Selon l’AFP :
«Barack Obama s’est engagé lors de sa rencontre avec Benoît XVI à tenter de réduire le nombre des avortements aux Etats-Unis, selon le Vatican. Le cardinal Bertone a exprimé l’espoir samedi qu’il tiendrait son engagement.»

S’il s’était s’agit de Bill Clinton, on aurait su comment Mister President s’y serait pris pour honorer sa promesse faite au Pape: cesser d’engager de jeunes et jolies stagiaires à la Maison Blanche. Obama étant quant à lui beaucoup trop occupé à resserrer les liens entre l’État fédéral américain et la grande entreprise pour folâtrer les pantalons aux chevilles dans le bureau ovale, je me demande bien comment il va accomplir un tel exploit.
Car il n’y a que deux manières de diminuer le nombre d’avortements: on peut l’interdire et inciter les gens à la chasteté ou on peut miser sur l’éducation sexuelle et favoriser largement l’accès à la contraception. Ne pouvant pas vraiment abolir l’avortement pour des raisons politiques et constitutionnelles, l’administration Bush a misé sur la propagande de la chasteté avec le (peu) de résultats qu’on sait. Comme je serais très surprise qu’Obama adopte la deuxième solution, j’ai bien peur que le cardinal Bertone sera vachement déçu.
À mon humble avis (de femme si peu humble), c’est sur l’éducation sexuelle qu’il faut miser. Au Québec, l’accès à la contraception est facile et pourtant la province arrive au premier rang canadien quant au taux de grossesses se terminant par un avortement. La raison de ce triste record est simple: malgré l’atmosphère sociale hypersexuée créée et entretenue par les médias pour de raisons mercantiles, les Québécois sont sous-éduqués et maintenus, pour l’essentiel, dans un état de misère sexuelle stupéfiant. J’en ai la preuve régulièrement lorsque le facteur vient me remettre le courrier des lectrices du magazine FA; le niveau d’ignorance des questions est similaire à celle que Madame X recevait dans les années soixante.
Dieu (qui n’existe pas) sait si je n’aime pas l’école. Mais tant qu’à regrouper les jeunes chaque jour sous un même toit pour les abrutir et les transformer en corps dociles pour le marché aux esclaves de l’emploi, pourquoi ne pas en profiter pour consacrer quelques heures pour leur offrir quelques informations qui pourraient leur rendre la vie moins pénible — voire même carrément la sauver? Non seulement leur apprendre comment se servir de contraception (je veux dire comment vraiment se servir de contraception, avec atelier pratique sur l’art de mettre un condom, par exemple) mais aussi leur parler sérieusement des pratiques sexuelles non procréatives que sont la fellation, le cunnilinctus la sodomie et la masturbation pratiqués entre partenaires du même sexe ou non…
Je sais, je sais, les poules auront un G-string avant qu’une telle chose se produise, mais reste que ça serait bien plus efficace pour diminuer le nombre d’avortements que n’importe quelle campagne de promotion de la chasteté ou qu’un retour oppressif à l’ère du cintre ensanglanté, malgré ce que Ben Sixteen peut en penser.