Grâce à ma première connexion internet
J’ai entendu parler des luddites
Et de la nécessité de briser la machine
C’est en ligne que j’ai appris
Le tricot et le crochet
L’échange de semences
Le pétrissage du pain
Ce savoir que les anciens
Ne m’ont pas transmis
Et que j’ai récupéré
Sur Youtube
C’est en ligne que j’ai appris ce que sont
Le réensauvagement et la régénération
J’ai vu vos yourtes et votre compost
Vos pelouses non tondues et vos récoltes
J’ai appris comment survivre en forêt
Dans un podcast téléchargé sur mon iPhone
J’ai vu des influenceuses d’Instagram
Faire des mèmes sur la simplicité volontaire
Cette ironie me fait penser
À ce qui aurait pu arriver
Si les luddites avaient gagné
Ça n’aurait sûrement pas été la fin
De la technologie
Mais peut-être une révolution
Industrielle et sociale
Qui n’aurait pas réduit les humains
À des machines appauvries
Qui se sont fait voler leur vie
Leurs espoirs et leur joie
Imaginez si les machines
Que nous avons construites
Avaient réellement servi
Le plus grand bien de tous
Plutôt qu’à exploiter
Notre sueur
Notre sang
Dans les usines
Du désespoir
Imaginez une technologie
Au service de la vie
Plutôt qu’au service
De l’extinction de masse
Plutôt que des machines
Qui font de l’art
De la musique de la poésie
Pendant que nous mourrons
De faim et de soif
Nous ne sommes pas des artisans
Du Yorkshire et du Lancashire
Nous n’avons pas de sabots à jeter
Dans les métiers à tisser le malheur
C’est à nous de trouver les bâtons
Qui sauront enrayer
Dans les engrenages
Qui hachent nos chairs
Et broient nos os
Catégories :Grognements cyniques
Anne Archet
Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

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