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Sirventès de l’économie

Le visage de la prospérité

Chaque fois qu’une élection approche
Ceux qui veulent garder le pouvoir
Nous disent que ce qui intéresse le peuple
C’est l’économie

Mais en réalité, ils sont bien les seuls
À y trouver leur intérêt
Car partout où se trouve l’économie
Se trouve la contrainte et l’horreur

L’économie demande qu’on paie
Qu’on se sacrifie, qu’on travaille
Qu’on se satisfasse de ce simulacre
D’existence qu’est la consommation

«Les gens ne veulent entendre parler
Que de prospérité et d’emploi!
Ils veulent des jobs! Ils en auront!
Votez pour nous! Votez pour moi! »

Bien pauvre promesse que celle
De devenir esclave salarié
Plutôt que d’être esclave assisté
Ou esclave tout court

«Les Chinois sont plus productifs!
Les Indiens sont plus industrieux!
Nous devons nous serrer la ceinture!
Nous sommes tous dans le même bateau! »

Bien pauvre promesse que celle
De rester enchaînés à la galère
Et de ramer jusqu’à la mort
Pour la marge bénéficiaire du bourreau

Viendra-t-il le jour où nous cesserons de tolérer
Cette vie amputée que l’économie nous impose?
Viendra-t-il le jour où nous n’accepterons plus
D’être traités en camelote banale et jetable?

Car l’économie tue le merveilleux
Souille la beauté du monde
Écrase tout ce qui est vibrant
Éteint tout ce qui consume de passion

Tout ce qui bat au pouls de l’univers
Étouffe sous une étiquette de prix
Se dessèche sur les étalages
Pourrit dans le polystyrène et la cellophane

Nous pourrions habiter un monde
Fait d’amants à la chair embrasée
D’aventuriers déments de monstres sublimes
Qui rient aux étoiles et qui fuient sans compter

En lieu et place, nous avons des marchandises
Des pubs où mordre dans un burger procure un orgasme
Des pyramides de rebuts, froides et muettes
Où le murmure des objets couvre les hurlements de l’ennui

Laisserons-nous encore longtemps
Les engrenages de l’échange scier nos tendons?
Nous contenterons-nous encore longtemps
De l’amour tiède des idoles de plastique?

Nous qui pourtant désirons sans fin
Nous qui pourtant brûlons de passion
Nous qui pourtant ne serons jamais apaisés
Nous qui retenons notre souffle depuis trop longtemps

Catégories :Accès de rage

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

4 réponses

  1. si poétique et si vrai, j’aime a penser que se texte puisse convaincre tout c’est gens qui pence depuis tout petit qu’il n’ a Que deux solution, faire des études ou finir pauvre et malheureux.
    l’amour et la passion n’a sauver les homme que dans les conte de fée et dans notre conte le diable a acheter le coeur des hommes avec de l’argent

  2. J’ai aimé ce texte plein de sens, malgré que pour moi, économie et effort n’existent pratiquement plus, plus d’une fois, j’entends ce mot qui pour eux (économistes-politicologues) serait plus pertinent de dire « dépensonomie », oui je sais que ce mot n’existe pas mais avouez que c’est beaucoup plus juste que l’économie comme tel.

    On crée des dettes pour faire de l’ÉCONOMIE …. je crois que je vais attraper une Obamanite aigue … ou serait-ce une Charestogite ?
    En plus on nous gouverne de plus en plus comme des bébés têteux, un gouvernemaman, pour faire tout tout pour nous en vidant nos poches et nous donnant « des cours d’économie » et pourtant la gestion de nos « richesses » oufff… dire que l’on 10 fois plus de fonctionnaires au Québec qu’ en Californie ayant une pop. de 30 millions…. j’y pense on devrait peut être se payer un fonctionnaire dans chaque maison ou logement.

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