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Sirventès de l’audace

Fille-combustible

Je suis combustible
Je suis fille de troupeau
Je suis sèche sans étincelles
Je suis pâle saignée verrouillée de vide
Je pourrais être belle sanglante carnassière
Je pourrais donner des clés de diamant
Je pourrais sucer jusqu’au paradis
Je pourrais vivre avec rien mourir avec tout
Je sais à peu près quoi faire oui
Mais l’audace…

Nous sommes lèvres vertes d’ennui policier
Nous laissons la république abjecte
Commettre ses crimes démocratiques
Contre nos cerveaux affamés
Nous pousser à nous enduire de fèces
Dans les caves inférieures de la conscience
Nous nous laissons convaincre
Que nos désirs sont des crimes
Menaces à la sécurité nationale
Nous laissons envoyer notre nom notre argent
Pour tordre au sud les couilles les seins
Nous participons à notre dilution
C’en est trop maintenant
Assez

Nous pourrions ne plus obéir
Scier les jambes de l’humiliation
Et de plus en plus comme des quantas
Laisser agir le désir éclatant de baiser
Et de tournoyer
Dans la soif d’une joie juste
Ne jouer qu’avec les seuls désirs sublimes
Des hommes-dieux des déesses de chair
Chanter la chute de l’État
Chanter la chute de l’échange
Chanter la chair qui se dresse
Chanter le jeu le don le potlatch
Nous savons à peu près quoi faire oui
Mais l’audace…

Catégories :Crise de larmes

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

10 réponses

  1. « Je pourrais être belle sanglante carnassière
    Je pourrais vivre avec rien mourir avec tout
    Ne jouer qu’avec les seuls désirs sublimes
    Des hommes-dieux des déesses de chair »

    Je ne peux résister à la tentation de recopier ces vers fabuleux, qui soulèvent.
    Fabuleux.

    Tu parles d’audace ? Ce n’est pas seulement de l’audace qui est nécessaire. Il faut des armes à la hauteur de l’ennemi

    Commencer par disloquer la grande « Démocratie universelle » qui broie la planète dans son ordre implacable (l’ONU, L’OMC, etc.)

    Abolir ses pouvoirs et ses bras armés, donc, l’argent, et par voie de conséquence la dette qui immerge chaque peuple pour le plus grand profit de quelques-uns; ses pouvoirs et le premier qui fédère tous les autres : l’OTAN

    Abolir les droits de propriété de ces quelques uns sur la planète, sur la terre ancestrale et enfanter le désir de vivre libre des enfants nés et à naître

    Abolir le droit d’expression de « La Communauté internationale », hydre hideuse meurtrière de milliards de destins

    Tu sais quoi faire ? Dis-moi comment ? Quand ? Où ? Avec quelles armes ?

    Tu m’objecteras que je suis chimérique et que l’association momentanée de quelques-uns ne mettra jamais en péril l’ordre établi.
    Voire ?

    Tu m’objecteras également entre autres ton texte exemplaire : notes sur l’anarchie.

    Mais tu es aussi chimérique que moi dans ton analyse. Ce n’est pas vraiment une critique, je passe mon temps à rêver, mais si tu attends que cette machine formidable mise en place pendant deux siècles au moins se délite parce que tous et chacune se mettront à voler à l’étalage, on peut situer le grand soir aux environs du quatrième millénaire.

    Je cite :
    « L’insurrection est donc le fait de poser en acte le refus de l’ordre établi. Elle est le moyen d’affaiblir la société autoritaire et capitaliste
    Il s’agit de réfléchir en termes de dissolution du pouvoir »

    « Le Grand soir est à la fois crépuscule et aube, transmutation immédiate de l’ordre existant, là où dans ses failles, se devine un autre monde possible, présent maintenant dans les entrailles des choses
    Il ne sacrifie pas le présent à l’avenir, ni l’avenir au présent
    « Or la vie est trop précieuse et trop courte pour la gâcher à courir des chimères. Il faut la risquer non la sacrifier. Ce qui serait un gaspillage scandaleux

    Gaspiller sa vie, selon moi, c’est ce que font les soldats de l’OTAN en terre musulmane, par exemple : ils donnent futilement leur futile vie.
    Mais qu’il s’agisse d’un gaspillage ne m’attriste en rien pour eux. Ils sont « payés » pour cela.

    Yves

  2. L’ élan vital écrasé par la lourdeur d’ un système, aussi léger soit il, provoque la frustration. Cette dernière donnerait elle de l’ audace ?
    L’ audace serait plutôt de ne pas se faire hypnotiser par les passions tristes découlant de cette dernière (des dernières.)
    Je trouve l’ imagination, la créativité, la singularité, comme étant des armes bien plus puissantes que n’ importe quel programme militaire de révolution.
    A coup sûr plus lentes que les éjaculations insurrectionnelles, mais un orgasme n’ est il pas meilleur quand les préliminaires prennent le temps ?

    Je me souviens de l’ An 01 de Gébé ; et à chaque fois de cette stimulation et de ce sentiment de légèreté que provoque cette évocation de l’ imagination et de la liberté en action ; insoumises.

    Mais l’ audace …

  3. « Tu m’objecteras que je suis chimérique et que l’association momentanée de quelques-uns ne mettra jamais en péril l’ordre établi.
    Voire ? »

    C’est une poignée d’hommes à San Francisco qui sont à l’origine de la beat generation et d’une vague qui a déferlé, certes sous une autre forme, dévoyée, sur le monde.
    C’est une poignée d’hommes, l’IS, qui ont radicalement changé notre manière de percevoir, qui ont abouti à l’ébranlement de mai 68, et qui ont obtenu à propos du vieux monde que « son air d’innocence ne reviendra pas »….

    Il aura fallu aux uns et aux autres qu’ils trouvent les conditions idoines pour ébranler le monde. Quand tout est déjà disposé, s’il vient cette poignée d’Hommes, alors il est possible qu’une étincelle embrase le monde.

  4. DXXV
    « J’observe que les hommes les plus extraordinaires et qui ont fait des révolutions, lesquelles semblent être le produit de leur seul génie, ont été secondés par les circonstances les plus favorables et par l’esprit de leur tems. On sait toutes les tentatives faites avant le grand voyage de Vasco de Gama aux Indes Occidentales. On n’ignore pas que plusieurs navigateurs étaient persuadés qu’il y avait de grandes îles, et sans doute un continent à l’ouest, avant que Colomb l’eût découvert, et il avait lui-même entre les mains les papiers d’un célèbre pilote avec qui il avait été en liaison. Philippe avait tout préparé pour la guerre de Perse, avant sa mort. Plusieurs sectes d’hérétiques, déchaînés contre les abus de la communion romaine, précédèrent Luther et Calvin, et même Viccleff. »
    (Chamfort. Maximes et pensées)

  5. Pas de contre don.
    Non.
    Donner, c’est donner.
    Contre-donner, c’est voler.
    Non.
    Juste,le commerce.
    Ça m’intéresse le commerce non marchand.
    Échanger des pensées, des expressions.
    Écouter, regarder, toucher, échanger des paroles, sentir, ressentir.
    Le désordre de tous les sens aiguisés.
    Lourde et lente acceptation des désirs,
    sublime humilité du principe de vie.
    Quelle autre vie ?

  6. « J’en arrive à concevoir la mort comme une petite peur doublée d’un grand soulagement »
    AA.

    Je pense que tu te moques de moi avec un brio remarquable, à l’accoutumée.

    Ou bien je suis parano. Oui. Je dois l’être. C’est mieux.

    Je reprends mon propos où je l’ai laissé : je pense que donner sa vie pour que les enfants qu’on a pris le risque d’enfanter vivent libres, ou plus libres, ne peut en aucune façon être un gaspillage, même si le succès d’une insurrection quelconque est totalement aléatoire, et même si mon cadavre doit être dévoré par les loups.

    Je viens de serrer dans mes bras, mon petit Louis et les jumeaux. Ils méritent tous les sacrifices. Et l’on aura beau m’objecter, et m’objecter…

    Je ne pense pas que l’élan vital amène jamais à la frustration dès lors qu’il se mobilise.

    La frustration naît de l’immobilisme.

    Et comme tu l’as si bien montré à de multiples reprises, le système fait son lit de la peur honteuse du plus grand nombre.

    Je n’ai pas rêvé le poème que tu viens de nous vriller à travers le corps.

    Et chaque homme qu’il a touché se touche avec étonnement de se sentir encore vivre
    il secoue la poussière de sa voix et appelle de proche en proche ses semblables avec une ferveur qu’il s’ignorait, un chant à destination de la vie.

    Qui me parle de programme militaire ? Je m’exprime sans doute bien mal, s’il faut que ceux qui me lisent imaginent que j’envisage de remplacer un système par un autre.

    Je suis bien comme toi, d’un individualisme forcené.

    Ne rien tenter, c’est se retourner simplement en dormant. Même pas le bruit du ressac.

    Mais il faut, c’est un passage obligé, toucher à mort la tête de la bête immonde.

    Il suffirait de milliers et de milliers de poignées d’hommes et de femmes insoumis, pour convaincre les foules enfin réunies.

    C’est un fait. Mais je me méfie de la foule. Que ferait-elle de sa victoire ?

    Je manque d’imagination de créativité de singularité …

    Je n’ai pas la recette magique. Je sais simplement qu’il faut vivre debout.

    A Egide

    Quelle autre vie ?

    La vie tout simplement.
    Et penses-tu pouvoir en disposer, dans l’univers qui est le tien ?

    Yves

  7. Egide.
    Pardonnne-moi. Il manque cette petite phrase :

    La vie, telle que tu la décris, est le plus belle !

    Yves

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