir ou alors le remettre entre des mains qui nous sont bienveillantes (les nôtres ou celles d’un sauveur providentiel).
  2. Si le pouvoir est réalisé et exercé par ce que Marx appelait un “sujet automatique” inconscient – des structures agissant avec leur logique propre – ceux qui subissent ce pouvoir peuvent critiquer ce sujet automatique, identifier ses contradictions pour éventuellement les exacerber et au final se libérer du pouvoir. Bref : changer le système ou l’abattre et le remplacer par un autre (ce qui ne sont au final que deux variantes de la même stratégie).
  3. Si toutefois le pouvoir est un complexe enchevêtrement de dominations multiples, parfois concurrentes, mais qui se renforcent quand même les unes les autres, si ce pouvoir scelle le monde et crée un environnement clos, ceux qui subissent ce pouvoir (tout en étant des formes de vie dépendantes, comme les poissons dans l’eau) n’ont d’autre choix que de fuir.
  4. Et si ce pouvoir couvre tout l’espace géographique, tout l’espace social – voire même tout l’espace imaginaire, alors le monde n’offre aucune issue. Si c’est le cas, il ne reste plus qu’à espérer une intervention extérieure à ce monde (qui, selon toute vraisemblance, n’arrivera jamais, à moins de croire en dieu ou aux extra-terrestres). Ou alors, ne rien espérer du tout et résister de toutes ses forces – en obéissant le moins possible.

Catégories :Crise de larmes

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

3 réponses

  1. Fais gaffe, hein « Être conscient nuit gravement » ;

    Sur ton point « trois » : tu connais, je pense, « L’éloge de la fuite » d’Henri Laborit ?

    L’avant-propos :
    · · · · ·
    « Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière, avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime.
    Vous connaissez sans doute un voilier nommé “Désir”. »
    · · · · ·
    & toujours grand merci pour ton (trop rare) blogue

    K.-G. D.

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