Boursière depuis tout ce temps
Le groupe Jean-Coutu et Loblaws Companies ne le savent pas, mais ils financent la création littéraire depuis un quart de siècle. J’appelle ça la bourse Anne-Archet du délestage involontaire de surplus d’inventaire.
Nostalgie
Fut un temps où on envisageait la grève comme générale, expropriatrice et autogestionnaire.
À force de limiter le droit de grève, le gouvernement provoquera peut-être malgré lui un retour nostalgique à ces idées surannées…
Une blague recyclée
C’est drôle que le sigle du Parti Vert du Canada soit PVC. Quoi que… si le parti est rayé de la carte, ils pourront dire qu’ils ont éliminé le plastique.
La fin de tout
Ah ! Si seulement cette fin de semaine pouvait être celle qui met fin à toutes les semaines. Ça nous permettrait enfin de construire un monde où les week-ends ne seraient plus nécessaires.
Écriture
Ce n’est pas que je suis prolifique. C’est juste que j’écris plus vite que vous ne lisez.
Le Grand Homme (1/3)
Faute d’avoir l’espace mental pour imaginer et désirer un monde libéré de toute contrainte, on se met à espérer qu’un grand homme providentiel vienne nous sauver. Or, le grand homme s’avère toujours être un nabot tragiquement stupide qui ne veut que s’asseoir sur une montagne de cadavres.
Le Grand Homme (2/3)
Ne sous-estimez jamais les abrutis ignorants, ridicules et assoiffés de pouvoir. Plus un politicien est obtus, borné et poltron, plus il obtient du succès – et ce succès se mesure au nombre de personnes qu’il a le loisir d’écraser.
Le Grand Homme (3/3)
Désolée de revenir à la charge, mais cette histoire de Grand Homme Providentiel m’obsède.
Toute notre culture nous inculque que le Roi, le Chef d’État, le Leader, le Dictateur est nécessairement d’une intelligence supérieure. Or, ça ne peut être que le contraire: il faut être un crétin doté d’un trouble de personnalité profond pour imposer sa volonté aux autres. La surprise n’est jamais de découvrir que la personne qui vous domine est d’une intelligence médiocre. Elle est toujours de constater à quel point il faut du temps pour s’en apercevoir.
Dans une société plus saine, les individus qui ont le moindre comportement de domination, qui expriment le moindre désir d’imposer leur volonté aux autres seraient l’objet de railleries et d’humiliation publique au point d’être durablement découragés de récidiver.
Questionnez l’autorité !
Si vous le faites correctement, vous deviendrez l’autorité. Vous déciderez alors que questionner, ce n’est pas bon du tout pour vous.
Never join them. BEAT THEM.
Servir le fascisme n’offre aucune protection contre le fascisme. Tant qu’à vivre toujours sous la menace, aussi bien passer à l’attaque.
Mise au point
Si vous vous posez encore la question «est-ce vraiment du fascisme?», vous ne démontrez pas votre sérieux, votre modération et votre souci de la nuance: vous signalez que vous êtes prêt·e à toutes les compromissions.
Si, en parlant de Gaza, vous vous demandez encore «est-ce vraiment un génocide?», vous signalez à tous ceux et celles qui aujourd’hui sont dans la mire des fascistes qu’iels ne pourront pas compter sur votre aide le jour où les camps ouvriront chez vous.
Si vous racontez encore aujourd’hui que l’extrême-droite et «introuvable» et «une catégorie fantomatique», vous signalez que vous êtes Mathieu Bock-Côté. Il serait temps de sortir de votre garde-robe et montrer vos vraies couleurs, ce serait un beau geste pour la santé publique.
Fuck le contexte
Les antiwokes, les transphobes, les misogynes, les islamophobes, les racistes de notre époque… viendra un temps où certains voudront les dédouaner en disant «ils étaient de leur temps, il ne faut pas les juger avec les critères d’aujourd’hui».
À ces gens du futur, je dis «fuck you» et «ne venez pas me dire le contraire, je suis morte».
Réflexions sur la violence (1/3)
La seule violence qui ne soit pas gratuite, c’est la violence policière. Je le sais: j’ai vu le budget municipal.
Pêche miraculeuse
Ah ! Si chaque jour pouvait être le le premier avril… les gens se méfieraient sainement de l’information qu’on leur sert sur internet à l’année longue.
La vieillesse est un naufrage
Je suis à l’âge où il est plus facile de me faire sortir de mon demi-sous-sol en me demandant de l’aide pour déménager qu’en m’invitant à une orgie. La prochaine étape, c’est le bingo ou le tournoi de poches.
Maintenant que j’y pense, un tournoi de poches, ça sonne comme une orgie…
De la tristesse d’avoir raison
Je m’ennuie de cette époque, il y a une dizaine d’année, où tout le monde me traitait de Cassandre et disait que j’exagérais. Je trouve que c’est plus amusant de douter de mon propre jugement que de douter des chances que le monde évite la catastrophe finale.
Miaowu
En chinois, miaowu signifie la «non-existence merveilleuse».
Je n’existe pas et c’est merveilleux. Je suis une chatte qui se prélasse en ronronnant au soleil – et je fais miaowu.
De formulaire en formulaire jusqu’à la victoire
J’étais sur le point d’abattre le capitalisme et le patriarcat, mais ils ont coupé ma subvention.
Probité et dilettantisme
Je dis ça, je dis rien, mais vous ne trouverez jamais de politicien arrivste et carriériste chez les anarchistes.
Vous ne trouverez pas de carrière non plus, mais ça c’est une autre histoire.
Excédé·e
Le gouvernement du Québec interdit le point médian, alors je lui tends le médius de mon poing.
C’est de la grosse Weimar-de
Les fascistes ne prennent jamais le pouvoir; on leur donne. Et ceux qui leur donnent sont les centristes et libéraux autoritaires discrédités qui adoptent les thèmes et le vocabulaire de l’extrême droite pour des raisons opportunistes et électoralistes. Il est faux de dire que la CAQ et le PQ sont d’extrême droite. C’est toutefois une évidence que ces partis font un pont d’or au fascisme et qu’ils agissent comme le Zentrum et le Parti démocrate allemand à partir de 1930.
Si l’histoire ne se répète pas, mais bégaie, il est plus que temps de lui enfoncer un bâillon dans la gorge.
Réflexions sur la violence (2/3)
Les gens qui pensent qu’il n’y a pas de violence politique dans leur pays ne voient pas celle exercée par le pouvoir, parce qu’il l’appelle «maintien de l’ordre», «sécurité publique» et «antiterrorisme». N’attendez pas qu’il dise «mission civilisatrice», pour commencer à vous inquiéter.
Réflexions sur la violence (3/3)
Quand les fascistes exigent que vous déclariez solennellement que la violence politique est à proscrire, c’est qu’ils veulent s’assurer d’être les seuls à pouvoir l’exercer.
Contre vous.
Le confort d’être une victime
L’extrême-droite a pour l’essentiel gagné la guerre culturelle, mais se plaint encore d’être bâillonnée.
Il serait peut-être temps de se rendre compte que les fascistes n’ont jamais été des victimes. Dans la nuit la plus obscure de leur malheur, ils n’ont été que des bourreaux en devenir.
Diatribe sur le débat
Disons que vous organisez une fête. Un type se présente et commence à dire à tout le monde que votre amie Josiane, qui est présente, est laide, stupide et qu’on devrait l’expulser du party. Allez vous tenter de convaincre ce goujat de son erreur dans un débat d’idées rationnel, poli et respectueux? Non. Vous allez lui dire: «Ta gueule, sale trouduc, dégage», parce que vous aimez votre amie Josiane et que le manque de respect à son endroit n’est pas une idée légitime à débattre avec des faits et de la logique. Personne n’a envie de discuter avec un goujat de la valeur humaine de son amie.
Vous me voyez venir. La fête, c’est nous toustes. Le goujat, c’est un fasciste. Josiane, c’est toutes les catégories d’humains que le fasciste veut priver de leurs droits, déporter, faire taire, humilier, éliminer. Pour aucune autre raison que la haine, la bonne vieille haine irrationnelle.
Comment pensez-vous que Josiane se sentirait si on se mettait à débattre de son apparence et de son intelligence devant elle? Elle se sentirait comme les personnes transgenre, racisées, immigrantes se sentent en ce moment. Elle sentirait que même pour nous, son humanité n’est pas évidente en soi. Elle sentirait que sa sécurité et que son droit à l’existence passe après le supposé droit des haineux de cracher leur venin et de préparer les cœurs et les esprits à son élimination.
Quand on débat avec un fasciste, on dit implicitement aux personnes qui sont la cible de sa haine que nous aussi, nous considérons qu’elles n’ont pas la même valeur que nous. Parce que le fasciste fait partie de notre clan et qu’il est naturel de le considérer comme un interlocuteur valide. Donc… on ne débat pas avec un fasciste parce que les idées et le programme des fascistes ne sont pas matière à discussion.
On l’exclut de la fête et on explique – en son absence – à quel point ce connard ne mérite pas qu’on lui accorde le moindre crédit, la moindre attention.
Fuck you, PSPP
La «gauche immigrationniste» (eye roll) vous fait dire que les politiciens opportunistes et carriéristes vous prennent pour des imbéciles. Les immigrants, ils s’en moquent, ça ne leur fait ni chaud ni froid. Ils brassent cet épouvantail parce qu’ils sont convaincus que vous êtes trop stupides et ignorants pour vous apercevoir que l’immigration n’est pas la raison pour laquelle vous n’arrivez pas à payer votre loyer et votre épicerie. Ils pensent que jamais vous ne réaliserez que ce ne sont pas les immigrants qui vous relèguent à des jobs de marde et à insécurité matérielle à perpétuité.
Les politiciens opportunistes et carriéristes vous sous-estiment, parce que reconnaître que vous êtes intelligent·es et capables menace leur statut social.
Les politiciens opportunistes et carriéristes ne veulent qu’une seule chose: obtenir le pouvoir en changeant les choses le moins possible, pour que les gens qui vous exploitent continuent de le faire en paix. Leurs convictions se résument à ce qui, dans le moment, leur permettra de se faire élire – ce qui explique pourquoi ils changent d’idée comme ils changent de chemise.
Et non, les gens qui vous exploitent, ce ne sont pas les nouveaux arrivants sans pouvoir et sans le sou. Ce sont les parasites qui vous versent des salaires de misère et qui vous vendent à prix d’or ce dont vous avez besoin pour survivre. Ceux-là aussi n’en ont rien à branler de l’immigration. Tant mieux si vous êtes assez naïf·ves pour croire au grand remplacement, tant que vous resterez dociles, obéissant·es et à votre place – c’est-à-dire, loin de leur vue.
Le jour où vous déciderez de prendre en main directement votre vie, le jour où vous renverrez dos à dos bourgeois et politiciens, vous verrez que l’immigration non seulement n’est pas un problème, mais est un droit humain: celui de circuler librement et d’habiter où bon nous semble. Le jour où nous déciderons que tout appartient à tous et que nous avons nul besoin de politiciens, il n’y aura plus d’immigrants: il n’y aura que des humains avec qui vivre, partager et jouir.
Résumé de ce qui précède
Mille immigrant·es font moins de tort à la société qu’un seul politicien nationaliste identitaire.
De l’inconvénient d’être Anne Archet (1/4)
Je ne déteste pas ceux qui ont réussi parce que je suis envieuse. Je les déteste parce que je sais que dans notre société, la réussite se mesure au nombre de personnes qu’on a écrasé et de vies qu’on a détruites.
Il n’y a que le ratage qui soit éthique. Être raté·e est un badge d’honneur.
De l’inconvénient d’être Anne Archet (2/4)
J’avais vingt ans quand j’ai décidé de ne jamais compromettre mes convictions. Je me voyais devenir la bête noire de tous les pouvoirs. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’à l’aube de la cinquantaine, je serais plutôt l’extrémiste de service rigolote et divertissante du milieu littéraire et de la gauche respectable.
De l’inconvénient d’être Anne Archet (3/4)
J’ai beau me détacher autant que je peux de l’ordre bourgeois, vivre de rapines et de miettes, refuser les bourses et les honneurs, je n’arrive pas à être entendue hors de cet enclos intellectuel qui me confine dans le rôle de révoltée de service pour notables éclairés en manque de sensations fortes.
Si ma parole était vraiment dangereuse pour les pouvoirs, je suis convaincue que je n’aurais même pas la possibilité de la prononcer.
De l’inconvénient d’être Anne Archet (4/4)
Oubliez les trois commentaires qui précèdent. Je n’existe pas, c’est merveilleux, alors pourquoi me plaindre?
MORALITÉ : Miaowu.
Catégories :Grognements cyniques
Anne Archet
Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.



super anne archet!!je n’ai pas tout lu, loin de là, mais le peulu est un régal..mercis à vous..Je mettrai des liens vers votre blog sur une chaine youtube ouverte depuis peu;@ quartier libre 63
merci francois
Merci pour ces pensées ! Je m’en suis fait un exercice personnel que de les commenter/m’en inspirer à ma façon.
Un méta-commentaire donc.