
Je lève mon verre de venin
Au couple
Que jamais plus
Je ne formerai
Je lève mon verre de datura
Au couple qui toujours
A bu à sa propre santé
Sans penser à la mienne
Je lève mon verre de strychnine
Au couple qui encadre
Qui simplifie et réduit
Les désirs amoureux
Aux besoins du patriarcat
Aux besoins de la production
Et de l’accumulation capitaliste
Je lève mon verre d’arsenic
Au couple présenté aux femmes
Comme lieu exclusif
Où satisfaire leurs désirs
Sociaux et sexuels
Je lève mon verre de cigüe
À l’obsession du couple
Qui nait du malaise
Que le monde entretient en moi
La peur de me retrouver seule
Démunie sans défense
Privée de la sensation apaisante
D’un corps étendu contre le mien
Cette peur d’être incomprise
Invisible sans témoin
Je lève mon verre de fiel
Au couple-refuge
Qui me tient à l’abri
De l’horreur du monde
Le couple-tanière
Le couple-béquille
Qui protège des dangers
Qui permet de survivre
Mais je le lève aussi
Au couple-piège
Qui perpétue ce monde
Qui scie les os
Le couple-potence
Où s’exerce
Les pires violences
Le couple-poison
Le couple-gibet
Le couple-abattoir
Je lève mon verre de curare
À cette manie de former un couple
Parce que tout le monde le fait
Je le lève mon verre à cet instinct grégaire
Qui me convainc de payer un loyer
Parce que tout le monde le fait
De travailler et gagner de l’argent
Parce que tout le monde le fait
Je lève mon verre sachant
Que l’histoire peut basculer
Brusquement
Et faire oublier
Les propriétaires
Les patrons
Les maris
Je bois toutefois mon vin à la santé
De ces relations
Qui ont ouvert mon esprit
Comme une huitre sous le couteau
Je ne savais pas que je voulais monter sur le toit
Jusqu’à ce qu’une amante me le demande
Je ne savais pas que je voulais être baisée en public
Jusqu’à ce qu’un amant me le demande
Je ne savais pas que je voulais mettre le feu
À un million de dollars
Jusqu’à ce que mes amours
Se mettent à rêver tout haut
D’embrasement généralisé
Je bois à la santé de ces relations
Qui m’ont appris à prêter attention
À ce qui accélère mon pouls
Et ma respiration
À prendre conscience
De ce qui m’excite
À nommer
Poursuivre
Et cultiver
Ce me fait sentir vivante
Je bois à la santé de ces amours
Que qui me servent de boussoles
Qui pointent vers l’anarchie
Je bois à la santé de ces liens
Qui ont le pouvoir
De nous sortir de ce monde
Ces liens assez forts
Pour abolir le travail
Renverser les pouvoirs
Traverser les saisons
Mettre au monde
Mille générations
Je bois à tous mes désirs
Celui d’être être giflée
Quand le jouis
Celui d’être pénétrée
Dans plusieurs orifices
Simultanément
Celui d’être baisée
Par la poésie enivrante
De femmes aux yeux ardents
Celui d’être léchée par le crépuscule
D’être projetée hors de moi-même
Je bois à la santé de ces peaux
Qu’il me reste à toucher
À ces années qu’il me reste
Pour devenir intime
Avec l’humanité entière
Au temps requis pour préparer
Les orgies et les émeute
Qui arrivent toujours
À l’improviste
Je bois enfin
À ma propre santé
Sans Dieu
Ni loi
Ni mari
Ivre de vin
Et d’amour
Folle
Libre
Catégories :Accès de rage
Anne Archet
Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.
L’Amour toujours
N’est queue Poison
Car l’Art se nique
Vexant trique
Dans un cul rare
Ou un con-grue
Trop ex-ciguë
Hommage vénéneusement antidotique à votre réconfortante poésie
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