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Le rejet

Lorsque j’étais ado, il y avait à ma polyvalente un rejet. Je ne me souviens plus de son nom — l’ai-je même déjà sû ? — mais je me rappelle très bien que tous le surnommaient Fido.

Le pauvre Fido n’avait rien pour lui, du moins selon les critères des adolescents de la banlieue cossue où j’habitais alors : il était laid comme un pou, les cheveux gras, les lunettes aux verres épais comme des fonds de bouteille. Il était mal fringué, défiguré par une acné sévère, sentait l’aisselle mal récurée à trois mères et zézayait de façon ridicule chaque fois qu’il osait prendre parole — ce qui, il faut bien l’admettre, ne lui arrivait que très rarement. Fido occupait le dernier rang de la chaîne alimentaire de l’école : il était le lumpen-élève par excellence, l’untermensch ultime, le souffre-douleur universel du troupeau bêlant, hiérarchisé et adolescent que nous formions. Il était le défouloir de toutes les haines, de toutes les frustrations. On pouvait l’injurier, le frapper, lui cracher au visage, lui lancer des roches, il n’aurait traversé l’esprit de personne de prendre sa défense. Le rôle social de Fido dans ce microcosme qu’était mon école était crucial : il était le dépositaire du ressentiment de tous. Votre journée était exécrable? Les professeurs vous embêtaient? Vos parents ne vous lâchaient pas la grappe? Votre copine vous avait larguée? Fido était là pour recevoir votre trop-plein de hargne. Il était le tout-à-l’égout des humeurs nauséabondes du troupeau.

Je me demande parfois ce qu’il advint de Fido, après le bal des finissants où il passa à un cheveu de se faire lyncher dans le parking de l’hôtel où il avait eu l’audace de se présenter. Parfois je me dis que si être rejet était une vocation chez lui, il a sûrement dû faire de la pédophilie son choix de carrière.

Vous voyez sûrement où je veux en venir. Un acteur que je ne connais pas — il y a si longtemps que le câblodistributeur m’a débranché, faute de paiement — a été coincé par la police hier pour possession et diffusion de pornographie juvénile. Ce faisant, il a hérité de la fonction sociale peu enviable de rejet. En ces temps politiquement corrects où l’expression publique de la haine est mal vue, où on peut difficilement être raciste, sexiste ou homophobe sans passer pour un taré, comment pouvons-nous, femmes et hommes impuissants de la masse que nous sommes, ventiler sainement le ressentiment qui nous accable et qui découle de l’aliénation sociale que nous subissons quotidiennement? En s’acharnant sur le rejet par excellence : le pédophile.

Le pédophile est un bonbon pour l’opinieux de tribune téléphonique, pour le commentateur populiste décérébré qui fait le bonheur des chaînes de télévision en mal de cotes d’écoute à petit budget : on peut le traiter de tous les noms, vomir sur lui tout le fiel accumulé depuis des semaines, voire des mois, nul danger que quiconque prenne sa défense. On peut présumer de la noirceur de son âme, lui imputer des gestes qu’il n’a probablement pas commis, moraliser à souhait : nul n’aurait l’outrecuidance d’opposer le moindre argument. Aucune voix discordante ne peut se faire entendre dans le concert de haine et de bonne conscience qui stigmatise le monstre. Et tout le monde y trouve une petite jouissance sale et mesquine.

Il est impossible, dans l’état actuel des choses, de discuter calmement et intelligemment de pédophilie. Impossible par exemple de remettre en question l’idiotie les lois sur la pornographie juvénile. (Cela dit en passant, la police a parlé, dans le cas qui nous occupe, de pornographie juvénile, pas infantile. Ce qui n’est pas nécessairement la même chose.) Personne ne souhaite que des enfants soient agressés et exploités, je suis autant pour la vertu que vous. Le problème, c’est que la criminalisation hystérique de la pornographie juvénile n’a rien à voir avec cet objectif louable de protection des mineurs. Par exemple, si j’ai dix-sept ans et que j’envoie de mon propre chef par courriel une photo de ma chatte à un camarade de classe, je deviens ipso facto une pornocrate pédophile vouée — en théorie du moins — à l’incarcération. En quoi la cause de la protection de la jeunesse a alors été servie? Si je prends un crayon et que je dessine un bébé qui suce un pénis, un enfant a-t-il été abusé? Or, si je fais une telle chose, je suis coupable, selon le Code criminel canadien, de production de matériel pornographique pédophile et je m’expose, à ce titre, à une peine d’emprisonnement. Mieux : si j’écris « Karine suce comme une belle salope », je produis de la pornographie légale. Si j’ajoute « elle est très douée pour une fillette de onze ans », je viens non seulement de produire du matériel pornographique, mais je l’ai diffusé et je l’ai placé sur votre ordinateur. Un conseil d’amie : n’allez pas répondre à la porte si ça sonne, c’est sûrement les flics qui viennent vous embarquer.

Disons-le bien platement : le lien entre la consommation de pornographie et les agressions sexuelles n’a jamais été démontré. Évidemment, les agresseurs sexuels sont invariablement des consommateurs de porn, mais il y a tant de consommateurs des deux sexes qui n’ont aucune pulsion d’agression que de faire de la représentation symbolique de la sexualité une cause de déviance sexuelle est un raisonnement hautement fallacieux, c’est le moins qu’on puisse dire. Sans parler de la différence entre fantasme et perversion, entre curiosité, stimulation visuelle et passage à l’acte. Mais tout cela n’a finalement aucune importance : nous tous, hommes et femmes du troupeau bêlant, avons besoin de notre tête de turc, de notre rejet. Je vous incite donc à faire comme moi et à crier en chœur, avec tous les autres aliénés :

Mort au rejet !
Mort au pédophile !
Mort à la vermine !
Au poteau ! Au poteau !

(Ouf! Ça fait drôlement du bien. Qu’est-ce qui joue à TQS ce soir?)

Catégories :Montée de lait

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Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

21 réponses

  1. Il faudrait aussi se poser des questions sur le rôle potentiellement catharsique que joue la pornographie… Ou tout simplement libérateur (si, si) dans le cas de certaines minorités. Tout cela est bien ambigu.

  2. « Évidemment, les agresseurs sexuels sont invariablement des consommateurs de porn »

    Faux, quand la pornographie n’existait pas encore, il y avait des agresseurs sexuels quand même.

  3. « Il est impossible, dans l’état actuel des choses, de discuter calmement et intelligemment de pédophilie. Impossible par exemple de remettre en question l’idiotie les lois sur la pornographie juvénile. »

    Tout à fait d’accord avec vous ici, nous sommes empris d’une histérie collective, le même genre d’hystérie qui anime des débats sur d’autres sujets hautement controversés comme l’avortement, les religions ou le racisme.

    « Si j’ajoute « elle est très douée pour une fillette de onze ans », je viens non seulement de produire du matériel pornographique, mais je l’ai diffusé et je l’ai placé sur votre ordinateur. »

    Mike Ward a déjà fait en début de carrière un gag très cru sur la pédophile qui finissait par « Tabarnak, je l’ai même pas faite jouir une crissse de fois et je me demandais, est-ce que parce qu’elle était frigide ou si c’était parce qu’elle avait 8 ans »

    Mike Ward aurait donc du être condamné pour diffusion de pornographie infantile si on se fit au CCC.

    « Un conseil d’amie : n’allez pas répondre à la porte si ça sonne, c’est sûrement les flics qui viennent vous embarquer. »

    Et autre conseil, si les flics vous interroge, une seule réponse possible: « Je n’ai rien à dire. » (répétez-le 100 fois s’il le faut). Rien de pire que de commencer à inventer des histoires bidons et à vous parjurer dans vos menteries.

    « Disons-le bien platement : le lien entre la consommation de pornographie et les agressions sexuelles n’a jamais été démontré.  »

    Cependant tous les « ogues » patentés vous le diront, bla bla bla, 80% (ou peu importe le pourcentage, l’important c’est d’avoir un pourcentage impressionnant pour faire peur au monde) de ceux (et celles????) qui consomment de la pornographie juvénile commettront éventuellement un acte de pédophilie.

    Drôle qu’on ne sorte jamais de telles « statistiques » sur les films violents (les nouvelles en souffrirait trop), d’horreur ou de bouffe tant qu’à faire. On peut faire bannir la libre expression en entier avec ce genre « d’études truquées ».

    Anarchiquement vôtre,

    TM

  4. « Je me demande parfois ce qu’il advint de Fido, après le bal des finissants où il passa à un cheveu de se faire lyncher dans le parking de l’hôtel. »

    La plupart des gens dans cette situation extrême auront très souvent deux choix dans leur tête d’éternel zéro: l’implosion (le suicide) ou l’explosion suivie généralement d’une implosion (massacre de gens innocents suivi de suicide).

  5. TM : La pornographie existe depuis que les humains ont inventé l’art, c’est à dire à l’époque du paléolithique. Pour ce qui est des agressions sexuelles, par contre, je ne suis pas certaine qu’elles sont aussi anciennes…

  6. « Le problème, c’est que la criminalisation hystérique de la pornographie juvénile n’a rien à voir avec cet objectif louable de protection des mineurs. »

    On ne protège même pas les enfants à naitre de l’avortement et plus personne ne s’en scandalise sauf quelques extrêmistes pro-vie alors pourquoi est-ce qu’on se scandaliserait pour quelques vieux cochons qui veulent « faire du bien » aux enfants…

  7. Et tout a fait caracteristique de l’hysterie ambiante concernant la question, on continue d’une part a se comporter en bourreau en continuant a massacrer
    virtuellement Fido devenu adulte en le consacrant pedophile, et d’autre part a attribuer forcement a de  » vieux cochons  » l’apanage de la pedophilie mais jamais a de  » jeunes truies « , preuve que la discrimination anti-vieux comme sexiste ont encore eux de tres beaux jours devant eux…

    Attribuer tout cela au ressentiment, c’est fort joli comme explication socio-psycho-pop, mais je crois que la cle se trouve plutot du cote d’une certaine barbarie naturellement propre a l’enfance, ou qui sait, conjointe a l’imitation des adultes…

    Le pauvre Fido ne s’etant pas suffisament defendu aux premieres attaques s’est retrouve la victime designee…
    Mauvais depart, pour Fido, comme pour les autres…

    De la a dire que certains, continuant leur persecutions devenus adultes, continuent a rechercher des victimes afin de pouvoir exercer simplement leur desir de violence et de domination en toute impunite et sans le moindre sentiment de culpabilite, il n’y a qu’un tout petit pas tres facile a franchir, et la je ne parle pas de pedophilie bien evidement mais bien de pulsions agressives tres simples a reveiller chez tout un chacun…

    Et non, Fido n’est pas devenu pedophile ( car il deteste les enfants ), mais misanthrope, on ne se demandera guere pourquoi…

  8. ça me rappelle W. (pas george bush), un grand rouquin qui sentait des aisselles, lui aussi, et que tout le monde s’amusait à descendre au collège. physiquement, il était plus grand que les autres, de bien 2 têtes, et il était solitaire, avait un accent qui n’était pas « de chez nous », et en plus, il avait de mauvais résultats scolaires, puis il était toujours mal habillé, parce qu’il était pauvre. toujours en pantalon de jogging. personne ne lui adressait la parole, ou alors, c’était pour se foutre de sa gueule. il se défendait, sans jamais arriver à s’en sortir, parce que de toute façon, on n’écoutait pas ce qu’il avait à dire. j’étais une des rares personnes qui lui parlait, sinon la seule. à l’époque, c’était la mode des « livres dont vous êtes le héros », bouquins de poche, des jeux de role. avec W., on partageait cette passion, et comme je trouvais les autres très cons de le traiter comme ils le faisaient, j’avais fini par prendre sa défense, puis, plus tard, par discuter avec lui. et c’est vrai qu’il était bourru, brutal dans sa manière de s’exprimer, et quand il vous tordait les doigts « rien que pour s’amuser », ou plutôt, pour rejeter à son tour le rejet dont il était victime, ça faisait mal, et je trouvais ça très con de sa part. les autres me disaient « mais qu’est ce que tu fais avec lui, c’est un idiot, il est bête, et en plus il est méchant », et c’était vrai qu’il était comme ça. mais ce qu’ils n’avaient pas entendu, c’est quand w. commençait à parler des univers d’heroic fantasy dans lesquels il s’était réfugié, et comment s’animait en lui un intérêt et une vie, une science toute particulière qui était la sienne, une vision des choses qu’il ne partageait apparement qu’avec son carnet, ses crayons à papier et sa gomme, quand il restait assis pendant des heures sur des marches ou en étude, ou au C.D.I., et qu’il déchiffrait tous ces bouquins bizarres. et le fait de « fraterniser » avec W. devenait quelque chose de « suspect », aux yeux des autres, évidemment. en retour, on était ostracisé juste de part le fait d’avoir communiqué avec la « bête ». c’était déjà les règles de l’exclusion en marche, sauvage, dans la cours de récré. le fliquerie du bon sens commun. de la masse. (idem pour k., qui était arabe, mais qui lui, avait réagit au racisme dont il était victime en faisant de la boxe, et donc, ça en calmait plus d’un, même si on continuait à parler dans son dos, et puis lui, il gazait bien en math et en physique… puis y’avait une « face de citron » aussi, qui portait un nom équivoque, et que tout le monde traitait de pédé. en plus de n’être pas de la race majoritaire, ben il devenait con, évidemment, parce qu’il en avait marre qu’on le traite comme une merde et qu’on fasse allusion à la femme qu’il portait en lui (dans son nom surtout). et donc, ces trois là, entre autres, ils finissaient par avoir une manière de vous regarder qui ne vous mettait pas forcément à l’aise, qui n’était pas engageante. ils se méfiaient de vous, car vous faisiez partie des « autres ». c’était le début de la paranoïa, tout simplement. pour ma part, pour faire face aux « agressions », je m’étais inventé le personnage du mongolien, débile mental, un clown en quelque sorte, et je continuais à cotoyer les gens qui me brimaient en rentrant dans la peau du noeudnoeud… etcetc… chacun sa manière de réagir… puis avec un pote, on avait aussi notre « souffre douleur », même si c’était plus anecdotique, sur lequel on s’acharnait parfois en le traitant de singe, de babouin, de ouistiti, parce qu’il était originaire de madagascar, et qu’il était noir. + en plus d’être un super dribbler au foot, il avait des yeux de biche qui me plaisaient bien aussi, mais ça, il me semblait avoir compris que c’était pas bon à divulguer en pleine cours de récré… etc…). et donc, y’a tellement d’exemples de ce genres d’attitudes barbares, en pire… en plus « crade », en plus déshumanisant, plus sadique, etcetc. certains font face, savent réagir, d’autres se laissent avoir, les « pas-faits-forts », comme dirait gaëtan bouchard. ils finissent par se rejeter eux-même, se haïr, s’exclure, et développent des attitudes ou des pensées « marginales »… tsstsstsstsstss…
    c’est trop gros comme sujet. c’est la vie. la jungle sociale. on élague. on arrache les mauvaises herbes, et on les file à bouffer aux cochons.
    pour ma part, je commence à en avoir plein le cul de la connerie humaine. et pour en revenir au sujet de la pédophilie, je pense que, médiatiquement parlant, de nos jours, c’est utilisé pour s’attaquer à ce qui reste de couilles aux êtres humains occidentaux. c’est un sujet qui passione, on retrouve le maudit de fritz lang dans chaque manteau qu’on apperçoit de dos dans la rue, si on suit leur logique. bande d’enculés!!!
    ils vous lobotomisent en employant leur stratégie qui consiste à foutre la suspicion dans vos cerveaux, ils vous manipulent et accroissent le sentiment d’insécurité qui les arrange, parce que ça finit par être une bonne raison de fermer les écoles, et ouvrir des gendarmeries, vous avez pas compris encore, bande de mémères!!! CHIER! j’irai plus loin en disant que parallèlement à leur propagande anti-pédophile, à grand renfort de clips publicitaires gerbants, ils vous déploient un érotisme ados, exposent des lolitas qui remuent le cul en permanence sur vos chaines publiques, pour vous donner la bave au slip, puis envoient la pub castratrice après vous avoir bien aguiché la bite. ILS VEULENT QUE VOUS VOUS SENTIEZ COUPABLES DE CRIMES QUE VOUS N’AVEZ PAS COMMIS EN FOUTANT DES CAMERAS DANS VOS SLIP !!!! BORDEL !!! ça me parait clair, NOM DE DIEU !!! et ensuite, ils vous tartinent leur morale à 2 balles pour pouvoir faire de vous des esclaves bien obéissants, avec le trouillomètre à zéro et les couilles qui fondent. qu’est ce que vous croyez, que c’est innocent leur machinerie ?
    que dalle, ils veulent des moutons! c’est tout. ça commence par la publicité pour la lessive, et ça finit en lavage de cerveau.
    DIVISER POUR MIEUX RéGNER ! C’est le B-A-BA de l’homme politique carriériste. le B-A-BA du pouvoir…
    humainement, je suis pas forcément une référence, mais je commence à me dire aussi que je suis pas aussi pourri qu’ils voudraient me le faire croire. faudrait arrêter de me prendre pour un con, que je suis, mais je suis aussi ton miroir, petite truie lubrique. et y’a longtemps que j’ai compris. mais maintenant, je ne me sens pas plus coupable que le premier trouducu venu!! et peut-être même moins mal intentioné que tout un tas de cons hypocrites et bouffeurs, puis gerbeurs de morale merdique. et j’espère bien que je pue!!! nom de dIEU! je suis pas un lavabo en émail, pas encore! tu peux tirer la chasse autant que tu veux! JE SUIS UN GROS CACA, LE GROS CACA QUI TE REMPLI L’ESTOMAC!!! bon appétit! et VAS CHIER!
    la tendresse, t’en fais quoi en attendant ? les pauvres ados des années 2000, ils se croient libres parce qu’on leur dit qu’ils le sont. y’aura un flic dans chacun d’entre eux si ça continue, comme en chine. (évidemment, je suis un trouducu. tu veux bien être ma maman, anne, juste pour un soir dans un motel à montréal, on se ferait des bisous, on se ferait l’amour, et après je me suicide heureux, et tu peux partir, après, si tu veux pas te tuer avec moi, tu sais… je t’aime.)
    héhé, bisous. « vais aller faire du café »…

  9. @AA,

    Vous avez tout à fait raison en ce qui a trait à la pornographie qui veut tout simplement dire dessin ou photo de sexualité explicite. Quoi qu’entre des dessins poches en bonhommes allumettes sur un mur de caverne et de la porno en HD, je crois qu’il y a un monde de différence.

    Il faut savoir que oui l’agression sexuelle a toujours existé qu’on le veuille ou non. C’est très connu, les premiers hommes des cavernes tiraient la femme par les cheveux pour qu’il ait son sexe. Que voulez-vous, la femme des cavernes n’était pas aussi programmée sexuellement que la femme d’aujourd’hui.

    Un autre fait curieux que j’aimerais amener à l’ordre du jour par rapport à l’essence de votre message et j’entendais justement ce midi, Dutrizac affirmer haut et fort comme la droite réactionnaire le fait si bien dans les cas de pédophilie, le sujet semble faire consensus, il semblerait qu’au moins 95% et plus des gens soient contre la pornographie juvénile. Ça c’est quand on leur demande leur opinion.

    Par contre, demandez-le à n’importe quel danseuse ou exhibitionniste de web cam quel est le fantasme no 1 des clients? Eh oui, vous l’avez deviné, la petite écolière et toute la symbolique qui a trait à l’enfance. Je n’ai pas de stats mais à voir la demande pour cela, il semblerait donc qu’une large proportion de consommateur de pornographie mainstream ait également ce « fantasme » de la petite écolière innocente qui devient une vraie bombe sexuelle lorsqu’habillement taquinée.

    Cela me fait conclure sans l’ombre d’un doute qu’il y a des gens dans le lot qui tiennent un double langage, au grand jour, on manifeste toute son indignation face à la pornographie juvénile (adolescente) mais lorsque tombe la nuit, les fantasmes reliés à la porno juvénile refond surface à l’image d’un Dr Jerkill et Mr Hide. Beaucoup d’hypocrisie et on serait surpris d’y retrouvé une bonne dose de béni oui oui dans le lot.

  10. Mais non Tym, tu n’as rien compris, s’il la tirait par les cheveux avec une telle bestialite et bien sur elle n’appreciait guere, ce n’etait pas pour se reproduire mais uniquement pour pouvoir regarnir les poils du pinceau qui lui etait necessaire pour reproduire avec une telle finesse, une telle sensibilite et un tel realisme le bestiaire de son epoque…

    Ce qui devrait t’amener a te poser des questions sur la sexualite au paleolithique comme au neolithique, tu crois vraiment que l’homo erectus etait tellement stupide qu’il n’aie rien trouve de mieux, rien de plus fin pour l’exciter ou l’inciter que de la brutaliser d’abord afin de parvenir a ses fins. Et pourquoi veux-tu donc penser qu’elle etait forcement retive, tu sais le christianisme n’avait pas encore ete invente, ni le malaise dans la civilisation….alors la repression de la sexualite…

    C’est l’image de l’Autre ou suppose comme tel qui est ici en jeu, encore faudrait-il pouvoir prouver que cet Autre existe, est-il au fond si different de soi….Ou-ce que l’Autre n’est rien d’autre qu’un mythe, un tabou, issu de notre intolerance , de notre ignorance et de nos angoisses les plus sourdes…

  11. Je pense tout de meme que, meme si les considerations d’AA
    concernant la tendance fascistoide et manipulatrice consistant a livrer a la vindicte populaire les pedophiles ( on pourrait meme parler de chasse au sorcieres ! ) sont tres justes, que de meme les lois en vigueur contiennent toujours leur lot d’absurdites, il n’empeche qu’elles existent dans un contexte tres particulier, qui n’est pas celui de la Grece Antique ou l’education sexuelle des adolescents par des adultes semblait la norme et ou la representation graphique de cette education est presente.

    Ce contexte n’est pas non plus celui de la prehistoire, ni du tantrisme, ou par ailleurs je ne crois pas qu’il existe des representations d’actes sexuels impliquant des adolescents. Ce contexte n’est plus non plus celui du puritanisme chretien du XIXeme…

    Il s’agirait plutot ici de ne pas se voiler la face, ni au nom du puritanisme, ni au nom du libertinage, ni au nom des libertes pas plus qu’a celui de l’autoritarisme.

    Ce contexte, c’est celui d’Internet, et c’est surtout celui d’une societe particulierement barbare puisqu’orientee vers le profit et l’exploitation de l’homme par l’homme, de la femme par l’homme, de l’enfant par l’homme. Ce contexte, c’est celui
    ou l’on exploite toute tendance licite ou non, ou la production de pornographie legale represente un marche juteux et ou des groupes organises specialises en pornographie illegale peut-etre mais en traffic d’etres humains surtout, groupes qui n’ont eux meme rien a voir avec la pedophilie si ce n’est l’argent qu’ils peuvent en tirer en la mettant en scene, et n’hesitent pas a pratiquer la traite des femmes, des enfants, comme de leurs organes lorsqi’ils ont perdu toute autre utulite… Leur corps et leur image deviennent une marchandise et rien d’autre. C’est de l’esclavagisme.

    Pour ma part, Anarchisme ne saurait jamais rimer avec Fascisme…
    Mais pas non plus avec Esclavagisme…

    Et ne rien faire face a cette situation, c’est y consentir….
    Profiter de cette situation, ce n’est pas seulement y participer, c’est y collaborer en encourageant ce marche!

    Les lois en question ne font pas dans la nuance, et meme dans la censure, paraissent meme demagogiques et meme puritaines mais n’en deplaise aux ultras-libertaires ne me semblent donc pas si sottes et meme assez pertinentes en ce sens qu’elles prennent en compte le sort des victimes de pratiques relevant de l’esclavage et tentent de freiner sa banalisation, voire sa popularisation, par l’interdiction des dites images, lesquelles ne relevent pas comme dans les films d’horreur par exemple du simulacre, mais bien de la realite de souffrance et de totures imposees a des etres manifestement dans l’incapacite de se proteger eux-memes… C’est donc leur liberte qui est en jeu…

    Et la liberte, commence la ou commence celle des autres n’est-ce pas ?
    Interdiction = Liberticide me direz-vous…
    Pas toujours, certaines iinterdictions garantissent des libertes aussi….

    Alors entre une petite liberte de consommer n’importe quoi et la tentative de garantir une liberte fondamentale en tentant d’eviter a qui que ce soit soit d’etre reduit a la condition d’esclave ou de marchandise pour le bon plaisir des autres, le legislateur a tranche. De deux maux, il a pour une fois choisi le moindre et pour une fois n’a pas non plus pris parti pour l’exploiteur…

    Alors a tout un chacun de juger…
    Defendre une loi, pour un libertaire, est une contradiction flagrante…Sachez que ce n’est pas cette loi que je defends, mais ce qui me parait etre son bon sens, et pas ses non-sens, ou ses incoherences, comme dans certains exemples precis cites par AA.
    Rejeter cette loi dans sa totalite parce que c’est une loi serait encore une fois jeter le bebe avec l’eau du bain… Et rien n’oblige un etre autonome a ne pas respecter ce qui lui semble relever du bon sens, que ce soit une loi ou non.

  12. Le problème que vous soulevez Pierre n’est pas tant celui de la représentation de la sexualité mais du travail. Les travailleuses et travailleurs du sexe sont opprimés… en tant que travailleurs; il se trouve que c’est l’image de leur corps qui devient marchandise plutôt que leurs activités productrices mais sincèrement, ça revient au même que de coller des semelles de chaussures et recevoir des coups de strap pour 1 dollar par semaine dans un sweat shop.

    Pour lutter contre l’oppression des travailleurs du sexe, il faut s’attaquer au travail lui-même, à la domination, à l’exploitation et à la hiérarchie. Et je ne crois pas que la censure est un moyen de réaliser cet objectif.

    Et il y a le problème des lois. Il y a des tas de lois dont les intentions me plaisent. Par exemple, j’ai une peur maladive des armes à feu et le fait que mon voisin n’ait pas le droit de garder une mitraillette sous son matelas m’arrange drôlement. Mais je sais par contre que nous vivons dans une société violente et le fait que de telles armes soient prohibées n’empêchera pas ce psychopathe d’être armé jusqu’aux dents.

    (Je sais, j’ai un drôle de voisin, mais vous devriez voir le quartier où j’habite…)

    Si les lois du travail n’ont pas éliminé l’exploitation intrinsèque au travail (ce que tous les anars disent, du moins à ce que j’en comprends), je ne vois pas comment les lois sur la pornographie juvénile peuvent éliminer celle liée à la pornographie. Et si la réponse est « oui, mais en attendant la révolution, il faut des lois pour protéger les enfants »… dans ce cas, le « en attendant » demande aussi des lois pour protéger l’environnement, les femmes, les ouvriers, les noirs, les amérindiens, les gays, etc etc etc… because la révolution est pas pour après-demain. Ce qui signifie, en bout de ligne, qu’il est inutile d’être anarchiste.

    Quant à la loi canadienne sur la pornographie juvénile, elle est particulièrement mal foutue. Toute nudité d’un individu de moins de dix-huit ans est potentiellement illégale si elle est placée dans un contexte sexuel. Et c’est aux policiers et aux juges de juger si le contexte est sexuel, ce qui est presque systématiquement le cas. Au Canada, si on trouve une photo d’un enfant dans sa baignoire sur votre ordinateur, vous avez intérêt à ce que ce soit votre fils ou votre neveu, sinon…

    Le contexte social de la production de la porno juvénile est particulièrement malsain, je suis complètement de votre avis. Voilà pourquoi il faut le changer — et ce n’est pas la loi, les flics et les tribunaux qui vont le faire, puisqu’ils font partie de ce contexte social. Ce qu’il faut faire — du moins ce que je crois bien humblement qu’il faut faire — c’est de commencer immédiatement à expérimenter de nouvelles valeurs, de nouvelles façons de vivre qui sont radicalement opposées à cet ordre… en commençant par la façon dont on éduque nos kids.

  13. Mon corps m’appartient. Si l’on me viole, que je sois un enfant ou un adulte, ce n’est ni un travail ni une tache que j’effectue, c’est une violence que l’on exerce a mon egard, et que ce soit dans un contexte familial ou mercantile ne change rien a l’affaire, c’est une atteinte a ma personne, c’est tout ce que vous voudrez mais ce n’est pas un ….job!
    Et n’oubliez pas que, une fois viole, ai-je donne mon consentement pour la diffusion des images ?
    C’est peut-etre de la censure Anne, mais c’est surtout le respect de ma vie privee, dans ce qu’elle a de plus prive, de plus personnel et de plus intime, c’est a dire mon corps, son histoire et son image.
    C’est aussi cela le contexte de la pornographie infantile…et de la loi qui n’empechera pas les abus, mais a le merite d’affirmer cette valeur simple et fondamentale, la propriete de soi-meme.

    Quant a etre anarchiste et pourvoir a d’autres une education, ce n’est jamais inutile a mon avis puisque si l’on ne nait pas autonome, on peut toujours le devenir.

    Ps : Ne vous inquietez pas pour votre voisin, il est un peu bourru mais c’est un bon garcon, d’origine italienne je crois, il est chaffeur et on l’appelle Robert et meme qu’autrefois il a ete celebre pour son role dans l’affaire Taxi Driver

  14. Robert, elle a fait de jolies chansons, ouais.

    n’empêche, anne archet, c’est l’anagramme phonétique d’acharnée.
    ou d’harnachée, mais ça fait plus SM, du coup. héhé.

    allé, hue donc !

  15. « La pornographie existe depuis que les humains ont inventé l’art, c’est à dire à l’époque du paléolithique. Pour ce qui est des agressions sexuelles, par contre, je ne suis pas certaine qu’elles sont aussi anciennes… »

    Heu, les agressions sexuelles qui sont probablement aussi vieilles que la reproduction sexuée, et la pornographie est probablement apparue au moment où nous (ou peut-être d’autres animaux) avons commencé à penser à des choses qui n’étaient pas en face de nous, à faire des simulations dans nos têtes, puis à reproduire ces simulations sous la forme d’arts. Maintenant, si nous définissions le viol comme étant une relation sexuelle forcée, un des partenaires n’étant pas consentant, il apparaît que le viol est bel et bien aussi vieux que la reproduction sexuée, et qu’il existe chez d’autres espèces que l’homme:

    http://www.lepoint.fr/insolite/une-autruche-meurt-a-cuba-victime-de-l-appetit-sexuel-de-son-partenaire-07-07-2010-1212195_48.php

    Ha ha, cette histoire m’avait fait marrer, même si elle n’est pas très cool. L’autruche violeur et batteur de femme.

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