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L’imagination ou la mort

Je crois qu’il faut comprendre une fois pour toutes que nous sommes témoins d’une période charnière de l’expérience humaine. Les principales institutions de l’État sont en pleine déliquescence et le capitalisme triomphant, poussant sa logique jusqu’à ses derniers retranchements, vit ses dernières années, victime de ses succès. La plupart des idées centrales du productivisme libéral, marxiste et social-démocrate sont discréditées et n’attirent guère plus que cynisme et mépris.

La situation est telle qu’il ne nous reste qu’à rêver de nouvelles façons de vivre et d’aimer, d’expérimenter immédiatement de nouveaux agencements pour que l’ordre horrible qui nous écrase soit vidé de l’intérieur, renversé comme un château de cartes. Or, force est de constater que c’est loin d’être le cas. Pourquoi ?

Je peux me tromper (en fait, je me trompe vachement souvent) mais le principal obstacle à un changement radical allant dans le sens d’une société plus libre me semble moins la résistance acharnée du système que notre manque flagrant d’imagination. La plupart d’entre nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être une société qui ne serait pas faite d’aliénation, d’exploitation et de domination — et la plupart d’entre nous ne voulons même pas envisager la possibilité d’avoir à l’imaginer.

Un exemple parmi tant d’autres. Dans tous les sondages d’opinion réalisés à ce sujet depuis plus de trente ans, la majorité des occidentaux ont déclaré, dans une proportion toujours croissante, être profondément insatisfaits de leur travail. Mais lorsque les sondeurs nous demandent si nous continuerions à travailler si nous avions les moyens de cesser de le faire, la plupart d’entre nous répondent encore… oui. Parce que nous n’arrivons tout simplement pas à imaginer ce qu’on pourrait faire de notre temps.

Tentez cette petite expérience : demandez à vos amis d’imaginer comment ils construiraient une société où la criminalité serait inexistante. La majorité d’entre eux vous diront qu’une telle société est impossible, ou qu’ils n’en ont aucune idée. Ceux-là refusent purement et simplement d’utiliser leur imagination. Les autres vous brosseront le portrait d’une société plus répressive et totalitaire que tout ce que nous avons pu connaître — de quoi faire frémir George Orwell lui-même. Pourquoi ? Sûrement pas parce qu’ils désirent une société répressive, mais parce qu’ils ne peuvent penser que selon les termes de la société actuelle, faite de dominations et d’oppressions.

Les occidentaux accusent souvent les sociétés traditionnelles et religieuses du tiers-monde d’être enfermées dans le passé. Mais ils sont eux-mêmes enfermés dans le présent, ce qui n’est guère mieux. Nous souffrons collectivement d’un grave déficit imagination. Et quand je dis nous, j’inclus ceux qui forment ce qu’on désigne habituellement sous le nom de gauche. Sans imagination, les rebelles s’enferment dans un présent fait de manifestations et de protestations qui tourne à vide et qui les transforme, bien malgré eux, en un rouage de plus de l’ordre établi.

La seule façon d’être révolutionnaire est de rêver, encore et toujours, pour faire rêver ses semblables. «L’imagination au pouvoir» criait ma mère en occupant son cégep à l’automne 68; «L’imagination contre les pouvoirs» devrions-nous chanter aujourd’hui. Dans un monde qui s’écroule et se dérobe sous nos pieds, la chose la plus réaliste à faire est de rêver et d’expérimenter.

Allez-y, faites-le, je vous en donne la permission.

Catégories :Montée de lait

Tagué:

Anne Archet

Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.

26 réponses

  1. Ça me rassure sur ma propre imagination dans presque tous ces sujets. Sauf concernant ce point:

    « Mais lorsque les sondeurs nous demandent si nous continuerions à travailler si nous avions les moyens de cesser de le faire, la plupart d’entre nous répondent encore… oui. Parce que nous n’arrivons tout simplement pas à imaginer ce qu’on pourrait faire de notre temps. »

    Effectivement, je répondrais non à cette question. Sauf que dans mon contexte, je n’aurai jamais les moyens de le cesser définitivement.

    Pour cette raison, il est fort possible que je doive crisser mon camp de la paroisse anti-intellectuelle du Culbec City. Si seulement j’étais sain d’esprit, je l’aurais déjà fait!

  2. Très beau texte !
    « La situation est telle qu’il ne nous reste qu’à rêver de nouvelles façons de vivre et d’aimer, d’expérimenter immédiatement de nouveaux agencements pour que l’ordre horrible qui nous écrase soit vidé de l’intérieur »
    et aussi :
    « le principal obstacle à un changement radical allant dans le sens d’une société plus libre me semble moins la résistance acharnée du système que notre manque flagrant d’imagination. La plupart d’entre nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être une société qui ne serait pas faite d’aliénation, d’exploitation et de domination — et la plupart d’entre nous ne voulons même pas envisager la possibilité d’avoir à l’imaginer. »

    Acceptez-vous le dialogue voire l’alliance avec une personne libertaire option évangile réel ?

    j’ai écrit et défendu sur plusieurs forums des textes visant à imaginer une vie sans lois ni chefs…
    Je sais que ce sera un apprentissage de longue haleine, mais c’est la seule issue espérable, je crois.

    Bien à vous, enchanté de cette découverte,
    Laurent

  3. @Laurent

    Personnellement, je ne vois pas d’un très bon oeil le soi disant « anarchisme » chrétien, si je comprends bien.

    Je ne vois pas d’alliance générale possible, de mon côté, sauf peut-être pour certaines questions non-spirituelles, stratégiquement. Par contre, tant qu’à moi le dialogue est toujours possible.

    Les religions constituent un cancer sociétal et génèrent beaucoup de conflits et répriment le sens critique. Ceci dit, les religions seraient beaucoup moins oppressives sans le soutien de l’État. De plus, je ne suis pas certain que vous faites l’apologie des institutions religieuses.

  4. Oh c’est très simple, « le renoncement à la pratique du mal (mensonge, colère, égoïsme, violence, orgueil, etc.) et l’effort de ne pratiquer que l’amour, le pardon, la paix, la délivrance (libération) de tous les préjugés et l’intelligence spirituelle. » dans toutes nos relations, y compris avec nous-mêmes.

    J’ai toujours été libertaire (tendance situationniste), mais la foi est revenue dans ma vie, et j’ai relu l’évangile comme un véritable plan de vie heureuse – que l’on soit croyant ou non.

    Je vous invite à visiter l’alliance que j’ai créée, dédiée à soutenir le droit de cité de la révélation d’Arès – la pure anarchie entre les mains d’hommes aimants – et plus largement à servir de plate-forme pour tisser les alliances qui s’épauleront pour réinventer le monde libre et fraternel.

    Vous pouvez aussi y intervenir si vous voulez ou si vous avez un texte proche…

    Mais je ne veux pas vous ennuyer, je vous redis Bravo pour vos mots justes et nécessaires.

  5. Bonsoir à tou(te)s,

    Je ne commente pas sur ce blogue mais je le suis de près.

    Alors, un petit commentaire pour Laurent Chaumette:
    Je viens de voir le site web de la révélation d’Arès:
    http://www.revelation-ares.info

    Sur ce site, ils parlent de Jésus, qui aurait apparu et parlé 40 fois à un homme appelé frère Michel. Il aurait reçu un nouveau message… une nouvelle révélation… Votre blogue aborde-t-il le même message?

    En tout cas ma conclusion : les mêmes attitudes, les même gestes que toutes les religions… Il est dit aussi qu’il faut changer « le mal »… Juste une petite question : Et si j’aime le sexe avec deux partenaires? Et si je fume de bons joints? Qu’est-ce que le mal?

    Bref, juste pour dire que je préfère continuer d’imaginer, d’imaginer une nouvelle société plus libre…

    Cordiales salutations.

    Versions célestes

  6. Je suis d’accord avec votre raisonnement en ce qui concerne l’importance de l’imagination. Je tente moi-même de libérer mon potentiel créateur. Mais, je ne suis pas d’accord en ce qui concerne le fait que le capitalisme vit ses dernières années. J’ai plutôt l’impression que malgré la crise économique ambiante et la morosité générale, une nouvelle tête va repousser à cette hybre monstrueuse pour nous empêcher d’être libre. En dépit de toutes les révolutions et toutes les utopies, on dirait que l’on ne vient jamais à bout du capitalisme qui est capable de s’adapter à toutes les conditions et à toutes les révoltes. Peut-être le capitalisme disparaîtra le jour où la terre sera trop polluée et les gens trop désespérés… Mais ce n’est pas pour demain.

    Concernant votre article « Le capitalisme vit ses derniers moments », je trouve qu’il y a un point faible dans argumentation de votre cinquième partie (http://archet.net/?p=263) : vous sous-estimez peut-être le potentiel des innovations technologiques. Les nouveaux marchés pourront se développer notamment grâce à des inventions utiles et inutiles, par exemple les robots baby-sitters au Japon (http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/238453/prenons-garde-aux-robots.html) Déjà, des penseurs éthiques et des gauchistes commencent à s’inquiéter de ce phénomène grandissant de la robotisation. Cela me fait dire que si les coûts d’opération causent présentement des problèmes, les corporations trouveront peut-être d’autres moyens technologiques pour augmenter leurs profits. Et le cycle recommencera.

    Je pense parfois que le problème du manque d’imagination dans la société est peut-être davantage une question d’éducation qu’autre chose. Au primaire et au secondaire, les enfants et adolescents sont conditionnés à devenir de bon citoyen consommateur qui occuperont un bon emploi. Mis à part dans le domaine des arts (lequel est très peu estimé ; je sais de quoi je parle), et quelque peu dans le domaine entrepreneurial et technologique (l’exemple du robot baby-sitter), l’imagination n’est pas vraiment valorisée. Si elle l’est, comme dans le cas des « comptables créatifs » (CMA), elle l’est dans un cadre très formel et précis.

    Mais qu’importe, le capitalisme a tout de même ses lignes de fuite pour celui qui veut vraiment les explorer et vivre de façon un peu plus intense et libre. L’imagination, en lien avec la problématique du désir, poussée hors des cadres formels est peut-être le vecteur le plus important pour transformer nos vies positivement (au sens de liberté et de volonté de puissance). Mais advenant le cas où les gens rêveraient un peu plus et produieraient un peu moins, je suis certain que le capitalisme « imaginerait » toutes les façons possibles pour contrôler, formaliser, standardiser, formater tous ces gens « déviants ». Il faut rester méfiant envers cette hydre envahissante : sa tête peut repousser n’importe quand, même quand on croit qu’elle est morte ou qu’elle vit ses derniers moments !

  7. Vous caricaturez la une gauche qui date des annees soixante et qui n’a d’aulleurs pas echoue dans son role de bouleversement de l’ordre etabli….
    Or vous n’etes pas sans ignorez que les gauches, comme les anarchistes ont invente depuis de nouvelles strategies, de nouveaux outils de lutte contre les archaismes sociaux, religieux, financiers, etatiques ou industriels, meme si eux-memes ne sont pas exempts de certains archaismes, notament du a leur propre histoire et leur propres habitudes rhetoriques….
    En attendant, ils agissent. Et croyez-moi aujourd’hui, l’imagination contre les pouvoirs c’est un voeu pieux, passer a l’action, c’est mieux…
    Ce n’est je crois ni les gauches ni les anars qui me contrediront!

  8. Tout à fait d’accord avec votre texte, Anne. Un jour, quelqu’un m’a posé une question: « Mettons que nous aurions le pouvoir de tout, de TOUT changer, de donner une deuxième chance à l’humanité, comment changerais-tu les choses? Comment imaginerais-tu notre monde? » J’ai répondu: « J’imaginerais un monde dans lequel les gens vivraient sans État, sans nation ni religion, attachés ensemble seulement comme les frères et les soeurs sont attaché-e-s ensemble, ayant pour autrui une affection naturelle et profonde. Vivre, ce serait manger, baiser, rire, dormir. Les arbres seraient nos amis et personne ne serait jamais mis de côté. » Une deuxième question m’est venue toute seule, quelques heures après que la personne m’ait traité de communiste primitiviste: « Si c’est ce que je veux, qu’est-ce que je câlisse au PQ? » Et je suis parti du PQ pour devenir un étron libre (il n’y a pas de lapsus), intéressé par l’anarchisme.

    La vérité, si elle existe, c’est que je ne peux être heureux que si je me bats pour ce que je désire profondément. L’échec de mon utopie est certain, vous me direz… Ouin pis?

    @Laurent Chaumette:

    Ha ha ha! Je crois que l’un des vôtres m’a donné un dépliant, dans la rue, il y a un an. Ça me dit vraiment quelque chose, la « révélation d’Arès ». Si je n’étais pas moi-même un urluberlu, je vous traiterais d’urluberlus.

  9.  » Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leur chapeau sur la nuque, ce sont les gardes. […] Ils sentent l’ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d’eux-mêmes, de la justice. »

    Jean Anouilh – Antigone

  10. à Version celeste

    Nous sommes LIBRES, qu’une puissance d’Amour est créée l’univers ou non, c’est un fait.

    Qu’est-ce que le mal ?
    Voyons, ne me dites pas que votre conscience ne s’aperçoit pas si vous faites du mal ou du bien, non au sens moral, mais au sens pratique existentiel.

    Pour Anarchie évangélique, pour de nouvelles audaces fraternelles,
    Laurent

  11. vivement le printemps, le retour du vin rouge et de la peau blanche d’une irlandaise (de 15 à 67 ans) pleine de taches de rousseur et qui aime le fromage de chèvre et le saucisson.

  12. Si vous définissez la possession comme l’usus et le fructus, je ne vois pas comment je serais contre. Mais nous parlons ici de marché. Pour qu’il y ait marché, il faut qu’il y ait aliénation des biens — l’abusus — et donc propriété.

    Le marché, comme la concurrence, ne peuvent exister sans propriété.

  13. Bon, on est plus proche que ça en a l’air. Je définis la possession de la même façon. Idem pour la propriété capitaliste, en considérant l’abusus.

    J’ai déjà mentionné en effet que je préférais la possession à la propriété:

    http://anarchopragmatisme.wordpress.com/2008/04/14/possession-et-propriete/

    Ceci dit, les mutualistes prônent une forme différente de soi-disant « propriété », basée sur l’occupation et l’utilisation. De plus en plus, mon idée ressemble aux mutualistes sur la question.

    De toute façon, j’en parle un peu plus dans mon dernier billet.

  14. « La plupart d’entre nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être une société qui ne serait pas faite d’aliénation, d’exploitation et de domination — et la plupart d’entre nous ne voulons même pas envisager la possibilité d’avoir à l’imaginer. », parce que « nous » vivons dans un monde d’aliénés exploiteurs à tendances dominatrices, et que l’idée véhiculée par les médias est que cette tendance doit être admise, et non combattue. d’une certaine manière, ils pronent l’immobilisme et le gel, soit par pur cynisme renonçant à l’idée d’une humanité créative, soit par simple choix pécunier à grande échelle. cependant, en sortant du monde médiatique, en s’extirpant de son cocon nécrophile, on s’apperçoit que la nature elle-même recèle ces tendances à « l’aliénation, l’exploitation, et la domination », de par sa propre nature. la nature de la nature est l’évolution sélective, c’est à dire qu’elle crée aussi des déchets afin de mieux se fleurir elle-même, afin de s’embellir, de se renforcer, se dépasser. la vie se nourrit de la vie. là ou l’homme aurait son mot à dire, ce serait dans l’admission de sa propre créativité intrinsèque, j’insiste, à l’intérieur, là ou il rejoint la conscience, là ou il se forme, ou devrait se former lui-même, en dehors des lois de l’instinct. car il a le choix. celui d’entreprendre et de transformer, selon sa volonté, au delà de la cruauté et du renoncement. cependant… je bois. je baise les murs. je ne suis pas dieu. mais surtout j’aimerais oublier que j’ai des pensées. et je ne croirai pas en un monde meilleur tant que j’aurais conscience du mal que je porte en moi-même, et qui m’assiège à chaque fois que je fous le nez dehors. la peur, mes couilles sur le tapis, pas de nana, une haleine de chien. par choix ? si la beauté savait se taire, et seulement flamber, je me jèterais dedans, blablabla… l’anarcho pragmatisme a du pain sur la planche. rejoignez vos cellules, complotez contre la machine que vous nourrissez vous-même à l’abris des photomatons systématiques, et baignez dans un bol de lait d’or au nom de la conscience en évolution, vers le mieux autosatisfait du « je brille donc je suis », pendant que la lune est déportée à 2 milliards de kilomètres à l’heure après l’explosion de sa centrale expérimentale, vers l’orbite de saturne déjà encombrée par une masse de trucs poussiéreux cancérigènes… ce qu’il nous faut, c’est de la fiction théorique. yes !
    je ne sais pas comment dire. oui à une créativité vivante qui serait exemptée des devoirs de vacance, mais sans le sang et les plaies, mais avec la connaissance, dans un effort sain et tout bénef (au sens de bénéfique). j’en ai marre. « je voudrais pas crever » tout seul. anne, tu veux te marier avec moi, dis ? je resterai sage, dans un coin, et je bougerai pas, promis. siteuplaiiiiiit !!!!

  15. + j’adore le petit dessin de cette déesse bleue tarée dans le coin gauche de la zone titre, surtout avec le complément « on se calme… on respire par le nez… » qui va très bien avec. complémentaire, oui.
    + t’imagine, si on se retrouvait dans une chambre d’hotel avec une cigarette à partager et juste nos corps, là, dans des habits, et avec nos cerveaux en train de se dire des trucs ?
    rien à voir avec le bouzin, mébon. bisous tendres. je ne désespère pas de te rencontrer un jour. (j’arrête de parasiter pour ce soir, promis).

  16. A Daud.
    Excellente, l’intrusion d’Antigone dans cette discussion !
    Si mes souvenirs sont bons, Antigone voulait tout. Tout de suite.
    C’était quoi ce « Tout » ?
    Le Feu avec lequel l’adolescence sublime l’amour, sa propre vision de ce que doit être le monde. La nécessité de s’opposer à l’autorité, afin de se construire, dans une lutte sanglante.
    Le paternaliste Créon ne pouvait répondre à cette exigence folle que comme il le fit en définitive. A l’aide des trois bonshommes puant l’ail et le litron de rouge, incapables d’être innocents ou coupables parce qu’ils ne s’appartiennent pas.
    Pas tout à fait sortie de l’enfance et des mammes abondantes de sa nounou, Antigone appréhendait le monde de ses petites mains fragiles.
    Mais avec une détermination admirable.
    Après tout, qu’importe-t-il de mourir ?
    Mais pour revenir au sujet d’Anne, la coquille se vide, dis-tu. Elle a toujours été vide. Le Libéralisme se survivra, malgré cette ènième crise. Pourquoi ? Sans doute parce que nous ne pouvons même pas imaginer comment organiser un monde qui soit en adéquation avec nos rêves.
    Parce qu’un tel Monde ne peut être peuplé que d’hommes et de femmes de bonne volonté.

  17. Laurent Chaumette fait référence et du prosélytisme, pour recruter des proies, pour une secte, (la révélation d’Arès ou pèlerins d’Arès). Secte classé dangereuse par la commission parlementaire de 1996 et citée de nouveau par la Miviludes en 2005. Pour plus d’info, taper « Secte de la révélation d’Arès » dans un moteur de recherche.
    Cordialement

  18. A Yves,

    La bonne volonté ne suffit pas pour « voir » le monde changer, car la seule vraie liberté est l’Esprit-Saint (que Jésus-Christ nous a transmis dans Sa pure perfection originelle.) Toute autre « source de conception de la réalité » réduit à l’esclavage (par notre mental qui limite notre dimension car fonctionne à l’inverse de l’Esprit-Saint.) Pour que le monde change il faut délivrer Adam en nous, et cela, seul l’Esprit-Saint le peut. D’où, entre autre, la destruction acharnée de l’Eglise que le Christ a érigée ( autant de l’intérieur que de l’extérieur).

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